• Paroles "Dégradation par l'ouest"

    Dégradation par l'ouest

    La peur au ventre

    J’ai peur d’ma gueule dans le rétro j’ai peur du vide j’ai peur du noir

    J’ai peur des cons tendance facho qui déambulent sur le trottoir

    J’ai peur des flics vendeurs de mort qui guettent leur proie à la jumelle

    J’ai peur la nuit même quand je dors j’ai peur de ce foutu bordel

    J’devrais chanter d’la variété une belle merde audiovisuelle

    Pour plaire à m’sieur l’invertébré et séduire les belles demoiselles

    Je me vois pas lécher les culs pour un public costard-cravate

    Pour une poignée d’argent qui pue j’préfère donner des coups de savate

    Alors j’alimente mes peurs je l’entretiens ma parano

    Pour tous mes frères et mes sœurs un peu névrose un peu schizo

    Je me sens bien dans ma psychose c’est mon voyage au bout de la nuit

    Pour la tendresse c’est l’overdose je fais l’amour à mes amis

    J’mets d’la couleur dans un ciel gris je me ballade sur la détresse

    A l’heure où tous les chats sont gris à l’heure des belles nuits d’ivresse

    J’ai peur d’ma gueule dans le rétro j’ai peur du vide j’ai peur du noir

    J’ai peur des cons tendance facho qui déambulent sur le trottoir

     

    La chanson du chat noir

    Mon anarchie c’est l’désespoir c’est la blessure au fond du cœur

    C’est un oiseau dans un miroir c’est un voile noir sur le malheur

    L’insurrection perpétuelle ça remplace bien la Marseillaise

    Le poing levé tu te rappelles les yeux brûlants comme de la braise

     

    Ni Dieu Ni maître

     

    Vêtus de noirs le noir c’est beau toute la douleur est intérieure

    Et pas besoin des flics fachos pour cogner sur notre malheur

    Ton capital il agonise Etat de coma dépassé

    Ton président parle de crise et moi je lui pisse à la raie

     

    Il n’y a pas de république seulement des cons à l’Elysée

    Pour toi il reste le coup de trique et comme un con tu vas voter

    Notre révolte est permanente même si c’est notre solitude

    Notre tristesse est en attente c’est un combat une habitude

     

    On est les fils de Bakounine on est les filles de Louise Michel

    Le poing levé pas pour la frime on est rêveurs et fraternels

    Même le silence s’habille de noir avec nos frères les étrangers

    On s’aime au fond du désespoir c’est une passion déracinée

     

    Notre humanisme est démodé condamné par l’Etat fasciste

    Notre crime c’est d’vouloir aimer loin du bordel capitaliste

    Les flics nous tueront comme des chiens avant d’crever sur le trottoir

    On crachera sur les rupins on gueul’ra notre désespoir

     

    Une ombre dans la rue

    Tu l’aimes le jour à en crever tu l’aimes la nuit à en mourir

    Tu l’aimes comme un cœur abîmé tu l’aimes quand ta voix se déchire

    Tu l’as cherchée au bout d’ta nuit tu es un vieil enfant perdu

    Il n’y a pas de paradis seulement une ombre dans la rue

     

    Tu l’aimes à perdre la raison il n’y a pas d’amour maudit

    Tu l’aimes à perdre la raison tu te le chantes tu te l’écris

    C’est un rasoir bien aiguisé une poésie d’un autre temps

    C’est une manière de t’aimer la beauté d’un soleil couchant

     

    Tu l’aimes au plus profond d’tes nuits tous tes fantômes sont habités

    Entre l’enfer et le paradis la lune a des reflets bleutés

    Tu l’aimes le jour à en crever tu l’aimes la nuit à en mourir

    Tu l’aimes comme un cœur abîmé tu l’aimes quand ta voix se déchire

     

    Serial killer

    C’est lui le tueur de l’abattoir il tue les dindes et les canards

    Il tue des veaux c’est mon boulot  le sang qui coule sur ses sabots

    Sur les cadavres il prend son pied serial killer à temps complet

    C’est lui le tueur de l’abattoir de temps en temps il broie du noir

    Alors il boit un verre de vin pour se détendre il fume un joint

    Même le dimanche il flingue encore c’est lui l’chasseur qui sème la mort

     

