• Paroles de "Spleen sans idéal"

    Paroles de "Spleen sans idéal"

     

    L’an 2000. 1999.

    En l’an 2000 on peut flinguer tous les connards qui nous font chier

    Les politiques, les policiers tous ces guignols endimanchés

    En l’an 2000 on peut brûler toutes les princesses sur un bûcher

    La presse people qui fait gerber toutes les radios, toutes les télés

     

    Tous les fachos seront en Enfer, Le Pen à droite de Lucifer

    Villiers terminera dans les chiottes avec Monseigneur la calotte

    On fera sauter les ministères on abolira les frontières

    Monsieur Jack Lang à Medrano et Balladur dans un zoo

     

    En l’an 2000 dans les prisons on violera plus les jeunes colons

    Les mâtons ne seront plus des chiens on bouffera même à notre faim

    En l’an 2000 j’irai baiser les policiers qui m’ont cogné

    C’est moi l’ancien desperado un peu loubard, un peu gaucho

     

    Je passerai même à la télé avec Johnny et Sabatier

    Jean-Pierre Faux cul me parlera de fesses je serai l’idole d’un tas de gonzesses

    Je m’abonnerai au Figaro je transformerai ma libido

    J’applaudirai papa Kouchner deux sacs de riz pour la misère

     

    En l’an 2000 on sera cocus avec Jospin et Robert Hue

    A moins de se faire chiraculer par un Pasqua, un De Villiers

    En l’an 2000, rayon ringard y’aura un vieux soixante-huitard

    Le Cohn Bendit en chemise à fleurs et la Voynet qui passera le beurre

     

    Y’aura de la beuh dans le pinard et de la ganja dans ton Ricard

    Le pape fumera un gros tarpé en nous chantant « miserere »

    Giscard dansera sur un volcan une bonne bourrée de Clermont-Ferrant

    Au Crazy Horse y’aura Madelin qui nous gueulera :  « je sens que ça vient »

     

    La ballade de Johnny King.1999.

    Je suis le chanteur récupéré moi mon petit nom c'est Johnny King

    Je suis comme une tache à la télé un pur produit de marketing

    Je rock people sur les dollars les champouineuses sont à mes genoux

    On me reconnait sur les boulevards je me fais tirer par tous les bouts

     

    Pour mes losers invertébrés je suis un boy's band à moi tout seul

    Un Johnny King acidulé sans mes paillettes je me sens seul

    Je suis le chanteur américain né à Paname extra muros

    Mon producteur Eddy Machin essaie de me sucer jusqu'à l'os

     

    Je suis le chanteur atomisé je suis même en cours de recyclage

    Tous mes potos m'appelle Pépé je suis un lion qu'on met en cage

    Je passe mes hivers aux Bahamas pour les été c'est St Tropez

    Avec une meuf dans le genre pétasse une super blonde décolorée

     

    Je chante gratoche pour la misère pour tous les défavorisés

    Ca me fait de la pub à pas très cher moi y'a que le fric qui me fait bander

    Je suis le chanteur récupéré moi mon petit nom c'est Johnny King

    Je suis comme une tache à la télé un pur produit de marketing

     

    Je suis le chanteur désabusé on m'appelle toujours Johnny King

    En fait mon blase c'est Charles-André je suis un produit de marketing

    Histoire de cul dans Paris Match mes amours sur papier glacé

    Je suis une pute que l'on paye cash moi mon trottoir c'est la télé

     

     

    Plus on connaît les gens, plus on aime les chiens. 1999.

    Avec la mère Michelle qui a perdu son chat

    On a donné de l’amour dans toutes les SPA

    Fantaisie militaire et moine capucin

    C’est toi l’abbé Retta, c’est lui St Père Machin

    Y’a pas de fumée sans feu pour un zèbre à képi

    Pépé et son shilome à poil rue de Rivoli

    Un dictateur chinois chez le président bouffon

    Encore de la tête de veau importée du Japon

     

    Plus on connaît les gens et plus on aime les chiens

    Je préfère fumer ma peine dans un bordel indien

     

    Un rappeur sans casquette c’est comme un jour sans pain

    Un militaire à poil c’est comme un sacristain

    Les soutanes sont en bronze, on entend l’angélus

    Les curés sont frivoles à l’approche de Vénus

    Les Claudia sont Schiffer, les mères sont Térésa

    Tous les abbés sont Pierre et les Marianne Casta

    J’écoute mon Red Cardell sur la chaîne à mémé

    Jean-Mich’ il a la moelle, Riou va nous flinguer

     

