• Paroles de"Punk à chat" 2012

    Paroles de"Punk à chat" 2012

     

    Alerta antifascista

    Certains se disent apolitiques ou se proclament identitaires

    Mais ce sont tous des fanatiques, des p’tits supôts d’Adolphe Hitler

    Ils veulent une France sans immigré, vont dénoncer les sans-papier

    Ils se branlent devant la télé tout en rêvant de croix gammées

    Alerta antifascista !

    Marine Le Pen et Dieudonné dégueulent pour une identité

    Pétain te v’là ressuscité par ces nazis par ces fumiers

    Et nous on vous crache à la gueule au nom de tous les humanistes

    Même si parfois on se sent seul, on piss’ra sur l’ordre fasciste

    Alerta antifascista !

    Ta France n’est plus qu’une poubelle où tous les rats se battent entre eux

    Il n’y a plus de vrai rebelle, seulement des cons et des footeux

    Au mois d’mai tu iras voter pour un connard un enfoiré

    Il te parlera d’humanité et une fois d’plus tu seras baisé

    Alerta antifascista !

    La droite, la gauche tu l’as dans l’cul, tu n’es qu’un pion, un p’tit mouton

    A cinquante ans tu n’en peux plus et tu crèv’ras comme un p’tit con

    Allons enfants de la patrie, un p’tit coup d’bite, d'allocations

    En bon Français tu t’reproduis, t’es qu’un brave type, t’es qu’un pauv’con

    Alerta antifascista !

    Les Rroms, les gitans sans-papier tu veux tous les carchériser

    Au nom de ton drapeau français, au nom de ton identité

    Les immigrés on les vengera et par les couilles on te pendra

    Tu nous f’ras plus marcher au pas, une potence pour ta gueule de rat

    Alerta antifascista !

    Les anarchistes ne sont pas morts, on te rejouera la commune

    Avec les gens qui couchent dehors et tous les pauvres qu’ont pas la thune

    Tu la bouff’ras ta Marseillaise quand sonnera la révolution

    Ta tronche comme celle de Louis XVI au bout d’un pic t’auras l’air con

    Alerta antifascista !

     

    Le pont des suicidés

    Ce soir de novembre on essayait de se motiver pour monter une nouvelle chanson et on avait du mal. On venait de nous apprendre la mort d’un ami, ex-gérant du célèbre Triskell bar à Brest. Pour une fois on s’était dit : "OK, on ira faire un tour à l’après-midi hommage", nous qui craignons et évitons les cérémonies en tout genre. Sauf que cette fois on l’a ratée sans le faire exprès. On s’est tout simplement trompé de jour. Et ce soir-là on a regardé un drôle de film. Comme décor : Brest. Une histoire de ratés magnifiques et suicidaires dans un registre tragi-comique alors le titre de la chanson s’est imposé de lui même, la mélodie aussi. A Brest il y a un pont parmi d’autres qu’on appelle “le pont des suicidés” en raison des individus qui l’ont choisi pour faire le dernier grand saut. Comme les riverains habitant en contre-bas en avaient marre de retrouver des macchabées dans leur jardin, la ville de Brest a fait rajouter des barrières à la rambarde du pont, ce qui lui donne une apparence originale. Les Brestois en mal de vivre iront se suicider ailleurs. Tout ça pour dire que Brest restera "la rouge" malgré ses murs gris, son tramway tout neuf et son centre ville "réhabilité".

    A la mémoire de Jean-Yves Larreur.

    Tu crêches rue des vendeurs de morts

    Avec les dingues et les paumés

    La nuit tu te suicides encore

    Histoire de mieux te consumer

    Un flic déguisé en guerrier

    Sur le bitume la lumière bleue

    Il est tout près de dégainer

    Sur un pauvre type un malheureux

     

    Tu rêves de l’impossible rêve

    De cet amour hors du commun

    Mais tu sais bien qu’au bout d’la grève

    L’espoir est mort il n’y a plus rien

    Alors planté comme un zombie

    Tu t’mets à compter les étoiles

    C’est l’heure du crime il est minuit

    La femme est morte sous un voile

     

    Le port de Brest sent la marée

    Sous une pluie fine sous le brouillard

    Tu t’es jeté sur le pavé

    Les flics t’ont vu il est trop tard

    Les bleus s’en vont tu restes là

    La gueule noyée dans tes envies

    Un mec te propose la rabla

    Tu ne veux pas d’son paradis

     

    Il pleut sur Brest et sur ta gueule

    Le port est peuplé de rats gris

    Cinq heure du mat’ tu te sens seul

    Ils ont quand même tué la nuit

    Ici rue des vendeurs de morts

    Tu es vivant ressuscité

    Sur ta paillasse tu niques la mort

    Une fois de plus tu l’as baisée.

