• Paroles de "Alerta antifachista"

    Paroles de "Alerta antifachista" 

    La Déchirure. 1962

    En 1962 j'ai 16 ans, j'écris et je chante mes premières chansons. "La déchirure" est un texte sur la guerre d'Algérie. Je l'ai interprété à Lezoux (Puy de Dome) à l'occasion de la fête du village, le public l'a copieusement sifflé en geulant "Algérie Française" et à la fin du morceau certains ont entonné "La Marseillaise". Un peu plus tard trois individus me sont tombés dessus pour me corriger, des copains m'ont défendu et je m'en suis plustôt bien sorti. 41 ans plus tard je n'enlève pas une virgule à ce que j'ai écris à l'époque et comme beaucoup d'autres camarades, j'attends que la France reconnaisse le génocide des Algériens.

    En octobre 61 à Paris une manifestation des opposants à la guerre se termine par une repression policière sanglante, des dizaine de cadavres d'Algériens sont repêchés dans la Seine.Le préfet de police de l'époque s'appelait Maurice Papon. Cet ex-collaborateur sera jugé des années plus tard (en) pour sa responsabilité dans les raffles de Juifs Français pendant l'Occupation. Le 19 mars 1962 les accords d'Evian sont signés reconnaissant l'indépendance de l'Algérie après 8 ans de guerre coloniale.

     

    Certains Français en Algérie

    Se sont conduits comme des nazis

    C'est tout un peuple  sacrifié

    Un crime contre l'humanité

    A 17 ans je n'ai pas envie

    D'aller crever pour ton drapeau

    Aux temps pourris des colonies

    J' préfère ma vie dans le caniveau.

     

    Ce sont des hommes que l'on torture

    L'haleine fétide de la guerre

    Il restera cette blessure

    Une souffrance nécessaire.

    Des femmes violées, des enfants morts

    Au nom de la patrie Gaulliste

    Au nom d'un drapeau tricolore

    Acte barbare, acte fachiste

     

    La liberté que l'on enchaine

    Le monde arabe en esclavage

    Ton hexagone dégueule sa  haine

    Métro Charonne c'est le carnage

    J'irai mourir sur d'autres terres

    Car j'ai choisi de déserter

    Les Algériens sont tous mes frères

    Je vomis sur l'Etat français.

     

     

    Le cimetière des cons. 1974 

    Texte réactualisé plusieurs fois...chanté pendant des années...jusqu'en 2006...

    La fin de De Gaulle, la France est libéré du libérateur, l'inconscience reste collective et le pantin est remplacé par un autre guignol.

     

    J’ai vu les putes de Manhattan

    Enrubannées comme de vraies dames

    J’ai vu Castro à La Havane

    En train de gueuler : « Paix au Vietnam »

    J’ai vu De Gaulle à Colombey

    Et ses mémoires à l’imparfait

    J’ai vu des ricains un peu cons

    Se noyer dans la Baie des Cochons 

     

    Et moi je portais un blouson noir

    Dans mes santiags y’avait mes pieds 

    Mon blue jean était délavé 

     

    J’ai vu Zitrone aux enterrements 

    Et le croque-mort qui marchait devant

    J’ai vu le soldat qui est inconnu

    Et tous les autres qui sont cocus

    J’ai vu Le Pen en djellaba

    Se faire bouffer par de gros rats

    J’ai même un jour vu ma petite sœur

    Se faire tirer dans l’ascenseur

     

    J’ai vu une nuit dans mon ghetto

    Les flics qui voulaient me faire la peau

    J’ai vu le banquier s’autoriser

    A nous voler quelques billets

    J’ai vu l’amour battre la semelle

    Sur le trottoir de ces demoiselles

    J’ai vu le maquereau un peu craignos

    En train de leur dire : « tu l’as dans l’os » 

     

    Liberté à crédit. 1994. 

    Chara, Doucé, deux crimes au nom d'une police et d'une justice pourrie, "Liberté Egalité Fraternité" c'est une publicité mensongère qui use et abuse des gogos.

    Mohamed Chara est condamné à mort en 1980 pour un meurtre qu'il a toujours nié. Mis en cause par son "complice", il avoue après 20 heures de garde-à-vue et se rétracte le lendemain. Le jugement sera cassé pour vice de forme. Rejugé en 82, il est condamné à la prison à perpetuité ( la peine de mort ayant été abolie entre temps). Une demande de révision du procès sera déposée et rejetée en 91. Deux jours plus tard, Chara meurt d'un arrêt cardiaque dans sa cellule. Il avait 32 ans.

