• Paroles "70"

    L’adieu aux larmes

    Les pauvres vont crever, c’est une question de temps

    Dans les hôtels de luxe, les riches se prélassent

    En France on expulse les gamines de treize ans

    Le ministre s’en branle c’est un gros dégueulasse

    Tu poses la question, la question qui dérange

    Tu imposes le tempo la sueur et les larmes

    Au fond de ton ennui tu te noies dans l’étrange

    Pour l’Indien Navajo c’est un adieu aux larmes

     

    C’est dans ce monde pourri par le fric et l’envie

    Que tu parles d’amour et des élans du cœur

    Tu vomis sur les cons et sur tous les nantis

    Tu craches ton venin ton dégoût et ta peur

    Le fusil dans les pognes les flics sont arrogants

    Tu te retrouves seul au milieu des chacals

    Au loin une sirène c’est l’ordre fascisant

    Tu craches et tu dégueules sur tous ces visages pâles

     

    Dans cet univers glauque il faut savoir crever

    On choisit le moment on soigne les blessures

    Une dizaine de corps embrassent le pavé

    Et on glisse en silence vers cette déchirure

    Le ciel est vert-de-gris, nous n’irons plus danser

    Tu as sorti ton flingue ton ombre est fugitive

    Il reste le bruit des bottes et l’Etat policier

    Dans ce monde de dingue ta douleur est captive

     

     

    Cyberman

    Les yeux dans ton Smartphone, tu as la tête qui déconne

    Tu marches en mode robot le long du caniveau

    Ton mal est extérieur, l’ennemi à l’intérieur

    Ta main épouse l’écran, ton cerveau est dedans

     

    Tu ouvres ta boite mail : elle est vide

    Tu ouvres ton facebook : il est vide

    Tu ouvres ta cervelle : elle est vide

    Tu te couches dans ton lit : il est vide

     

    Tes amis virtuels, tes ennemis naturels

    Petite boite à image, le singe est dans sa cage

    Petit clic sur l’espoir mais l’écran devient noir

    Naufragé de l’espace, une proie pour les rapaces

     

    Ecouteur sur la tête, la musique est en crête

    Le rap mélancolique, une claque et tu cliques

    Sur un autre univers à deux pas de l’enfer

    Le monde est dans la boite mais personne pour le chat

     

    Le vide est sidéral, la solitude astrale

    Tu n’as pas les moyens, tu vis mais tu n’es rien

    Le clown cybernétique sur ton écran magique

    Pour toi le mot de la fin, le mirage ce n’est rien…

     

     

    Je suis une pute

    Le trottoir c’est ma vie en attendant la mort

    Mon corps très court vêtu se glisse dans la nuit

    Pour le chasseur nocturne c’est le gibier d’abord

    Je suis la proie facile pour ces conquistadors

     

    Je suis une putain comme ils disent

     

    Les illusions se perdent quand j’écarte les cuisses

    L’homme se noie dans mon ventre, l’affaire est terminée

    Il parle de sa femme, il parle de son fils

    J’encaisse les coupures, je retourne au pavé

     

    Une éjaculation conforme au désespoir

    une petite aventure dans l’extra conjugal

    Le sexe bave encore, redevient dérisoire

    Le client se rhabille, je compte les étoiles

     

    Seule sur le grand boulevard mon ombre s’évapore

    Mon corps à moitié nu et presque abandonné

    Je m’installe dans l’ennui j’entends le son du cor

    Et je suis l’animal que l’on va sacrifier

     

    Le fric n’a pas d’odeur et c’est sans importance

    Je suis la solitude des femmes en esclavage

    C’est le prix de la détresse pour les hommes en partance

    Le cœur n’a plus sa place, c’est le temps du naufrage

     

     

    Les apos

    Les apos c’est comme les conspis

    Plus ça devient vieux, plus ça devient faf

    Les apos c’est comme les conspis

    Plus ça devient vieux, plus ça devient nazi

     