    Quand on télévisionne sur un marché de dupe

    Y’a pas que l’animateur qui se prend pour une pute

    Tous les invertébrés jouent le n°6

    A gauche c’est une blonde qui écarte les cuisses

    Les quartiers sont sensibles, la misère a la cote

    On donne du grain aux poules et on enlève les crottes

    On rappe sur les dollars, le malheur se vend bien

    Les gosses du tiers-monde fabriquent ton look, Tintin

     

    Dans une rue de New York on tapine en carrosse

    C’est encore ce vieux Bill que l’on suce jusqu’à l’os

    Une Monica virile déguisée en Stalone

    Arpente le bitume et prépare ses hormones

    Tu surfes dans la fumée de tes amours branchées

    T’es comme un vieux biker, ta machine est cassée

    Tu rolling stone à mort sur tes satisfaction

    Y’a qu’ici que tu bandes, c’est ta locomotion

     

    Président bien au chaud, démocratie frileuse. 1999.

    A Florence Rey.

    Je ne veux pas de ton drapeau, je ne veux pas faire allégeance

    A tes principes idiots, ta morale, tes carences

    Je ne veux pas de ta République, ton armée et tes flics

    Je veux crever dans ma nuit, loin de l’ordre établi

     

    Dans tes prisons on tue, on viole et on torture

    Au son de la Marseillaise, au nom de ta culture

    Monsieur le président c’est vous qu’on nomme grand

    Monsieur le président vous avez du talent

     

    Florence a pris vingt ans, fauchée dans sa jeunesse

    Le canard est boiteux, il faut être mondain

    Un sang contaminé pour des peines de principe

    On crève du sida au nom de ta République

     

    Tes amis sont les rois d’une Afrique enchaînée

    Tu gifles la misère, tu détestes la fange

    Monsieur le président, c’est vous qu’on nomme grand

    Monsieur le président, vous avez du talent

     

    Tu te sers du fascisme comme d’un épouvantail

    A moins qu’un flirt poussé te conduise aux fiançailles

    Ta droite se lepénise ou se devilliérise

    Ta gauche ne vaut guère mieux, elle porte tes valises

     

    Les prisons du Maroc sont remplies d’innocents

    On te nomme là-bas « le bel indifférent »

    Monsieur le président, c’est vous qu’on nomme grand

    Monsieur le président, vous avez du talent

     

    Le zappeur. 1997.

    A poil sur l'autoroute et les deux pouces en l'air, un curé de campagne attaque sa prière

    Jobar le baroudeur allume son cigare en vidant son chargeur sur un air de guitare

    Dans le13ème y a plus de chats mais y a des restaurants, j'aime bien manger chinois au greffier de l'Orient

     

    Je zappe sur le secteur des allumés de la nuit

    Les brothers les sisters, les paumés les proscrits

     

    Le pape se confesse dans un hôtel de passe et se fume un tarpé au dernier train qui passe

    François le garçon boucher me cause de Bruant, dans la rue des Martyrs circulent de drôles de gens

    Un flic éféminé attaque "Satisfaction" au carrefour du plaisir devant une bande de jeunes

     

    Déguisé en sniper il flingue sa télé, c'est le roi des zappeurs des partouzes implosées

    J'ai la mode celtique je rape au Black Minou avec Job Lagadec et la Sophie Fonfec

    T'es belle comme un pétard mais j'ai pas d'allumette, arrête le brown sugar et stop la renifflette

     

    Je trafique le spleen sur le pavé parisien avec la môme Martine et son coupeur de joints

    Je rock sur la FM pour des anges lointains, des enfants et des chaînes au pays de Mandrin

    Un chien à la Prévert se lance dans la nuit, roule sur ses pattes arrières j'arrête on est lundi

     

    La milice sociale investit l'ouvrier, l'univers carcéral des fonctionnarisés

    Et moi je dit bravo en attendant la mort au bal des prolos le samedi quand on sort

    Un boy qui ne bande plus sur la radio FM, la pucelle n'en peut plus elle attend qu'on la prenne

     

    Le gendarme est facho, ma concierge est lesbienne et moi je suis falot quand je monte Lucienne

    Un curé se promène déguisé en civil, il chasse à la Madeleine un enfant du Brésil

    Les anars se font rares dans une vie de lutte, Madame il se fait tard pour votre vie de pute

     

    Le chanteur périphérique. 1999.