    Le 19 juillet 1990, le pasteur Doucé (connu pour son engagement auprès des minorités sexuelles) disparaît après que des policiers soient venus le chercher à son domicile. On retrouve son cadavre 3 mois plus tard en forêt de Fontainebleau. L'inspecteur des Renseignements Généraux chargé de l'affaire est soupçonné mais ne sera pas condamné.

     

    Ta bouche fermée comme un tombeau

    Sur les touches noires de ton piano

    Paris sur Seine, j’ai l’âme en peine

    Pigalle la blanche pleure le dimanche 

    Prison béton, prison ballon 

    Maison d’arrêt vite oubliée

    Le maton qui tape dans les couloirs

    La lune qui se cache, il est si tard 

    Prison de l’amour, prison de la mort

    Demain le jour, demain je sors

    Derrière les grilles y’a du soleil

    Y’a même une fille, je me fais la belle 

    Dehors, dedans on est tous mort

    Baumettes Marseille je t’aime encore

    Fleury la nuit, Nantes le jour

    Milieu pourri, cellule sur cour 

    Prison de l’amour, prison de la mort

    Demain le jour, demain je sors 

    Paname chagrin, matin blafard

    Une pute qu’on aime sur le boulevard 

    Un peu de sang sur le bitume

    Entre l’église et le bordel

    Luis Buñel tranche sous la lune

    Un œil malin, peut-être le tien 

    Adieu l’ami des mauvais jours

    Demain je sors, adieu la cour

    Cellule béton, barreaux d’acier

    Rêve de con dans la fumée 

    Chara est mort dans sa carrée

    Chara est mort et oublié

    Moi j’oublie pas qu’ils t’ont buté

    Adieu l’ami qu’on a crevé 

    Rêve de singe pour policiers

    Pasteur Doucé pour les RG

    Prisons de l’amour, prison de la mort

    Demain le jour, demain je sors 

     

     

     

    Bogota. 1991. 

    A Bogota comme ailleurs c'est l'Etat policier.

     

    Sur les trottoirs de Bogota

    Les flics en ont après les gosses

    Dans la banlieue de Bogota

    On tire à vue sur les gavroches

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

    Au petit matin la ville se lève

    Les mômes dévorés par les chiens

    Au petit matin dans une poubelle

    Tu crois reconnaître le tien

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

    Sur les trottoirs de Bogota

    Considérés comme des ordures

    Les enfants volent un peu de soleil

    Et ils l’enferment dans leur chaussure

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

    La petite Maria est amoureuse

    D’une voiture étincelante

    A l’intérieur de la Limousine

    Son rêve se brise sur la vitrine

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

     

     

    Les fils de Bakounine. 1999 

    Il nous reste le droit de crever en gueulant "Ni Dieu ni maître!"

     

    Même si vos flics nous trouent la peau

    On fera sauter vos ministères

    On s’arrachera de vos ghettos 

    Politicard tu sens la mort

    Tu pues le fric des corompus

    Pour nous il fait très froid dehors

    On se les gèle dans ta rue

     

    On est les fils de Bakounine

    On va flinguer vos rois serviles

    Nous les bâtards de la République

    On mettra le feu à vos palais

     

    On est tous blacks et sans-papiers

    Les SDF de vos royaumes

    Blancs, chicanos et basanés

    On mettra le feu à l’Hexagone

    Pendant que tu causes à l’Assemblée

    Y’a ta police qui assassine

    Un pote malien déshérité

    Qui ne voulait pas de tes combines

     

    Pendant que tu te baffres au ministère

    C’est la misère des mecs dehors

    La peau du pauvre ne vaut pas cher

    En attendant sa mise à mort

    On crèvera plus dans la misère

    Même si vos flics nous trouent la peau

    On fera sauter vos ministères

    On s’arrachera de vos ghettos

     

    On est les fils de Bakounine

    On va flinguer vos rois serviles

    Nous les bâtards de la République

    On mettra le feu à vos palais 

     

     

    Mr le Président. 1995 

    Les présidents se suivent, se ressemblent, s'assemblent. Petit portrait de la France des années 90...

      

    Tu n'es qu'un singe évolué

    Tu as dans l'coeur ta solitude

    Tu n'es qu'une bête abandonnée

    Tu n'existe que par habitude

    Alors dis-moi si tu t'ennuies

    Dans ton palais élyséen

    Avec nos sous tu fais ta vie

    Tu alimentes tes copains 

    Mr l'président, Mr l'président... 