    Quand les souris sont déglinguées

    Tous les fachos sont au balcon

    Ils sont mignons les crânes rasés

    Moi je dis bravo et mort aux cons

    L’apo fait pas de politique

    Il se mouille pas c’est son credo

    Il joue le blaireau, c’est sa technique

    Il aime bien faire son numéro

     

    Ni gauche ni droite c’est sa devise

    Son univers est gris souris

    Les communistes c’est sa hantise

    Il flirte avec les verts-de-gris

    C’est juste un mec apolitique

    Le genre biker et patriote

    Il aime la France, la République

    C’est un vrai mâle, c’est pas une fiotte

     

    Le soir quand tous les chats sont gris

    Bien à l’abri dans son bombers

    Il écoute sa musique à lui

    Et se remplit un dernier verre

    Le bras tendu vers son héros

    Salut nazi devant sa glace

    Il se défoule sur un clodo

    Moi je dis : « in vino veritas »

     

     

    J’aime pas les beaufs

    J’aime pas les cons en uniforme, en bleu marine en vert-de-gris

    J’aime pas les cons Front National, tous les nazis en général

    J’aime pas Soral et Dieudonné, deux petits cons invertébrés

    J’aime pas l’apo ni le conspi, Faurisson et ses abrutis

     

    J’aime pas les cons philosophiques en BHL soporifique

    J’aime pas les cons du PSG en mode nazi, au crâne rasé

    J’aime pas les cons, les gros blaireaux au Tour de France des p’tits vélos

    J’aime pas les cons Paris Dakar, autos, motos et gros camtars

     

    J’aime pas les cons « française des bœufs », grattage idiot et tête de nœud

    J’ai pas les cons endimanchés dans leur BM bien astiquée

    J’aime pas les punks tendance fachos qui s’font passer pour des apos

    Et qui crachent sur les femmes voilées au nom de leur laïcité

     

    J’aime pas le Valls lepénisé qui fait la chasse aux immigrés

    J’aime pas Ayrault et ses avions, j’aime pas Vinci et ses gros cons

    J’aime pas Frigide et ses barjots, j’aime pas Zemmour le p’tit facho

    J’aime pas Ayoub et ses nazis, j’aime pas leur tronche et c’est tant pis

     

    J’aime pas ma gueule quand elle est seule, j’aime pas mon flingue, mes idées noires

    J’aime pas la haine quand elle dégueule, j’aime pas la justice du rasoir

    J’aime pas les riches et leurs valets, j’aime pas les fonctionnarisés

    J’aime pas le curé qui dit sa messe, j’aime pas le con qui se confesse

     

    J’aime pas le ciel en vert-de-gris, j’aime pas nos jours qui sont comptés

    J’aime pas les loups en plein Paris, j’aime pas ton sang sur le pavé

    J’aime pas Jésus dans les mairies, le Père Noël et son foie gras

    J’aime pas tous les enfants de Marie qui laissent les pauvres mourir de froid

     

     

    Sentimental CRS

    Au bout de ta matraque tu serres un peu les fesses

    Tu obéis aux ordres et tu mords comme un chien

    Tu as ce que tu mérites : ton pastis et ton stress

    Tu es le robocop, on est les moins que rien

    Tu es le bras armé d’une machine à cogner

    Au bout de ta logique il y a toujours la trique

    Voyage au bout de la mort, petite machine à tuer

    Tu violes les consciences au nom de la République

     

    Sentimental CRS, sentimental CRS

    Sentimental CRS, sentimental CRS

     

    Une armée de zombies, la bave plein la gueule

    Un uniforme noir et la haine plein les yeux

    Au bout de ton voyage tu es con, tu es seul

    Tu tires à l’aveuglette et ça devient un jeu

    C’est la fin de la manif, il reste les ambulances

    Tu rentres à la caserne, c’est l’heure de l’apéro

    Une bouteille d’alcool, voyage au bout de la chance

    Tu te prétends guerrier, tu n’es qu’un alcoolo

     