     

    Le chien du punk à chien

    A Bazor le labrador du douanier, à Kimus le berger allemand du policier, à Balza l’épagneul du chasseur, à Bonnie le rottweiler du vigile, à Boulouche le chien de traîneau, à Nanar le bâtard cobaye du laboratoire, à Titine le Chow Chow de l’exposition canine, à Tropic le caniche du cirque, et à Tintin le chien du punk à chien.

    Je suis le chien du punk à chien

    A coups de rangers dans ma gueule

    Je suis le chien du punk à chien

    Et bien souvent je me sens seul

    Attaché au cul du camion

    En plein soleil sur le bitume

    Pendant qu’mon punk boit des canons

    Je compte les heures j’attends la lune

     

    C’est la chaleur qui est la plus forte

    J’commence à pleurer sur mon sort

    Je suis un chien une nature morte

    Mon boss me cogne toujours encore

    Mon punk écluse sa dernière bière

    Je suis foutu j’ai l’coeur qui lâche

    J’regarde mon sang qui coule par terre

    Pendant qu'mon maître gueule “mort aux vaches”

     

    Un chien est mort au festival

    C’était sûrement le prix du sang

    Un autre chien pour le carnaval

    Pour compléter le déguisement

    Je suis le chien du punk à chien

    A coup d’rangers dans ma gueule

    Je suis le chien du punk à chien

    Et bien souvent je me sens seul

     

    Persu in stu paese chi un era toiu (Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien)

    En 1980 le tribunal de Nantes me condamne à un an de prison. Je ne suis pas présent à l’audience, je suis en Corse. Dans le maquis je ne dépends plus de la justice des hommes. En mai 1981 je rentre en France à l’occasion de l’amnistie présidentielle. Je retrouve la scène et cette putain d’envie d’aimer...

    Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien

    Tu naviguais à vue sans espoir de retour

    Le flingo bien calé dans le creux de tes reins

    Tu avais peur de ton ombre des flics et des vautours

    Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien

     

    Tu chassais de ta tête cet impossible rêve

    C’est une paix retrouvée loin des blessures de guerre

    Dans cet endroit paumé très très loin de la grève

    Tu vivais dans l’espoir de ce bonheur précaire

    Perdu dans ce pays qui n’étais pas le tien

     

    Le juge en ton absence te balance un an ferme

    C’est la voix du baveux qui t’annonce la sentence

    Tu n’iras plus au chtar la justice est en berne

    En cavale comme un rat t’assumes ta transhumance

    Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien

     

    Pas très loin du soleil à deux pas de la nuit

    Dans ce monde oublié tu comptes tes erreurs

    T’as cogné sur ce cave qui en voulait à ta vie

    Mais tu cognes trop fort tu plantes l’agresseur

    Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien

     

    Le Lucky Luciano n’aura perdu qu’un oeil

    Quant à toi tu vas bien sauf les blessures du coeur

    Ton passé t’a plombé sans compter ta sale gueule

    Dans ce monde barbare tu domines tes peurs

    Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien

     

    Les lumières de la ville

    (Souvenirs de Marseille 1977).

    J’en ai marre du béton de la haine, de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien je ne suis plus personne

    J’en ai marre de ta gueule ma frangine la misère

    De ce putain d’espoir perdu au fond d’un verre

    J’en ai marre du béton de la haine de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien je ne suis plus personne

     

    Je dégueule sur ma tronche des matins qui déchantent

    Je veux me sacrifier j’ai choisi la mort lente

    Je vomis tout le noir des cauchemars oubliés

    Je suis proche de la tombe c’est la fin d’un été

    J’en ai marre du béton de la haine de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien, je ne suis plus personne

     

    C’est un corps mutilé qui traine au QHS

    C’est un amour perdu dans les yeux d’une gonzesse

    C’est une histoire ancienne un passé que tu traînes

    Rue des amours sans joie toujours les mêmes chaînes

    J’en ai marre du béton de la haine de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien je ne suis plus personne