     

    Tu n'es qu'un chat qui s'aprivoise

    Pour les souris qui vont voter

    Tu causes de guerre et tu nous toises

    Avant de nous faire fusiller

    Alors dis-moi c'est beau l'amour ?

    Même enrobé de caoutchouc 

    Ca rime avec topinambour 

    Toi, t'es le boss et tu t'en fous 

    Mr l'président, Mr l'président... 

     

    T'es l'président des allumés

    Des bidochons de France Dimanche

    Des trous du cul et de leur tiercé

    Des aoûtiens en transhumance

    Alors dis-moi c'est beau la vie ?

    Tu sais en bas ça sent pas bon

    On mange on boit notre RMI

    Pendant qu'tu prêches dans ton salon 

    Mr l'président, Mr l'président...

     

     

     

    Terroriste. 1997.

    En juin 96, l'église St Bernard (Paris 18ème) est occupée par des immigrés en situation irrégulière. En août ils seront expulsés violemment par 1500 CRS sans même attendre la fin de la procédure.Les "sans-papiers" sortent de l'ombre.

     

    Les charters de la gauche valent bien ceux de la droite

    Et tracent dans le ciel une blessure étroite

     

    Président bien au chaud, démocratie frileuse. 1999

    Pour Florence Rey c'est 20 ans, pour le sang contaminé c'est un avertissement. La Justice en France c'est deux poids et deux mesure. Monsieur le procureur doit accorder ses violon avec ceux de l'Elysée.

     

    Je ne veux pas de ton drapeau, je ne veux pas faire allégeance

    A tes principes idiots, ta morale, tes carences

    Je ne veux pas de ta République, ton armée et tes flics

    Je veux crever dans ma nuit, loin de l’ordre établi

    Dans tes prisons on tue, on viole et on torture

    Au son de la Marseillaise, au nom de ta culture

    Monsieur le président c’est vous "qu’on nomme grand"

    Monsieur le président vous avez du talent

     

    Florence a pris vingt ans, fauchée dans sa jeunesse

    Le canard est boiteux, il faut être mondain

    Un sang contaminé pour des peines de principe

    On crève du sida au nom de ta République

    Tes amis sont les rois d’une Afrique enchaînée

    Tu gifles la misère, tu détestes la fange

    Monsieur le président, c’est vous "qu’on nomme grand"

    Monsieur le président, vous avez du talent

     

    Tu te sers du fascisme comme d’un épouvantail

    A moins qu’un flirt poussé te conduise aux fiançailles

    Ta droite se lepénise ou se devilliérise

    Ta gauche ne vaut guère mieux, elle porte tes valises

    Les prisons du Maroc sont remplies d’innocents

    On te nomme là-bas « le bel indifférent »

    Monsieur le président, c’est vous "qu’on nomme grand"

    Monsieur le président, vous avez du talent

     

    L’an deux mille. 1999.

    Vous reprendrez bien une tasse de misère entre deux émissions de télé réalité, dans la mesure où il vous reste un peu de  temps de cerveau disponible....

     

    En l’an 2000 on peut flinguer

    Tous les connards qui nous font chier

    Les politiques, les policiers

    Tous ces guignols endimanchés

    En l’an 2000 on peut brûler

    Toutes les princesses sur un bûcher

    La presse people qui fait gerber

    Toutes les radios, toutes les télés

     

    En l’an 2000 dans les prisons

    On violera plus les jeunes colons

    Les mâtons ne seront plus des chiens

    On bouffera même à notre faim

    En l’an 2000 j’irai baiser

    Les policiers qui m’ont cogné

    C’est moi l’ancien desperado

    Un peu loubard, un peu gaucho

     

    Je passerai même à la télé

    Avec Johnny et Sabatier

    Jean-Pierre Fauxcul me parlera de fesses

    Je serai l’idole d’un tas de gonzesses

    Je m’abonnerai au Figaro

    Je transformerai ma libido

    J’applaudirai papa Kouchner

    Deux sacs de riz pour la misère

     

    En l’an 2000 on sera cocus

    Avec Jospin et Robert Hue

    A moins de se faire chiraculer

    Par un Pasqua, un De Villiers

    En l’an 2000, rayon ringard

    Y’aura un vieux soixante-huitard

    Le Cohn Bendit en chemise à fleurs

    Et la Voynet qui passera le beurre

     

    Y’aura de la beuh dans le pinard

    Et de la ganja dans ton Ricard

    Le pape fumera un gros tarpé

    En nous chantant « miserere »

    Giscard dansera sur un volcan

    Une bonne bourrée de Clermont-Ferrant

    Au Crazy Horse y’aura Madelin

    Qui nous gueulera :  « je sens que ça vient »

     

    L’héritage de la misère. 1999.