    Je suis le chanteur périphérique le prince ringard dans le tragique

    Les soirs de pluie je balance mon rock dans tous les bars, même les plus glauques

    Je suis le chanteur anachronique mais je ne suis pas radiophonique

    J’ai pas de Breizhou dans ma guitare dans ma musique je mets du pinard

     

    De Quimper à Vladivostok je traîne ma peau, je traîne mes loques

    Un peu de gin sur le comptoir une belle gonzesse dans un miroir

     

    J’aime les endroits désaffectés c’est là qu’on trouve de l’affection

    J’ai fait un petit tour à Lambé et j’ai ramené un peu de chichon

    Sur les trottoirs de Recouvrance j’ai rencontré un pédalo

    Un japonais qui vit en France un capitaine et son matelot

     

    Je suis le chanteur égocentrique qui met de l’alcool dans sa musique

    Un peu has been, un peu zoulou toujours partant pour Katmandou

    Je suis le chanteur schizophrénique je mets des louzous dans ma technique

    Quand je gwen ha du sur ma barcasse je chouchen blues au fond de la tasse

     

    Je suis le chanteur pyrotechnique le vieil Indien de l’Armorique

    Je rock ma poule sur la sixties assis sur mon cheval de frise

    Avec ma gitane la celtique je te shoote la guitare érotique

    Pour un public de vieux Chinois on serre les miches, on croise les doigts

     

    Téléjaculation. 1999.

    Je suis le vendeur Mac Do garanti dégueulasse j'attrape tous les gogos le moindre con qui passe

    Je suis le vendeur croyance à l'église St Cocu j'apporte la délivrance on me paye en écus

     

    Je suis le politique dans le genre gueule d'amour, je te prends je te nique c'est à chacun son tour

    Un jardin rempli de nains un F4 sur gazon, avec tous mes copains on écoute Céline Fion

     

    Ca sent bon la friture la télé est à fond, on parle de culture devant la boîte à cons

    Je vote pour Jean Marie pour la France aux Français, je cultive ma connerie mon petit nom c'est Fumier

     

    Je suis le chasseur bidon le flingueur du dimanche, connard par conviction alcoolo de préférence

    Je l'aime bien ma gonzesse moins que mon berger Allemand, si elle me prend la tronche moi je lui pète les dents

     

    Vise un peu ma bagnole je la paye en 8 ans, vise un peu le pavillon je le casque en 20 ans

    Avec l'argent braguette on s'offre le confort, les 6 gosses payent les traites je suis le roi des castors

     

    Ca y est c'est les vacances je vais flinguer mon clébard, je peux pas flinguer Bobonne elle s'occupe des moutards

    Au camping des Flots bleus je roule des mécaniques, et puis comme chaque année je vais sauter la Monique

     

    Monique c'est la bourgeoise à mon copain Lucien, y a longtemps qu'il bande plus moi je baise comme un lapin

    Juste après téléfoot on se cartonne au Ricard, après je fourre Bobonne sur le coup de minuit moins le quart

     

    Tous les jours je vends la merde de mon copain Mac Do, je fabrique des ulcères des cancers pour prolos

    J'appâte tous les gamins avec des jouets débiles, je reluque les frangines même si c'est pas mon style

     

    Les longues soirées d'hiver je regarde Michel Drucker, après je me prends ma grosse à l'endroit à l'envers

    C'est au printemps prochain que j'aurai un autre lardon, je bande vraiment sérieux pour les allocations

     

    Les fils de Bakounine. 1999.