    Tu vomis dans les chiottes ton venin et ton vin

    Demain un autre jour et une autre baston

    Tu caresses ta matraque, tu vis mais tu n’es rien

    Tu n’es qu’une merde de plus dans ce monde de cons

    Au milieu de nulle part tu te retrouves seul

    Demain on compte les morts sans oublier les chiens

    On dansera tous ensemble le tango des cercueils

    Tu seras dans la tombe en bon républicain

     

     

    Temps partiel

    Je suis l’Indien décoloré, j’ai les neurones à ras de la crête

    Avec mon chien le fox-terrier, on pogotte sur toute la planète

    Mon rock n’roll c’est dans ta gueule, mon « no future » c’est dans ton cul

    Encore une Kro et je dégueule, je suis une star, je n’en peux plus

    Je suis le punk à temps partiel, on me surnomme le roi des cons

    Je pisse du haut de mon gratte-ciel et j’emmerde la population

     

    Je m’habille en cuir chez les gravos, j’ai la banane sur la chetron

    J’ai des Santiags, j’ai l’air craignos, j’aime bien passer pour un gros con

    Je rock n’rolle sur le trottoir, dans mon Lévi’s j’ai une grosse bite

    Je traîne avec deux trois loubards, les gens m’appellent « Johnny la frite »

    Je suis le rocker à temps partiel, on me surnomme le roi des cons

    Je pisse du haut de mon gratte-ciel et j’emmerde la population

     

    J’arrive tout droit de la Jamaïque, je reggaemane dans ma fumée

    J’ai le schilom atmosphérique, un peu casseur souvent cassé

    On me surnomme le Bob Mariole, j’aurais voulu être Bob Marley

    Dans ma cité aux Batignoles je fume le calumet de la paix

    Je suis le rasta à temps partiel on me surnomme le roi des cons

    Je pisse du haut de mon gratte-ciel et j’emmerde la population

     

    Je suis la star de la cité, on vend mes fringues dans les boutiques

    Pour moi ce qui compte c’est la monnaie, amène ta gueule, amène ton fric

    Quand je leur ai dit : « nique le système » avant de monter dans ma Jaguar

    Ils m’ont crié : « Joey on t’aime », je prends les chèques et les dollars

    Je suis le rapeur à temps partiel, on me surnomme le roi des cons

    Je pisse du haut de mon gratte-ciel et j’emmerde la population

     

    Dans mon quartier j’ai pas d’ami, j’habite boulevard des chats perchés

    Je voudrais crever au fond de ma nuit avec mes frères tous les paumés

    Je suis le chanteur schizophrénique, les soirs de pluie je balance mon rock

    Mais je ne suis pas radiophonique, j’habite les bars même les plus glauques

    Je suis le ringard à temps partiel, on me surnomme le roi des cons

    Je pisse du haut de mon gratte-ciel et j’emmerde la population 

     

     

    Le paradis est un enfer

    A l’ombre de ton HLM tu te piques le bras par désespoir

    Avant de crever tu gueules : « je t’aime » à cette jeune fille dans le miroir

    Tu n’as même pas d’identité, tu es tout juste un numéro

    Ta place n’es pas sur l’échiquier, tu es dans la marge, dans le caniveau

     

    Ecran plasma pour les tocards et les moutons sont bien gardés

    Masturbation dans ton placard, petite cervelle anesthésiée

    C’est tout ton corps en esclavage, c’est le travail qui te rend con

    C’est la souffrance que tu partages avec tes frères dans ta prison

     

    Ton hexagone est bien pourri, ton paradis est un enfer

    Où s’entassent tous les verts-de-gris, le bon Dieu, ses Saints et Lucifer

    Avec tes frères au clair de lune tu crèveras sur le pavé

    Tu retrouveras la fosse commune où tous les chiens sont enterrés

     

    Quand tu te shootes dans le noir tu n’as rien d’autre que ton chagrin

    Tu es bien seul sur le trottoir, où sont passés tous tes copains ?