    Je ne suis pas atteint de glorieuses celtitudes

    La misère c’est pareil sous toutes les latitudes

    Les drapeaux sont pour moi comme du papier toilette

    C’est con de s’en servir, c’est mieux quand on les jette

    J’aime pas la Marseillaise pas plus que la Blanche Hermine

    Quand on parle de frontière j’ai le cœur qui se débine

    Musique militaire, hymne variétisé

    National de mon cul tu me fais dégueuler

     

    Je suis né quelque part, qu’importe la couleur

    Je crache sur les milices, je hais les dictateurs

    Je ne lis pas la presse des princesses vaginales

    Quand je télévisionne c’est par la voie anale

    Je ne chante pas la misère, la misère je l’étale

    Comme une reine vulgaire, comme un mauvais journal

    Je n’ai pas de racine, je n’ai pas d’héritage

    Je ne suis pas celtique, je suis né dans une cage

     

    Je chante pour bouffer comme d’autres font le trottoir

    Se faire sodomiser pour ce sacré dollar

    Je gueule la détresse sans aucune retenue

    Pour mes frères SDF, mes amis détenus

    Je ne suis pas poète ayant pignon sur rue

    Anarchiste peut-être, anarchiste perdu

    Je ne suis pas artiste comme beaucoup de nos stars

    Je suis seulement un chien, un vulgaire clébard

     

    Je suis le fils de personne mon petit nom c’est Paulo

    Etranger dans la ville on me traite de bâtard

    Un bâtard ça pue, ça se couche dans le caniveau

    En Bretagne, à Paris, à Marseille, dans les gares

    Ca n’a pas de patrie, c’est une fille publique

    Ca fabrique de l’amour, au diable la luxure

    La police cogne dessus au nom de la République

    Au matin on les jette dans la benne à ordure

     

    Ca n’a même pas de haine, ça bouffe de temps en temps

    Ils sortent de prison comme on sort d’un hôtel

    Ils oublient qu’ils sont seuls, qu’ils n’ont plus dix-sept ans

    Ils se jettent sous un train histoire de se faire la belle.

     

    Le démocrate à sa mémère. 2000.

    Je suis le maquereau de la République

    Moi mon bordel c’est le ministère

    Je fais du pognon, du flouze, du fric

    Je suis le démocrate à sa mémère

    Dans les couloirs de l’Assemblée

    Je tapine un peu, je prends des rencards

    Je graisse la patte aux députés

    Je tire à fond sur mon cigare

     

    Je me fous pas mal de l’électeur

    Il fait l’amour à sa télé

    Si il me joue en cas de malheur

    Je lui mets le pif dans son merdier

     

    Je tire à blanc sur Babylone

    Pendant que les cons jouent au loto

    La politique c’est mon opium

    Le citoyen ma tête de veau

    Je place ma tune chez les petits Suisses

    Il faut que je pense à ma vieillesse

    La République écarte les cuisses

    Et c’est moi qui passe à la caisse

     

    Quand les moutons iront voter

    Ce sera le jour de la transhumance

    Je serai élu comme le berger

    Comme un Jésus de l’alternance

     

    Les empêcheurs et les prêcheurs

    Les Montgolfier, Eva Joly

    Veulent m’interdire de faire mon beurre

    En cas de pépin y’a l’amnistie

    Pour nous les taules sont confortables

    On aime pas la promiscuité

    C’est aux frais du contribuable

    Il est bien le seul à se faire baiser

     

    Deuxième carrière au cinéma

    Je te ferai coucou à la télé

    T’es ma souris, je suis ton chat

    Viens faire la bise au ministré

     

    Erection spontanée. 2002.

    Bush s'en va-t- en guerre en direct à la télé...