     

    Une frangine abîmée qui te blesse la gueule

    Tu couches sur le pavé bien étrange linceul

    Sans espoir de retour les allumés de la nuit

    Dans les rue de Marseille c’est ta chienne de vie

    J’en ai marre du béton de la haine de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien je ne suis plus personne

     

    Dans ce bordel ambiant mon ombre s’évapore

    Je mélange mes larmes un dernier corps à corps

    Comme un loup affamé je leur montre mes crocs

    L’acier de mon flingo accroché dans le dos

    J’en ai marre du béton de la haine de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien je ne suis plus personne

     

    Fils de personne

    Fils d’alcoolo fils de péquin je suis l’batârd d’un bon à rien

    Mes amis m’appellent le ringard Monsieur le prince des grands boulevards

    Les p’tits fachos me crachent dessus quand je suis seul au coin d’la rue

    Monsieur l’curé me fait un sermon quand je lui mets un doigt dans le fion

     

    Je suis le prince de la cité j’habite la rue des mal-aimés

    Je suis le prince des caniveaux mon nom d’guerrier : J-C l’crado

    Quand j’étais p’tit j’étais loubard première connerie et c’est le chtar

    Maintenant j’suis grand j’ai l’air d’un con derrière ma gueule y a la zonzon

     

    Fils d’inconnu, fils de ma mère ma vie à moi c’est la galère

    Les p’tits bourgeois ne comprennent pas quand j’dégueule sur leur face de rat

    Ma mère s’appelait la misère quand elle est morte un soir d’hiver

    On m’a retrouvé dans une poubelle c’est mon histoire elle est cruelle

     

    J’habite rue des vendeurs de morts là ou les gens dorment dehors

    J’me dis que j’vais mourir demain au fond d’mes tripes y a du chagrin

    La vie me marche sur la gueule au fond d’la nuit quand je suis seul

    Au p’tit matin dans le brouillard j’ai cru entendre du Mozart

     

    Chanteur de rue

    J’étais pas beau elle était moche j’m’appelais Marcel et elle Nicole

    On avait des tronches de gavroches on s’est connu dans la rigole

    Seize piges pour un cambriolage on a piqué l’argent des cons

    On s’est barré sur un nuage Sur les deux ailes de Cupidon

     

    J’étais trop con et elle trop conne pour être riche pour être rupin

    On a préféré la déconne on a préféré les copains

    On est retourné dans la rue avec nos sacs avec nos chiens

    Nicole m’a dit qu’elle m’aimait plus elle s’est maquée avec Lucien

     

    J’ai retrouvé ma solitude mais j’étais toujours aussi con

    L’amour c’est comme les habitudes on marche on court on tourne en rond

    Alors j’ai chanté dans la rue la poésie du macadam

    Pour les passants pour les cocus pour les jeunes filles et pour les dames

     

    J’ai troqué ma pince monseigneur contre une clef de sol et une guitare

    Les gens m’ont pris pour un des leurs je suis devenu le prince ringard

    Depuis j’promène mes idées noires je chante l’amour, je chante la mort

    Ma gueule d’enflure sur le trottoir et une fille dans chaque port

     

    Le mâle dominant

    Histoire vraie.

    Il est con le mâle dominant il réfléchit avec ses couilles

    Il est sportif de temps en temps et sa gonzesse en a la trouille

    Il est con le mâle dominant c’est lui l’plus fort c’est lui l’plus beau

    Casquette Ricard, berger allemand il cogne sa femme et ses marmots

     

    Ce sont des cons les dominants surtout quand ils sont dominés

    Ils sont dangereux ils sont méchants il faudrait p't'être les faire piquer

     

    Il est con le mâle dominant il vote Le Pen cet enfoiré

    C’est un raciste un fachisant il veut flinguer les immigrés

    Il est con le mal dominant surtout quand il est dominé

    Il est dangereux il est méchant faudrait peut-être le faire castrer ?

     

    Il est con la mâle dominant faudrait pas l’prendre pour un PD

    Rien dans la tronche évidemment un jour sa femme elle l’a buté

    Il était con l’mâle dominant un coup de fusil dans sa sale gueule

    Sa femme elle a tiré sept ans l’prix à payer quand on est seule

     

    Il est mort le mâle dominant sa femme elle est sortie du chtar

    Une femme battue évidemment mais nous maintenant on est pénard

    Ce sont des cons les dominants surtout quand ils sont dominés

    Ils sont dangereux ils sont méchants faudrait peut-être les faire castrer ?