    Jojo le flambeur et sa guitare, Jimmy le mec aux yeux si bleus

    Marlène la fille du premier soir et toi le Gavroche de la banlieue

     

    Tu n’as pas eu ton overdose le cœur broyé par ton destin

    Tu es toujours en sinistrose à soixante piges sur le chemin

    Il n’y a pas de nostalgie et ton histoire de rock n’roll

    C’est un voyage au bout de l’envie, c’est le tempo des années folles

     

     

    Le tango des fachos

    C’est le tango, le tango des fachos, un Dieudonné au club Egalité

    C’est le tango, le tango des fachos, un Serge Ayoub, le tout bien faisandé

    C’est le tango, le tango des nazis avec Marine son monde lepénisé

    C’est le tango, celui des abrutis, une troisième voie et des fils barbelés

     

    Tango des cons, viens boire un coup à la maison

    Y’aura du vin, une tranche de lard, du saucisson

    Tango fasciste avec ton pote le Jésus Christ

    Tango facho, une croix gammée sur le gâteau

     

    C’est le tango des petits fils d’Hitler le bras tendu vers un ciel vert-de-gris

    C’est le tango du Bloc Identitaire au pas de l’oie, nouvel ordre nazi

    C’est le tango, celui qui fait fürher, manif pour tous en bon fils de Pétain

    C’est le tango de monsieur Adolphe Pépère, casquette Ricard, Pastis et nains de jardin

     

    Tango fatal avec les amis de Soral

    Tango pourri avec Ayoub et ses nazis

    Tango Olé ! Avec le Jean-François Copé

    Tango SS avec Pépère qui serre les fesses 


  • Chat passe ou chat casse

    HANDICAPUNK

    J’ai sorti mon flingo qui sent la naphtaline

    Je tire sur les fachos sur la France bleu Marine

    J’ai r’trouvé mon surin, j’l’avais mis au placard

    Pour la guerre aux fascistes il n’est jamais trop tard

    Rock n’ roll dans ta gueule petit con de l’extrême

    Et une balle dans ton front, saloperie du F. Haine

    C’est le rock autopsie, c’est la mort des nazis

    C’est l’palais de l’ordure où vous cachez vos nuits

     

    J’avais perdu mon flingue, j’avais perdu l’envie

    J’ai r’trouvé ma dégaine et mon couteau aussi

    A mort les nazillons, à mort les bandes de cons

    Je vous offre une cartouche, c’est la seule solution

    Identitaires racistes, saloperie de fascistes

    On vous crache à la gueule, vous les négationnistes

    Les Soral à deux balles, Faurisson, Dieudonné

    Les fafs de carnaval, bons à guillotiner

     

    Ta France elle pue d’la gueule, question d’identité

    Ta France elle pue du cul, sans-papiers déportés

    J’voterai pas pour ton blaze, moi j’ai jamais voté

    Pour des cons pour des nazes, pour ta bande d’enfoirés

    Mes frères sont basanés et je te pisse au cul

    Toi le bourgeois aisé, le seigneur de la rue

    On est tous Africains, on est tous moins que rien

    On t’pendra par les couilles, petit fils de Pétain

     

     

    CELLULE BETON BARREAUX D’ACIER

    Souvenirs de la "souricière", cellule collective au tribunal de Toulon, mai 1987.

