• Paroles de "Rue des chats perchés"

    Paroles de "Rue des chats perchés"

     

    Place aux jeunes

    La vieillesse ne m’intéresse pas
    Je n’ai jamais marché au pas
    À quatorze ans je bloque le compteur
    J’m’en fous pas mal d’être majeur
    Les adultes sont tellement cons
    J’préfère rester un jeune garçon
    Je cultive mon imaginaire
    Mon monde à moi est sans frontière

    Je suis un enfant attardé
    De ceux qui chantent sur le pavé
    J’achète mes rêves au bout du chemin
    J’m’éclate toujours comme un gamin
    Pour cracher au denier du culte
    J’ai pas coché dans la bonne case
    J’ai pas envie d’être un adulte
    De voter pour une bande de nazes

    Le travail c’est pas pour ma gueule
    J’emmerde les chefs et les patrons
    Je suis un chien qui se sent seul
    J’emmerde les fils de la nation
    Quand j’étais petit j’étais pas beau
    Maintenant j’suis vieux et je suis moche
    Y a pas d’pitié pour les barjos
    Les réfugiés et les Gavroches

    Quand je s’rai grand j’boirai de la bière
    Et je fumerai des gros pétards
    En attendant j’traîne ma misère
    De vieil enfant sur les boulevards
    La vieillesse ne m’intéresse pas
    Je n’ai jamais marché au pas
    À quatorze ans je bloque le compteur
    J’m’en fous pas mal d’être majeur



    Sans abri

    La nuit j’m’éclate comme un rat mort
    Le jour je traîne sur le vieux port
    J’ai pas d’amour j’ai pas d’ami
    Mon univers c’est le ciel gris
    J’m’accroche à ma bouteille de vin
    Sur le trottoir je tends la main
    J’ai quelques pièces dans ma casquette
    Un peu de soleil beaucoup de chagrin

    Plusieurs centaines de morts par an, les SDF sont tes enfants
    Millier de logements inoccupés, château de l’ordure c’est l’Elysée

    Les flics m’ont viré à coup de pied
    Je faisais tâche dans le quartier
    Les coups de matraque sur ma sale gueule
    La tête en sang je me sens seule
    Y’a plus de pinard dans ma boutanche
    J’m’assois par terre je fais la manche
    L’hiver se colle sur ma vieille peau
    Le froid s’inscrit dans mon cerveau

    La mort est venue au petit matin
    Je ne respire plus j’ai plus de chagrin
    Le camion poubelle m’a ramassé
    Et le croque-mort m’a enterré
    J’m’appelais Lola la traîne-misère
    La fosse commune fin de la galère
    Quarante-quatre ans c’est déjà vieux
    Là où je suis c’est beaucoup mieux


    Rue des chats perchés

    Les réfugiés sont condamnés
    Les SDF sont sacrifiés
    En France les cons sont vert-de-gris
    Ca sent la merde ça pue le nazi
    À l’Elysée c’est la partouze
    La droite la gauche et les barbouzes
    C’est un enfer démocratique
    Viens citoyen c’est l’heure de la trique

    Tous les fachos qui puent de la gueule
    Les politiques que je dégueule
    Les fascisants sont au balcon
    C’est la patrie du roi des cons
    Monsieur le ministre costard cravate
    Chasse les pauvres à coup de matraque
    Il mérite sa décoration
    Le président c’est un Macron

    Allons enfants de la république
    A l’Elysée c’est la panique
    Pour la Macron identité
    Le jour des cons est arrivé
    La France redevient pétainiste
    Le bon Français est un raciste
    Délit d’faciès pour un migrant
    Affamé comme un chien errant

    J’habite la rue des chats perchés
    En attendant l’éternité
    Je traîne mon corps sur le pavé
    Ils font la fête à l’Elysée
    Pour moi la vie r’ssemble à la mort
    De cœur à cœur en corps à corps
    Et toi tu plonges dans ta psychose
    Comme un vieux chien qui a sa dose



    Le complot

    Seul devant ton ordinateur
    Toi tu te prends pour Fox Mulder
    Ta vérité 2.0
    C’est la théorie du complot
    Persuadé que la terre est plate
    Et que l’mouton a bien cinq pattes
    Tu nies les camps et la Shoah
    Antisémite tu l’es déjà