    C’est lui le tueur de l’abattoir c’est un chasseur qu’aime le Ricard

    Le jeune chevreuil pleure comme un gosse il l’achève d’une dernière bastos

    Dans son treillis c’est un guerrier il est cruel et sans pitié

    C’est lui le tueur de l’abattoir les gens l’appellent Jojo l’viandard

    Une bite à la place du cerveau c’est sa nature c’est son credo

    Il massacre aussi du cochon avec une autre bande de cons

     

    C’est lui le tueur de l’abattoir il aime la viande surtout le lard

    Bouffe du cadavre à tous les r’pas d’la bonne bidoche il adore ça

    Bébert l’a pris pour un gibier la partie d’chasse a mal tourné

    C’est une cartouche dans la gueule un sac plastique comme linceul

    C’était le tueur de l’abattoir une grosse burne un vrai connard

    Serial killer de l’abattoir les gens l’appelaient Jojo l’viandard

     

    Adieu l’ami

    Toi mon ami toi mon poto toi mon copain

    La mort t’a pris sur le bitume un beau matin

    Je reste seul le cœur broyé par le chagrin

    Toi mon ami toi mon poto toi mon copain

    Eh ! Amigo

     

    On était jeunes on sentait bon le sable chaud

    On s’est battu on était triste on était beau

    Toute la douleur était inscrite sur notre peau

    Nous notre adresse c’était tout au fond du ghetto

    Eh ! Amigo   

     

    On avait l’air de deux enfants dans cette galère

    On se disait toujours : « la vie c’est pour quoi faire ? »

    On  jouait notre peau mais celle-ci ne valait pas cher

    On respirait entre notre ombre et la lumière

    Eh ! Amigo   

     

    Dégradation par l’ouest

    Il gueule sa haine identitaire il crache sur tous les humanistes

    Il est raciste il part en guerre c’est un gros con un sale fasciste

    Le beauf de base néo-nazi il habite à côté d’chez toi

    On le surnomme Mussolini au bar des beaufs il est le roi

     

    C’est un connard assermenté c’est un gros con un enfoiré

    Il cogne sa femme quand il a bu c’est un vrai mâle un gros couillu

    Il a horreur des étrangers il vote FN pour tout changer

    C’est un chasseur casquette Ricard c’est une ordure un sale crevard

     

    Tout jeune il cassait du pédé maintenant il casse de l’immigré

    Il est Français ça c’est certain il aime Hitler il aime Pétain

    Il peint sa gueule en bleu blanc rouge il tire un peu sur tout c’qui bouge

    Il crache sa haine et son venin c’est un vrai mec un citoyen

     

    Notre Hexagone est bien pourri avec tout ces néo-nazis

    Dans les stades ou d’vant leur télé ils sont nombreux les crânes rasés

    Avec les flics ils sont copains en cas d’coup dur ils risquent rien

    C’est vrai qu’au niveau des idées ils sont très proches ces enfoirés

     

    Quand ils tabassent un sans-logis au nom de leur mère la patrie

    Tout juste si cet acte d’horreur ne vaut pas la légion d’honneur

    A la fête du Front National salut nazi salut fatal

    Madame Jeanne d’Arc est contrariée l’histoire de France récupérée

     

    Il gueule sa haine identitaire  il crache sur tous les humanistes

    Il est raciste il part en guerre c’est un gros con un sale fasciste

    Le beauf de base néo-nazi il habite à côté d’chez toi

    On le surnomme Mussolini au bar des beaufs il est le roi

     

    SDF

     Je rock n’ rolle sur la tristesse j’me noie dans les yeux d’une gonzesse

    Je fait l’amour à mes cauchemars le son saturé d’la guitare

    Tous les oiseaux sont fatigués tous les enfants sont sacrifiés

    Avec mon chien on s’fait la malle la solution c’est la cavale

     

    J’ai rendez-vous avec Satan

    Sous l’œil du voisin vigilant

    J’ai rendez-vous avec la mort

    Pour un combat un corps à corps

     

    Comme un boxer qui est ko y a plein d’étoiles dans mon cerveau

    Je sombre dans l’imaginaire au pays des anges de l’enfer

    Je me réveille dans une citée bâtiment B escalier C

    Ma poésie est inutile je suis un con irréductible

     

    Je me couche sur le macadam en chien d’fusil la mort dans l’âme

    Je me souviens des jours anciens y’a pas d’pitié pour les vauriens

    J’attends la mort j’attends personne j’ai l’air d’un con j’ai l’air d’une conne

    Je vais crever sur le pavé comme un bâtard abandonné

     

    J’m’accroche à ma bouteille de vin ça sent la mort ça sent la fin

    Envie d’aimer envie d’crever mon corps s’abîme sur le pavé

    Je me réveille à l’hôpital même pas mort et j’ai la dalle

    Une infirmière raconte sa vie putain ici c’est le paradis

     

    Levée d’écrou

    9 mètres carrés pour respirer fenêtre barrée par des barreaux

    Toute la misère est enfermée y’a pas d’pitié pour les barjos

    Un avocat pour l’désespoir un mec se pend au p’tit matin

    Tu te diriges vers le parloir tu n’as rien d’autre que ton chagrin

     

    Levée d’écrou pour un voyou tu payes le prix du dérapage

    Tu sors de taule tu sors du trou c’est une putain d’envie d’voyage

    Tu r’vois les flics qui t’ont cogné tu leur souris tu souhaites leur mort

    Tu signes ton nom sur un papier le soleil brille tu es dehors

     

    Toutes les souffrances sont inutiles il n’y a pas d’amour maudit

    Seul’ment les lumières de la ville et comme un con tu lui dis oui

    Dehors dedans on est tous mort tous les casiers sont judiciaires

    Le coffre est plein de lingots d’or cheval gagnant dans la dernière

     

    Garde à vue

    Les mesc en uniforme me demandent qui je suis

    Je leur répond : « personne » je suis seul dans la rue 

    Les mains sur le capot c’est un ordre il fait nuit

    Il me caresse les jambes et remonte jusqu’au cul

     

    Des uniformes noirs le casque dans la gueule

    A l’autre bout des flingues les flics sont arrogants

    Je suis toujours personne et je suis toujours seul

    On me passe les bracelets je serre un peu les dents

     

    Le suspect au placard c’est vrai je suis fiché

    L’officier m’interroge je n’ai rien à vomir

    Il me jette en cellule en me traitant d’pédé

    Je m’affale sur l’matelas je commence à dormir

     

    Garde à vue pour ma gueule c’est pas l’moment d’rêver

    Je le regarde en face et j’offre mon silence

    Moulé de suffisance il sort son pistolet

    Je dégaine mon sourire de poète en partance

     

    Ils n’ont rien sur ma gueule je retrouve le pavé

    Je m’invite sur une scène je crache mon rock n’roll

    C’est ma façon d’chanter c’est ma manière d’aimer

    Je suis un clown blessé qui joue son dernier rôle

     

    Les poulets sont vicieux ils sont payés pour ça

    Les poulets sont brutaux c’est une question d’instinct

    C’est un état d’urgence les flics ont tous les droits

    Je n’ai pas de collier pourtant je suis un chien

     

    Le déraciné

    Je danse avec mon ombre pour un ultime espoir

    Une illusion perdue sur cette musique étrange

    Le rock est décadent je retrouve le trottoir

    Une fille me salue moi je salue un ange

     

    Je ne suis qu’un migrant de ceux que l’on rejette

    Je n’vaus pas plus qu’un pion sur un grand échiquier

    On me crache dessus on me balance des miettes

    Je me glisse dans l’ombre et la nuit est glacée

     

    La froideur le mépris la haine de l’étranger

    Dans les yeux des passants je devine une insulte

    Je cherche une main tendue un élan spontané

    Qui me donne l’envie de continuer la lutte

     

    Les politiques s’agacent et bouffent leur caviar

    Moi je ne bouffe rien j’attends seul’ment la mort

    Un car de flics m’emmène je crois qu’il se fait tard

    Ils me jettent en cellule c’est la chute d’un corps

     

    J’embrasse le pavé humide du cachot

    Je suis le sale Arabe celui qui va mourir

    Encore un autre flic déguisé en facho

    J’ai envie de gueuler j’ai envie de m’enfuir

     

    Ce s’ra mon dernier bal sur des larmes de sang

    La France est bien raciste j’encaisse les coups d’poings

    Tous mes frères sont morts noyés dans l’océan

    Je suis seul rescapé je suis un moins que rien

     

    Passeport providentiel je retrouve le pavé

    Je reste l’Africain du genre qu’on déracine

    Je ramasse vos merdes on me paye la moitié

    J’ai un toit sur la gueule, je bois une bibine

     

    Parmi d’autres esclaves je balaye vos rues

    On se ressemble tous habillés de misère

    Des claques dans la gueule et des coup d’pieds au cul

    Exploités par les Blancs depuis un millénaire