    Cellule béton barreaux d’acier, dans ta prison tu dors encore

    Au QHS les prisonniers jouent toutes les nuits avec la mort

    Les bruits d’couloir et les matons, la lune se noie dans l’caniveau

    Tous ces cauchemards dans ta chetron, les araignées dans ton cerveau

    Il n’y a plus qu’une blessure, une souffrance, la peur du noir

    Demain tu sors, c’est la cassure, tu poses tes chaînes pour un espoir

    Les bruits d’la ville au p’tit matin et ce soleil qui t’éblouit

    Derrière ta gueule, y’a ton chagrin, les gens pour toi sont des zombies

     

    Baiser perdu pour une gonzesse, amour volé pour un voyou

    Un peu d’bonheur, beaucoup d’tendresse, passion sans porte et sans verrou

    Porsche Carrera pour l’aventure, direction l’Sud en plein soleil

    C’est un pansement sur la blessure, la vie la mort, tout est pareil

     

    BOURGEOISIE FACHISANTE

    Bourgeoisie quartier chic, saloperie de rupin

    Tu étales ton fric, carnet de chèque à la main

    Tu te sapes chez Ducon, signature Galiano

    A la manif pour tous tu craches sur les homos

    Ta petite vie de merde sans amour et sans joie

    Heureusement ton Jésus est toujours sur sa croix

    Le dimanche à la messe, tu dégueules en latin

    Ton racisme et ta haine en bon fils de Pétain

     

    Mercedes à crédit et bobonne pour la vie

    Trois lardons dans ta cage, c’est ton p’tit paradis

    Villa au bord d’la mer, vacances de milliardaire

    Lèche le cul du banquier, tu as le sens des affaires

    Raciste le matin, xénophobe le soir

    Tu n’aimes pas les Arabes, les homos ni les Noirs 

    Tu dégueules ton fiel dans ta boite à la con

    Pour d’autres trous du cul de la même condition

     

    Dans ton univers clos, tu méprises le prolo

    Y'en a que pour ta gueule, tu veux tout le gâteau

    Squateurs et sans-papiers, c’est pas ta tasse de thé

    Tu n’as qu’une seule envie c’est d’nous voir dégager

    La bourgeoisie facho crache sur la misère

    Sur les gens en galère, les damnés de la terre

    Vous les fils de Pétain, vous les conservateurs

    Vos esclaves en ont marre du salaire de la peur

     

    JE VOUS CRACHE A LA GUEULE

    Je vous crache à la gueule, les faux punks à casquette

    Les junkies et les rats, fils de bourgeois honnêtes

    Les flics et les malfrats, je vous crache à la gueule

    Je vous crache à la gueule, les gourous, les maquereaux

    Les Gérard du samedi, les curés, les machos

    Les violeurs de nos nuits, je vous crache à la gueule

     

    Je vous crache à la gueule, les fonctionnarisés

    Les CRS idiots, les cons de l’Elysée

    Tous les cathos fachos, je vous crache à la gueule

    Je vous crache à la gueule, vous les lepénisés

    Les salauds, les racistes, les militaires zélés

    Toi le petit fachiste, je te crache à la gueule

     

    Je vous crache à la gueule, ministres déjà morts

    La vieille Bettencourt, le président des porcs

    Et toute la basse-cour, je vous crache à la gueule

    Je vous crache à la gueule, prédateurs et machistes

    Chasseurs endimanchés, adorateurs du Christ

    Pédophile en soutane, je te crache à la gueule

     

    Je vous crache à la gueule, vous les toréadors

    Votre habit de lumière, il pue la mise à mort

    Votre monde est pervers, je vous crache à la gueule

    Je vous crache à la gueule, saloperie du F.Haine

    Identitaires fascistes, les salauds, les racistes

    Tous les négationnistes, je vous crache à la gueule

     

    Je vous crache à la gueule vous les politiciens

    Ordures de la finances, ministres et assassins

    Fabricants de souffrances, je vous crache à la gueule

     

    HOMO SAPIENS

    Les gens me traitent de vieux PD et m’disent d’aller m’faire enculer

    Les mecs virils sont tristounets, avec mes potes on est tous gays

    Quand j’étais p’tit, haut comme trois pommes, j’gueulais bien fort pour être un homme

    Les fées se penchent sur mon berceau et m’disent : "ta gueule ! Tu seras homo"

     