    Pour les fake news tu t’y connais
    Le mensonge est ta tasse de thé
    Un Dieudonné un Faurisson
    Ta seule prière : la négation
    Tu craches ton racisme et ta haine
    Sur les migrants que l’on enchaîne
    Ton ADN pue le fascisme
    Tu dégueules ton patriotisme

    La gueule noyée dans ton écran
    Persuadé que tu as tu talent
    Une croix gammée au-dessus d’ton lit
    Tu sens la merde tu pues le nazi
    Tu te réclames anti-système
    C’est ton credo ton requiem
    Ta religion est dieudonniste
    Ta conviction néo-fasciste

    Pour toi les femmes sont inférieures
    Tu te prends pour un grand seigneur
    À l’occasion tu cognes dessus
    Tu es le mâle tu n’en peux plus
    Une bite à la place du cerveau
    Pour toi c’est simple tu es le plus beau
    Tu es un con par excellence
    Con et conspi par ignorance


    J’aime pas les beaufs

    J’aime pas l’Macron lepénisé
    Qui fait la chasse aux immigrés
    J’aime pas l’Macron en VRP
    Vinci Dassault et Boloré
    J’aime pas Vauquier le petit kapo
    J’aime pas Zemmour le petit racho
    J’aime pas le bastion social nazi
    J’aime pas la France en vert-de-gris

    J’aime pas l’pogo des gros machos
    Une bite à la place du cerveau
    J’aime pas l’pogo des gros blaireaux
    Pourtant j’aime tous les animaux
    J’aime pas les cons « française des jeux »
    Grattage débile et tête de nœud
    J’aime pas les cons endimanché
    Dans leur BM bien astiquée

    J’aime pas le ciel en vert-de-gris
    J’aime pas nos jours qui sont comptés
    J’aime pas les loups en plein Paris
    J’aime pas ton sang sur le pavé
    J’aime pas Jésus dans les mairies
    Le père Noël et son foie gras
    J’aime pas tous les enfants d’Marie
    Qui laissent les pauvres mourir de froid

    J’aime pas les cons les nostalgiques
    Du temps pourri des colonies
    Ceux qui crachent sur les femmes voilées
    Au nom de leur laïcité
    J’aime pas l’footeux invertébré
    Avec sa gueule en bleu blanc rouge
    J’aime pas l’chasseur alcoolisé
    Qui tire un peu sur tout c’qui bouge

    J’aime pas les cons mâles dominants
    Qui cognent leur femme et leurs enfants
    J’aime pas les cons super machos
    Qui prennent leur bitte pour leur cerveau
    J’aime pas l’maquereau j’aime pas l’Macron
    J’aime pas la France des grands patrons
    J’aime pas ce monde capitaliste
    J’aime pas la vie quand elle est triste

    J’aime pas la haine quand elle dégueule
    Sur tous nos frères les réfugiés
    J’aime pas les centres de rétention
    Où l’on enferme la liberté
    J’aime pas les enfants sacrifiés
    Au nom de ton identité
    J’aime pas les cons nationalistes
    Les patriotes, les macronnistes



    Ringard attitude

    J’ai le Zemmour en désamour
    Le petit raciste audiovisuel
    Y a du Le Pen dans les basse-cours
    Du maréchal dans les gamelles
    Tous les nazis sont au balcon
    Ils assassinent les réfugiés
    Le Pen en fils de la nation
    Au rayon des supermarchés

    Seigneur Macron crache son venin
    Enfant gâté de la finance
    Pas de pitié pour les vauriens
    On casse du pauvre c’est ça la France
    Un Finkielkraut lepénisé
    Pour un mépris académique
    Envers nos frères les immigrés
    C’est le racisme philosophique

    Sur les radios on sert la soupe
    A la télé c’est tapis rouge
    Tous les fachos ont le vent en poupe
    Ils tirent un peu sur tout ce qui bouge
    C’est le repli identitaire
    Du bleu blanc rouge revendiqué
    Le président fait des affaires
    Le cul au chaud à l’Elysée



    La transhumance

    Ca y est c’est le jour de la transhumance
    Les bidochons partent en vacances
    Sur l’autoroute on jette le chat
    Le clébard à la SPA
    Sur le camping-car la parabole
    L’heure de l’apéro c’est la picole
    Une femelle apprivoisée
    Avec monsieur l’invertébré

    Les gosse la gueule dans leur Smartphone
    Les mecs sont cons les filles sont connes
    On fait la queue devant les wc
    Un peu comme au supermarché
    On traîne sa viande jusqu’à la plage
    Beaucoup de soleil et pas de nuage
    Madame se bronze comme une star
    Monsieur boit son verre de Ricard