     

    Erection spontanée sur drapeau étoilé

    Mister Georges éjacule au nom de la patrie

    Pour des noces barbares il harangue ses guerriers

    Les enfants vont crever au nom de la connerie

    Aux anars de service qui me foutent la gerbe

    A ces nationalistes qui flinguent pour exister

    Aux artistes à la mode, aux autres qui s’y croient

    A toi qui jospinises, à toi qui chiracules

     

    Aux trous du cul qui clament que c’était mieux avant

    A l’empaffé qui gueule : « c’est beaucoup mieux ailleurs »

    Aux fascisants connards à la langue hitlérienne

    Au racisme ringard qui hante les cervelles

    Je vomis ma tristesse et je leur pisse au cul

    Je vomis mon venin et je dis : "Mort aux cons"

    Je vomis mes entrailles et la justice avecJe vomis mes entrailles et la justice avec

     

    Aux tueurs de préfet, à tous les assassins

    Aux enculés mondains d’une France lepéniste

    Aux curés pédophiles et à leur mère l’Eglise

    Aux sectes de la mort, au crime légalisé

    A Monsieur le président qui crèche à l’Elysée

    Aux autres dictateurs et à tous les drapeaux

    A la Française des Bœufs, à ceux qui vont gratter

    Aux joueurs à tête de nœud et à tous les blaireaux

     

    A la télé poubelle des stars légumisées

    A toutes les religions, à tous les culs bénis

    A Monsieur le Premier ministre, aux voyous députés

    A tous les enfants de pute et les enfants de Marie

    Je vomis ma tristesse et je leur pisse au cul

    Je vomis mon venin et je dis : "Mort aux cons"

    Je vomis mes entrailles et la justice avecJe vomis mes entrailles et la justice avec

     

    Sarkoland. 2003.

    Le petit ministre de l'Intérieur deviendra grand si ses talonnettes le permettent.

     

    Dans les prisons chez les frenchies

    On tue, on viole et on torture

    Dans les prisons chez les frenchies

    T’es pas un homme, t’es une ordure

    On te fait croire à la morale

    Toujours plus loin, toujours plus con

    Tu vas crever dans ta centrale

    Entre les murs et les matons

     

    T’entends au loin la Marseillaise

    Pour un quelconque président

    Assis le cul entre deux chaises

    C’est la grand-messe du grand Satan

    Dans ton pays à Sarkoland

    Y a pas de pitié pour la misère

    Avec les flics et les amendes

    A coup de matraque et de revolver

     

    Toi tu préfères le drapeau noir

    Et les Poèmes Saturniens

    Pour mieux gerber ton désespoir

    Sur les fachos, les miliciens

    Sous les caméras de surveillance

    On encourage la délation

    On réécrit l’Histoire de France

    « Famille, Patrie, Ségrégation »

     

    Dans ton pays à Sarkoland

    Il fait pas bon être bronzé

    A moins bien sûr que tu te pendes

    Pour libérer la société

    Quand la télé réalité

    Lobotomise tous les connards

    La star se shoote au LSD

    Au milieu de tous ces ringards

     

    La dictature c’est contagieux

    Comme dans le passé, la liberté

    La France est un pays de gueux

    Et de ministres assermentés

    Tu peux prévenir tes CRS

    Toute la police et ton armée

    Je n’ai pas d’arme que ma tristesse

    Et une putain d’envie de gerber

     

    Mélancolie en surface. 2005.

    Après une énième "bavure" policière qui aboutit sur la mort de deux jeunes hommes à Villier Le Bel, les banlieues s'embrasent. Le ministre de l'Intérieur s'appelle Sarkozy et la vis sécuritaire se serre un peu plus. Pour la première fois depuis la guerre d'Algérie, l'état d'urgence est décreté.

     

    C’était la nuit des longs couteaux

    Frères de la rue identifiés

    Le cœur qui saigne dans le caniveau

    Sœurs du pavé répertoriées

    Au QHS on assassine

    Dans les prisons on compte les morts

    Antisocial c’est la déprime

    Dernière émeute au corps à corps

     

    Les ailes noires des rapaces

    Cité paumée en plein hiver

    Les policiers suivent à la trace

    Un homme perdu dans un cimetière

    C’était la nuit des longs couteaux

    Police, milice, armée, racaille

    Amour à mort chez les barjos

    Le fruit béni de nos entrailles

     

    C’est dans les yeux de mon frère black

    Qu’elle s’est cachée la sœur misère

    Avant de crever d’un coup de matraque

    Victime de la haine policière

    Il est foutu ton Hexagone

    Démocratie à l’agonie

    La République a l’air d’une conne

    Les politiques sont des pourris

     

    C’était la nuit des longs couteaux

    La Marseillaise dans la gueule

    Les bruits de bottes pour les fachos

    Au bout de la nuit tu te sens seul.

    C’est un Arabe qu’on assassine

    Au commissariat de la ville

    La mort est une mauvaise frangine

    Tueur ou flic ? C’est pas facile

     

    Les ailes noires des rapaces

    Cité paumée en plein hiver

    Les policiers suivent à la trace

    Un homme perdu dans un cimetière

     

    Sniper. 2005.

    La démocratie est une utopie, il reste un gouvernement qui ordonne et des flics qui exécutent. Quand au peuple il est prié de crever sans trop faire de vagues.

     

    La gueule dans mon micro

    Je vide mon chargeur

    Sur une bande de barjos

    Déguisé en sniper

    Les anges fatigués

    Allument leurs Gitanes

    Brûlent un dernier baiser

    Sur la bouche des femmes

     

    Les flics sont partout

    Le flingot à la main

    Les CRS matraquent

    A mort les citoyens

    La bave dégoulinante

    Et les crocs acérés

    La ville est nettoyée

    Par les chiens policiers

     

    Ce sera le dernier bal

    Avant les drapeaux noirs

    Le maquis, la cavale

    Et du sang sur le trottoir

    Dans les chiottes on crèvera

    Pas besoin de sépulture

    Et le con sur sa croix

    A mon Dieu quelle allure

     

    La tête dans le caniveau

    Le surin dans les pognes

    Trois bastos dans la peau

    Et tu gueules : « mort aux cognes ! »

    Un curé pédophile

    T’achève d’une prière

    Et d’un coup de talon

    T’expédie au cimetière

     

    A travers mon délire

    Je sens venir la nuit

    Il est temps de s’enfuir

    De l’Hexagone pourri

    Cité karchérisée

    Par Monsieur Mégalo

    Cauchemar alcoolisé

    La justice au poteau

     

    Pour ta légion d’honneur

    Tu peux te la mettre dans le fion

    Ca fait bien trop longtemps

    Que tu les prends pour des cons

    Ton drapeau c’est pareil

    Ainsi que ta Marseillaise

    Monsieur le président

    Le cul entre deux chaises

     

    Etat d’urgence. 2007.

    En mai 2007, Sarkozy est élu président de la République. La dérive fasciste est bien en marche. De 24 000 expulsions d'immigrés en situation irrégulière en 2007 on atteint 33 000 en 2011.

     

    Connais-tu l’Elysée ce palais de l’ordure ?

    Une poignée d’enfoirés nous mène la vie dure

    Et il crache comme je pleure sur nos frères immigrés

    Qu’importe la misère pour Sarkozy Ier.

     

    La charité chrétienne des ministres fascistes

    Moralité de chienne sur laquelle je pisse

    Dans tes prisons de la mort on flingue la misère

    Mentalité de porc, Sarko des pissotières

     

    Aujourd’hui la milice s’occupe des sans-papiers

    Demain c’est la police qui viendra te chercher

    Univers sarkozien, symphonie pour les cons

    Tu crèveras comme un chien au fond de ta prison

     

    Un nazi maréchal ci-devant Hortefeux

    La solution finale pour tous les miséreux

    Et il crache comme je pleure sur nos frères immigrés

    Qu’importe la misère pour Sarkozy Ier

     

    Envie de gerber. 2008.

    Mai 1968 : L'occasion était belle, on aurait pu leur mettre le nez dans la merde.

     

    Les CRS vont se rhabiller

    Les sans-papiers sont condamnés

    En France les cons sont verts de gris

    Les dirigeants sont des nazis

    La religion est cathodique

    Dans toutes les rues il y a des flics

    Les SDF crèvent à Paname

    Messe de minuit à Notre Dame

     

    Chirac s’est fait chiraculer

    Kouchner s’est fait sodomiser

    Par le facho élyséen

    La petite crotte, le nain de jardin

    On éjacule une Marseillaise

    On aime la France quand elle nous baise

    Masturbation sur télécon

    Le président a des morpions

     

    En 2012 c’est la partouze

    La droite, la gauche et les barbouzes

    Nous ferons le coup démocratique

    Viens, citoyen que je te nique

    A tous les flics qui puent de la gueule

    Aux politiques que je dégueule

    Au président des enculés

    Moi je lui chante : « miserere »

     

    J’ai vu Sarko à l’Elysée

    Ca m’a donné envie de gerber

    La mère Dati à la justice

    Les Droits de l’Homme ont une chaude-pisse

    Chez les Chinois on fait du sport

    En attendant la mise à mort

    Des délinquants de la politique

    Je dis : « vive les jeux olympiques »