     

    In vino veritas

    Hé ! pochtron descend ta bière avant qu’elle ne te descende

    Hé ! pochtron encore un verre un dernier pour que tu bandes

    Toi tu es un punk à chien moi je suis un punk à chat

    On est tous pauvres terriens un p’tit tour et puis s’en va

     

    Hé ! pochtron encore une bière un p’tit whisky pour la route

    Je te jure c’est la dernière sur la tête de ma biroute

    On est tous des têtes de noeud certains sont des têtes de con

    Ca va mieux quand on est deux on peut se boire des canons

     

    Hé ! pochtron encore une bière plus un trip pour les neuronnes

    On est tous entre deux verres c’est parfait pour la déconne

    Alcoolo par vocation imbibé dès le matin

    Défonçé par conviction je suis punk c’est mon destin

     

    Hé ! pochtron encore un verre ça peut pas te faire de mal

    Je te jure c’est la dernière la prochaine sera fatale

    On est tous des alcooliques nous ce qu’on aime c’est la bibine

    Amoureux de la barrique on tire tous sur la tétine

     

    Hé ! Pochtron encore un verre un p’tit dernier pour la route

    Hé ! pochtron c’est la galère y'a plus de bière c’est la déroute

    On va chier dans notre vomis les gonzesses elles adorent ça

    Avec nous c’est l’paradis à la tienne c’est d’la vodka

     

    J’aime pas les cons (Chanson conne)

    J’aime pas les cons en uniforme en bleu marine en vert de gris

    J’aime pas les cons qui se la pètent en Jaguar ou en mobylette

    J’aime pas les cons d’la République avec leur bite en forme de trique

    J’aime pas les cons chasse tradition avec leurs couilles dans l’carafon

     

    J’aime pas les cons philosophiques en BHL soporifique

    J’aime pas les cons du PSG en mode nazi au crâne rasé

    J’aime pas les cons les gros blaireaux au tour de France des p’tits vélos

    J’aime pas les cons Paris Dakar autos motos et gros camtars

     

    J’aime pas les cons "Française des Boeufs" grattage débile et tête de noeud

    J’aime pas les cons endimanchés dans leur BM bien astiquée

    J’aime pas les cons Front National les verts de gris en général

    J’aime pas les cons les gros machos leur bite à la place du cerveau

    J’aime pas les cons !

     

    J’aime pas les punks (Chanson punk)

    J’aime pas les punks "fashion victims" sortis tout droit des magazines

    Les révoltés du samedi soir qui se lâchent un peu surtout pour boire

    J’aime pas les punks de l’Oréal sortis tout droit du carnaval

    Pogo bourrin pogo macho et pan dans la gueule à Margot

     

    J’aime pas les punks tendance facho qui s’font passer pour des apos

    En crachant sur les femmes voilées pour une question d’identité

    J’aime pas les punks qui cognent leur chien à coup d’rangers dans le bas des reins

    Ils suivent la mode la transhumance ils se déguisent ils sont tendances

     

    J’aime pas les punks lécheurs de cul dans l’genre Satan et p’tit Jésus

    Pour une télé la fellation pour un peu de coke c’est “mort aux cons”

    J’aime pas les punks vendeurs de mort un peu de chnouffe des couilles en or

    Il est des nôtres c’est un camé c’est “no future” il va crever

    J’aime pas les punks !

     

    Les larmes plein la gueule

    Au milieu de nulle part les dingues et les paumés

    Arpentent les trottoirs des cités oubliées

    A Brest comme ailleurs ils trafiquent leur ennui

    Un salaire de la peur comme unique profit

    C’est dans l’incertitude des matins qui déchantent

    Qu’ils ont pris l’habitude de choisir la mort lente

    "Patron ! Encore un verre, j’te jure c’est le dernier

    Avant la mise en bière demain je vais crever"

    Nous sommes les désaxés d’un monde à l’agonie

    Les dingues et les paumés de la ville endormie

    Politicards verreux et fonctionnarisés

    Sur nous les malheureux il vous plait de cracher

    Les larmes plein la gueule et la fleur au fusil

    La valse des cercueils étrange litanie

    Les roses sont fanées il n’y a plus d’espoir

    Les dingues et les paumés toujours vêtus de noir