    On crèvera plus dans la misère même si vos flics nous trouent la peau

    On fera sauter vos ministères on s’arrachera de vos ghettos

    Politicard tu sens la mort tu pues le fric des corrompus

    Pour nous il fait très froid dehors on se les gèle dans ta rue

     

    On est les fils de Bakounine on va flinguer vos rois serviles

    Nous les bâtards de la République on mettra le feu à vos palais

     

    On est tous blacks et sans-papiers les SDF de vos royaumes

    Blancs, chicanos et basanés on mettra le feu à l’Hexagone

    Pendant que tu causes à l’Assemblée y’a ta police qui assassine

    Un pote malien déshérité qui ne voulait pas de tes combines

     

    Pendant que tu te bâfres au ministère c’est la misère des mecs dehors

    La peau du pauvre ne vaut pas cher en attendant sa mise à mort

    On crèvera plus dans la misère même si vos flics nous trouent la peau

    On fera sauter vos ministères on s’arrachera de vos ghettos

     

    Gueule d’amour, face de rat. 1999.

     

    Tu crachais sur les flics, t’as vomi sur les bleus

    A défaut de bouffer tu tirais sur la beuh

    Tu es né quelque part entre ici et ailleurs

    T’avais froid, t’avais faim et souvent t’avais peur

    Tu t’inventais des rêves, des victoires, des défaites

    T’étais de la truande, t’as fini aux Baumettes

    Tu as grandi dans le sud aux pays des restanques

    Une main sur ton surin et l’autre dans la banque

     

    Tu es né dans la fange, tu sais que ça dérange

    Comme un enfant perdu, tu créchais dans la rue

     

    Ta guitare sur l’épaule, ton flingue dans la poche

    T’as attaqué Paname à la manche, à la cloche

    T’as connu des copains du côté de la Bastille

    Tu chantais en english pour séduire les jeunes filles

    T’as quitté la Bastoche pour un quartier plus chic

    La fortune des bourgeois y est gardée par les flics

    T’avais même une gonzesse qu’était belle comme le jour

    T’es parti un matin par la sortie de secours

     

    L’armée t’a rattrapé à l’entrée des artistes

    Elle t’a donné un flingue, tu seras un homme mon fils

    L’adjudant t’a demandé si t’étais pas pédé

    Tu lui as répondu : « Va donc te faire enculer »

    Sa tronche a éclaté comme une drôle de pastèque

    Te voilà enchristé, on te traite de métèque

    Quand ils t’ont libéré ils t’ont jeté dans la rue

    T’as fait un bras d’honneur, ils n’ont pas répondu

     

    Tu t’es payé un flingue, un surin, une guitare

    Le soir, au crépuscule, tu chantes dans les bars

    Pour les chansons d’amour c’est pas toi qu’il faut voir

    A la place des « je t’aime » t’as mis tes idées noires

    Tu chantes avec tes tripes, c’est pour rester vivant

    Tu te dis quand on aime on a toujours vingt ans

    Faut pas chercher ta gueule dans la grosse boîte à cons

    Tu n’es pas assez chic pour la télévision

     

     Junky. 1999.

    Aux femmes infidèles aux marins mal aimés, aux belles demoiselles encore pures en été

    A l'ivrogne d'un soir qui gueule pour exister, à la fille du trottoir qui se donne sans payer

     

    Dans un bar un peu glauque rue de la Haine aux Minguettes, y'a Momo la terreur déguisé en travelo

    Y'a Rita la putain et son copain le chien, y'a Marie la misère au fond des pissotières

     

    Dans ce bar un peu glauque rue de la Haine aux Minguettes, y a Aldo le portos qui sait jouer du couteau

    A côté c'est Marlon qui se prend pour Brando, avec mon pote rapeur qui se prend pour Jésus

     

    Une Julie la paumée se descend quelques bières, elle fume un dernier joint en attendant l'hiver

    Acoudée au comptoir à côté du junky, le junky se réveille et joue de la cuillère

     

    Ma tristesse sent l'opium au fond de mon trou noir, je m'invente des soleils que je classe en mémoire

    A travers mes Rayban je sens venir la nuit,  comme un ange furtif sur des musiques bizarres

     

    Les anges fatigués allument leurs Gitane, brûlent un dernier baiser, embrassent de drôles de femmes

    Sur des volutes bleues j'ai le coeur qui se casse, au tam tam des ombres je couche ma carcasse

     

    Dans ce claque la pute compte les revenants et se fait culbuter par un des morts-vivants

    Sous les néons blafards d'une ville endormie, il reste les bâtards les enfants de la zone

     

    Carmen blues. 1988.

    A Carmen Da Silva.