    Pour la soirée cochon grillé
    Madame débarque toute maquillée
    Pour la musique ça sent le caca
    On s’éclate sur la Lambada
    La coupe du monde sur grand écran
    La Marseillaise et le vin blanc
    Dans les toilettes on va vomir
    Cinq heures du mat’ on va dormir

    Septembre c’est l’heure de la rentrée
    Les moutons reprennent le collier
    Le troupeau repart au turbin
    Pendant onze mois ils se cassent les reins
    Un autre chat pour les enfants
    La bête ne vivra pas longtemps
    Ecran plasma dans le salon
    Gratte ton ticket comme tous les cons



    Plus on connaît les gens plus on aime les chiens (Acte II)

    Avec l’ami Bébert qui a perdu son chat
    On a donné de l’amour dans toutes les SPA
    Un CRS aboie après un gilet jaune
    Et les femmes en on marre qu’on les prenne pour des connes
    Un grand mec à moustache me traite de pédé
    Je lui réponds : « je t’aime », je lui envoie un baiser
    Un président Ricain chez le guignol Macron
    Le France elle vend des armes aux dictateurs bouffons

    Un curé pédophile est une ordure sans nom
    Un pape au Vatican vous prend tous pour des cons
    J’ai rencontré Jésus à l’heure de l’apéro
    Il m’a dit tout doucement qu’il était un escroc
    Tous les fachos arrivent Maréchal les voilà
    La République est morte Macron sent le caca
    J’écoute du Vivaldi sur la chaîne à mémé
    Les gens n’ont pas le moral les flics vont les flinguer

    Quand tu télévisionnes sur ton écran plasma
    Dans ton cerveau malade tu te fais ton cinéma
    Tous les invertébrés grattent leurs tickets perdants
    À la française des bœufs on encaisse en riant
    Les quartiers sont sensibles la misère a la cote
    On donne du grain aux poules et on enlève les crottes
    On rappe sur les dollars le malheur se vend bien
    Les gosses du tiers-monde fabrique ton look, Tintin


    Moitié chanteur, moitié clodo

    J’trafique mon spleen dans les bistrot
    Pour une bande de vieux indiens
    Moitié chanteur moitié clodo
    Dans le décor je suis un chien

    J’suis pas rocker le samedi soir
    J’écoute Chopin et sa tristesse
    Je peace and love je broie du noir
    Je suis un mec rempli de stress
    J’suis pas rocker les jours de pluie
    À l’heure où tous les cons s’la pètent
    J’suis pas rocker j’ai pas envie
    Je voudrais que le temps s’arrête

    Au bout d’la nuit c’est l’overdose
    Le rock n’roll est stéréo
    Je sombre au fond dans ma névrose
    Y’a pas d’pitié pour les barjos
    Tu peux venir la où je suis
    J’habite la rue des chats perchés
    Chez moi c’est un peu l’Italie
    On conjuguera le verbe aimer

    Je chante pour pouvoir respirer
    Je couche les phrases sur les murs blancs
    Je chante pour encore exister
    J’écris les mots avec mon sang
    C’est un combat une lutte à mort
    J’ai tout donné je n’en peux plus
    C’est un baiser un corps à corps
    L’amour à mort l’amour à nu

    Les yeux perdus dans les nuages
    On s’embrasse pour l’éternité
    À bout de force on a la rage
    Mais les oiseaux sont fatigués
    Les corps s’affalent dans les camions
    Tous les indiens sont épuisés
    Il reste une fleur sur un balcon
    Et une douce envie de rêver



    Spleen (Charles Baudelaire). Extrait du recueil : Les Fleurs du Mal

    J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans
    Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans
    De vers de billets doux, de procès, de romances
    Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances
    Cache moins de secrets que mon triste cerveau
    C’est une pyramide un immense caveau
    Qui contient plus de morts que la fosse commune
    Je suis un cimetière abhorré de la lune
    Où comme des remords se traînent de longs vers
    Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers
    Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées
    Où gît tout un fouillis de modes surannées
    Désormais tu n’es plus ho ! matière vivante
    Qu’un granit entouré d’une vague épouvante
    Assoupi dans le fond d’un Sahara brumeux
    Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux
    Oublié sur la carte et dont l’humeur farouche
    Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche