• Paroles "Chat passe ou chat casse"

    Chat passe ou chat casse

    HANDICAPUNK

    J’ai sorti mon flingo qui sent la naphtaline

    Je tire sur les fachos sur la France bleu Marine

    J’ai r’trouvé mon surin, j’l’avais mis au placard

    Pour la guerre aux fascistes il n’est jamais trop tard

    Rock n’ roll dans ta gueule petit con de l’extrême

    Et une balle dans ton front, saloperie du F. Haine

    C’est le rock autopsie, c’est la mort des nazis

    C’est l’palais de l’ordure où vous cachez vos nuits

     

    J’avais perdu mon flingue, j’avais perdu l’envie

    J’ai r’trouvé ma dégaine et mon couteau aussi

    A mort les nazillons, à mort les bandes de cons

    Je vous offre une cartouche, c’est la seule solution

    Identitaires racistes, saloperie de fascistes

    On vous crache à la gueule, vous les négationnistes

    Les Soral à deux balles, Faurisson, Dieudonné

    Les fafs de carnaval, bons à guillotiner

     

    Ta France elle pue d’la gueule, question d’identité

    Ta France elle pue du cul, sans-papiers déportés

    J’voterai pas pour ton blaze, moi j’ai jamais voté

    Pour des cons pour des nazes, pour ta bande d’enfoirés

    Mes frères sont basanés et je te pisse au cul

    Toi le bourgeois aisé, le seigneur de la rue

    On est tous Africains, on est tous moins que rien

    On t’pendra par les couilles, petit fils de Pétain

     

     

    CELLULE BETON BARREAUX D’ACIER

    Souvenirs de la "souricière", cellule collective au tribunal de Toulon, mai 1987.

    Cellule béton barreaux d’acier, dans ta prison tu dors encore

    Au QHS les prisonniers jouent toutes les nuits avec la mort

    Les bruits d’couloir et les matons, la lune se noie dans l’caniveau

    Tous ces cauchemards dans ta chetron, les araignées dans ton cerveau

    Il n’y a plus qu’une blessure, une souffrance, la peur du noir

    Demain tu sors, c’est la cassure, tu poses tes chaînes pour un espoir

    Les bruits d’la ville au p’tit matin et ce soleil qui t’éblouit

    Derrière ta gueule, y’a ton chagrin, les gens pour toi sont des zombies

     

    Baiser perdu pour une gonzesse, amour volé pour un voyou

    Un peu d’bonheur, beaucoup d’tendresse, passion sans porte et sans verrou

    Porsche Carrera pour l’aventure, direction l’Sud en plein soleil

    C’est un pansement sur la blessure, la vie la mort, tout est pareil

     

    BOURGEOISIE FACHISANTE

    Bourgeoisie quartier chic, saloperie de rupin

    Tu étales ton fric, carnet de chèque à la main

    Tu te sapes chez Ducon, signature Galiano

    A la manif pour tous tu craches sur les homos

    Ta petite vie de merde sans amour et sans joie

    Heureusement ton Jésus est toujours sur sa croix

    Le dimanche à la messe, tu dégueules en latin

    Ton racisme et ta haine en bon fils de Pétain

     

    Mercedes à crédit et bobonne pour la vie

    Trois lardons dans ta cage, c’est ton p’tit paradis

    Villa au bord d’la mer, vacances de milliardaire

    Lèche le cul du banquier, tu as le sens des affaires

    Raciste le matin, xénophobe le soir

    Tu n’aimes pas les Arabes, les homos ni les Noirs 

    Tu dégueules ton fiel dans ta boite à la con

    Pour d’autres trous du cul de la même condition

     

    Dans ton univers clos, tu méprises le prolo

    Y'en a que pour ta gueule, tu veux tout le gâteau

    Squateurs et sans-papiers, c’est pas ta tasse de thé

    Tu n’as qu’une seule envie c’est d’nous voir dégager

    La bourgeoisie facho crache sur la misère

    Sur les gens en galère, les damnés de la terre

    Vous les fils de Pétain, vous les conservateurs

    Vos esclaves en ont marre du salaire de la peur

     

    JE VOUS CRACHE A LA GUEULE

    Je vous crache à la gueule, les faux punks à casquette

    Les junkies et les rats, fils de bourgeois honnêtes

    Les flics et les malfrats, je vous crache à la gueule

    Je vous crache à la gueule, les gourous, les maquereaux

    Les Gérard du samedi, les curés, les machos

    Les violeurs de nos nuits, je vous crache à la gueule

     

    Je vous crache à la gueule, les fonctionnarisés

    Les CRS idiots, les cons de l’Elysée

    Tous les cathos fachos, je vous crache à la gueule

    Je vous crache à la gueule, vous les lepénisés

    Les salauds, les racistes, les militaires zélés

    Toi le petit fachiste, je te crache à la gueule

     

    Je vous crache à la gueule, ministres déjà morts

    La vieille Bettencourt, le président des porcs

    Et toute la basse-cour, je vous crache à la gueule

    Je vous crache à la gueule, prédateurs et machistes

    Chasseurs endimanchés, adorateurs du Christ

    Pédophile en soutane, je te crache à la gueule

     

    Je vous crache à la gueule, vous les toréadors

    Votre habit de lumière, il pue la mise à mort

    Votre monde est pervers, je vous crache à la gueule

    Je vous crache à la gueule, saloperie du F.Haine

    Identitaires fascistes, les salauds, les racistes

    Tous les négationnistes, je vous crache à la gueule

     

    Je vous crache à la gueule vous les politiciens

    Ordures de la finances, ministres et assassins

    Fabricants de souffrances, je vous crache à la gueule

     

    HOMO SAPIENS

    Les gens me traitent de vieux PD et m’disent d’aller m’faire enculer

    Les mecs virils sont tristounets, avec mes potes on est tous gays

    Quand j’étais p’tit, haut comme trois pommes, j’gueulais bien fort pour être un homme

    Les fées se penchent sur mon berceau et m’disent : "ta gueule ! Tu seras homo"

     

    Déjà tout p’tits dans notre école, on nous r’jetait comme la vérole

    Comme aujourd’hui rien n’a changé, ils aiment bien casser du PD

    Au bal des nazes le samedi soir, bergers allemands, casquettes Ricard

    Galettes saucisses qui dégoulinent, touche pas la chatte à la voisine

     

    Musique de merde asceptisée au bal du foot et des pompiers

    Une bite à la place du cerveau, Jacky Moumoute est un macho

    Homo sapiens homosexuel, la vie c’est pas de la dentelle

    Les filles en rose, garçons en bleu, ça veut pas dire qu’on est heureux

     

    LE TEMPS DES ASSASSINS

    C’était le temps, le temps des assassins

    Avec les moines les flics et les rupins

    C’était le temps des années sarkozistes

    C’était le temps des coups et des sévices

    Des gens qui crèvent dans le fourgon des flics

    Des immigrés et leurs destins tragiques

    C’était le temps, le temps des faux semblants

    Des Dieudonné, des Sardou fachisants

    C’était le temps, le temps lepénisé

    Le bleu marine, question d’identité

    C’était le temps, le temps des expulsions

    Du racisme d’Etat et des compromissions

    C’était le temps des monstres endimanchés

    Des pédophiles et autres PDG

    C’était le temps, le temps des assassins

    Télévision, le miroir du destin

    C’était le temps où moi j’avais vingt fleurs

    Question d’amour, j’étais jamais à l’heure

    C’était le temps, le temps d’la solitude

    Toujours perdant, mais jamais d’habitude

     

    SARK’ HOLLANDE

    Dans ton pays François Hollande, rien n’a changé pour les bâtards

    Dans ton pays François Hollande, les SDF crèvent sur l’trottoir

    Les pauvres se font atomiser, sous le sourire des banquiers

    C’est dans ce monde lepénisé que demain il faudra crever

     

    Dans ton pays François Hollande, rien n’a changé dans nos cités

    Dans ton pays François Hollande, il fait pas bon être sans-papier

    C’est en prison qu’on va finir, avant d’crever avant d’mourir

    A l’Elysée c’est l’paradis, pour les connards et les nantis

     

    Dans ton pays François Hollande, rien n’a changé pour les chômeurs

    Dans ton pays François Hollande, tes flics imposent la terreur

    Sur une musique asceptisée, tu fais la fête à l’Elysée

    Pendant qu’on crève sur le pavé, tu bouffes avec les financiers

     

    Dans ton pays François Hollande, rien n’a changé dans tes prisons

    Dans ton pays François Hollande, on a choisi la pendaison

    Les électeurs sont des cocus, ils sont baisés une fois de plus

    Heureusement ils ont la télé, comme ça ils peuvent se masturber

     

    LES DEGLINGUES

    J’marche à la blanche, à la poudreuse, pour moi la vie r’ssemble à la mort

    J’existe dans la nébuleuse, de coeur à coeur en corps à corps

    Ma vie de con c’est l’quotidien, punk attitude, radio ghetto

    C’est l’rock anar des crève-la-faim, c’est le credo des alcoolos

     

    La ligne blanche des déglingués, le tout baigné de certitudes

    Une souffrance atomisée, une blessure, une habitude

    Votre cercueil est avancé, une petite trace, c’est la dernière

    Le grand voyage des mal aimés, rempli de rêves et de chimères

     

    Tu as l’bonjour des déglingos, la bande d’indiens du macadam

    Chacun pour soi, défend ton os, un coup d’surin et c’est le drame

    L’acte barbare est consommé, tu as raté l’dernier métro

    Celui des dingues et des paumés, y a pas d’pitié pour les clodos

     

    LES COEURS PURS

    Texte de Jean-Roger Caussimon.

    Jean Roger Caussimon est un acteur, auteur, compositeur et interprète français né en 1918. Il débute sa carrière comme comédien de théâtre puis commence à chanter et réciter des poèmes dans les cabarets parisiens dans les années 40. Ami et parolier pour Léo Ferré, on lui doit entre autres les chansons "Mr William" et "Comme à Ostende". Caussimon interprète de nombreux rôles au cinéma puis à la télévision dans les années 60. Parallèlement à son métier d’acteur, il se décide sur le tard à enregistrer ses chansons (à partir de 1970) et fera de nombreuses tournées jusqu’à sa mort en 1985. "Les coeurs purs" est une chanson enregistrée en 1970 et composée par Eric Robrecht.

     

    Ils ne sont pas encore amis des notaires et des notables

    Ils ne sont pas encore admis à dîner le soir à leur table

    Ils ne sont pas encore polis comme papa le fut toujours

    Ils ne sont pas encore salis par les combines au jour le jour

    Mais on leur dit que ça viendra

    Mais bien sûr ils ne le croient pas

    Les coeurs purs....les coeurs purs

     

    Ils ne sont pas encore rusés ni blasés d’être un peu bohême

    Ils ne sont pas encore usés par le métro des matins blêmes

    Ils ne sont pas encore conscrits bien qu’ils soient souvent engagés

    Ils ne sont pas encore inscrits ni au chômage ni aux congés

    Mais on leur dit que ça viendra

    Mais bien sûr ils ne le croient pas

    Les coeurs purs....les coeurs purs

     

    Ils ne sont pas encore lassés d’écouter chanter leur idole

    Ils ne sont pas encore blessés par le temps qui tant nous désole

    Ils chantent des chansons sur un banc, ils n’ont pas honte de la rue

    Il ne sont pas encore perdants, ils ne sont pas encore perdus

    Mais on leur dit que ça viendra

    Moi bien sûr je souhaite tout bas

    Que ça dure.... les coeurs purs

     

    PAS TRES LOIN DE LAGOS

    Je m’appelle Toni Moreno, je ne suis pas un cave....

    Les anges fatigués allument leurs Gitanes, brûlent un dernier baiser, embrassent de drôles de femmes. Sur des monstres d’acier aux chromes incandescents, c’est la paix du guerrier, c’est le temps des mutants. A travers mes Rayban, je sens venir la nuit comme des anges furtifs, sur des musiques bizarres. Au feu des braseros se chauffent les Chicanos. Les fusils se reposent jusqu’aux prochaines aurores.

    En attendant la guerre aux odeurs de charogne on astique les cuivres, on prépare les drapeaux. Encore une fois tes yeux dans ce bordel sordide. Encore une fois ma peau contre l’acier brûlant. Sur la jungle endormie s’installent des éclairs, je fume un dernier joint en attendant l’hiver. Le casque dans la gueule comme un chien policier, le cuir dans les dents et l’envie de gueuler.

    Le chapelet du F.M crépite au petit jour. Il véhicule la haine, il installe des soleils. Les cadavres pourrissent dans une boue épaisse, les ventres sont gonflés, le cureton dit sa messe. Dans le bordel une femme compte les revenants et se fait culbuter par un des mort-vivants. La tristesse sent l’opium au fond de mon trou noir je m’invente des rêves que je classe en mémoire.

    Sous les néons blafards d’une ville endormie il reste les bâtards, les enfants de la zone. Rescapés du massacre, oubliés de la guerre, affâmés comme des loups, ils arpentent la nuit. La musique est barbare, je soigne mon tempo. Dans un palace étrange, la nuit des généraux. Dans la moquette épaisse les pouliches de luxe glissent comme des couleuvres sur le ventre des chefs.

    Sous les volutes bleues j’ai le coeur qui se casse. Au tam tam des ombres je couche ma carcasse. A la bourse à New York, le dollar est en hausse. Pas très loin de Lagos on mutile les gosses. Les filles belles et lascives s’installent sur les balcons, leurs yeux noirs se promènent jusqu’au bout de l’horizon. Sur les ruines fumantes un môme joue à la guerre, il me regarde en face et me jette une pierre.

    Je m’appelais Toni Moreno...