     

    Carmen blues, Carmen noire

    Trottoir de la nuit, boulevard cafard

     

    Un air qui se ballade sur les toits tu pleures le soir entre tes draps

    Ton frère a pris le dernier train sur ton étoile y’a ton chagrin

     

    Un peu de tendre sur le pavé pour ta mémoire assassinée

    Bouteille en plus, tristesse en prime ton désespoir sur ma déprime

     

    C’est le cauchemar alcoolisé chanteur de blues un peu paumé

    C’est trois accords de musique magique sur une vieille guitare électrique

     

    Pas de coups de poker sur ta souffrance c’est moche, c’est con l’indifférence

    Le rideau rouge va se lever pour toi Carmen je vais chanter

     

    Le promoteur. 1985.

    A Bouygues et Merlin les désenchanteurs.

     

    Je ne suis pas flingueur Oh non, Monsieur

    Je suis promoteur oui, promoteur

     

    Je crée pour la famille des emplois pour ma famille, ça va de soi

    Je contemple du haut de mon building ces immeubles qui font mon standing

    De temps en temps, à la télé j’écoute brûler nos forêts

    Je sais que plus tard, en construction sur le calciné je poserai des maisons

    Qui ressemblent à des cages des cubes, du banal, du sans-âge

    Pour le prolo, Monsieur, pour le bedeau, grâce à Ducon je gonfle mon magot

     

    Mais je ne suis pas flingueur oh non, Monsieur

    Je suis promoteur oui, promoteur

     

    De temps en temps je perds mon temps dans les cabinets ministériels

    Je me soulage un peu de mon matériel les ministres, ça s’achète comme le béton

    Faut bien graisser Durant et payer Dupont et pour quelques dollars de plus

    Une cité sans âme se dressera dans la rue

    C’est le bonheur pas cher, Madame, payable en vingt ans

    C’est le bonheur vulgaire, Monsieur, au prix du ciment

    Ca marche bien pour moi, je place à l’étranger

    Avec la droite, la gauche et les restes, on ne sait jamais

     

    Mais je ne suis pas flingueur oh non, Monsieur

    Je suis promoteur oui, promoteur

     

    J’ai réussi enfin, c’est ce qu’on dit quelquefois au fond de ma Rolls, je m’ennuie

    J’ai bétonné les plages de notre littoral pour vos congés payés en cavale

    J’ai même cimenté nos campagnes jusqu’en haut du mat de cocagne

    Au hasard de nos grands incendies j’ai construit le Dachau de nos prairies

    Grand-mère dit qu’il n’y a pas de hasard, elle est gentille, mémé, elle déraille sur le tard

    Il a la grosse cote, mon urbanisme c’est quand même mieux que le grand banditisme

     

    Car moi Monsieur, je ne suis pas flingueur oh non, Monsieur

    Je suis promoteur oui, promoteur

     

    Et même qu’un jour la droite, la gauche et les restes vont me donner la légion d’honneur

    Je ne suis pas flingueur…

     

    Paris Paname. 1977.

    A Didier Mourlan.

     

    Sur le trottoir de Paris Paname t’as vu passer une drôle de dame

    Tu claques tes pompes sur le pavé c’est bête, c’est con, une roue crevée

    Sur le trottoir de Paris Paname ton pote tapait le macadam

     

    Il pleuvait sur la ville et sur les imbéciles

    La lumière des néons quelques gouttes sur ton front

    Manivelle à la main t’avais l’air d’un gamin

     

    Paris Paname sur le trottoir dans ta putain de nuit blanche et noire

    Sur la chaussée tu t’es couché tu as même pas vu que c’était mouillé

    Ton pote gisait à côté de toi dans sa misère, les bras en croix

     

    Sur le trottoir de Paris Paname tu as vu passer une drôle de dame

    Tu lui as raconté ton histoire tu l’as inscrite dans ta mémoire

    Un flic était là par hasard il t’a sorti de ton cauchemar

     

    « Dors pas petit, faut pas crever comme ça bêtement sur le pavé »

    « Flic d’ailleurs, flic de nulle part ne me sors pas de mon brouillard 

    J’ai chaud, je pleure et je suis bien laisse-moi me noyer dans mon chagrin »

     

    Sur le trottoir de Paris Paname t’as vu passer une drôle de dame

    La femme caressait ton visage l’ambulance frôlait le paysage

    Il pleuvait sur Paris Paname dans ta putain de nuit blanche et noire

    Il pleuvait sur Paris Paname…