    Déjà tout p’tits dans notre école, on nous r’jetait comme la vérole

    Comme aujourd’hui rien n’a changé, ils aiment bien casser du PD

    Au bal des nazes le samedi soir, bergers allemands, casquettes Ricard

    Galettes saucisses qui dégoulinent, touche pas la chatte à la voisine

     

    Musique de merde asceptisée au bal du foot et des pompiers

    Une bite à la place du cerveau, Jacky Moumoute est un macho

    Homo sapiens homosexuel, la vie c’est pas de la dentelle

    Les filles en rose, garçons en bleu, ça veut pas dire qu’on est heureux

     

    LE TEMPS DES ASSASSINS

    C’était le temps, le temps des assassins

    Avec les moines les flics et les rupins

    C’était le temps des années sarkozistes

    C’était le temps des coups et des sévices

    Des gens qui crèvent dans le fourgon des flics

    Des immigrés et leurs destins tragiques

    C’était le temps, le temps des faux semblants

    Des Dieudonné, des Sardou fachisants

    C’était le temps, le temps lepénisé

    Le bleu marine, question d’identité

    C’était le temps, le temps des expulsions

    Du racisme d’Etat et des compromissions

    C’était le temps des monstres endimanchés

    Des pédophiles et autres PDG

    C’était le temps, le temps des assassins

    Télévision, le miroir du destin

    C’était le temps où moi j’avais vingt fleurs

    Question d’amour, j’étais jamais à l’heure

    C’était le temps, le temps d’la solitude

    Toujours perdant, mais jamais d’habitude

     

    SARK’ HOLLANDE

    Dans ton pays François Hollande, rien n’a changé pour les bâtards

    Dans ton pays François Hollande, les SDF crèvent sur l’trottoir

    Les pauvres se font atomiser, sous le sourire des banquiers

    C’est dans ce monde lepénisé que demain il faudra crever

     

    Dans ton pays François Hollande, rien n’a changé dans nos cités

    Dans ton pays François Hollande, il fait pas bon être sans-papier

    C’est en prison qu’on va finir, avant d’crever avant d’mourir

    A l’Elysée c’est l’paradis, pour les connards et les nantis

     

    Dans ton pays François Hollande, rien n’a changé pour les chômeurs

    Dans ton pays François Hollande, tes flics imposent la terreur

    Sur une musique asceptisée, tu fais la fête à l’Elysée

    Pendant qu’on crève sur le pavé, tu bouffes avec les financiers

     

    Dans ton pays François Hollande, rien n’a changé dans tes prisons

    Dans ton pays François Hollande, on a choisi la pendaison

    Les électeurs sont des cocus, ils sont baisés une fois de plus

    Heureusement ils ont la télé, comme ça ils peuvent se masturber

     

    LES DEGLINGUES

    J’marche à la blanche, à la poudreuse, pour moi la vie r’ssemble à la mort

    J’existe dans la nébuleuse, de coeur à coeur en corps à corps

    Ma vie de con c’est l’quotidien, punk attitude, radio ghetto

    C’est l’rock anar des crève-la-faim, c’est le credo des alcoolos

     

    La ligne blanche des déglingués, le tout baigné de certitudes

    Une souffrance atomisée, une blessure, une habitude

    Votre cercueil est avancé, une petite trace, c’est la dernière

    Le grand voyage des mal aimés, rempli de rêves et de chimères

     

    Tu as l’bonjour des déglingos, la bande d’indiens du macadam

    Chacun pour soi, défend ton os, un coup d’surin et c’est le drame

    L’acte barbare est consommé, tu as raté l’dernier métro

    Celui des dingues et des paumés, y a pas d’pitié pour les clodos

     

    LES COEURS PURS

    Texte de Jean-Roger Caussimon.

    Jean Roger Caussimon est un acteur, auteur, compositeur et interprète français né en 1918. Il débute sa carrière comme comédien de théâtre puis commence à chanter et réciter des poèmes dans les cabarets parisiens dans les années 40. Ami et parolier pour Léo Ferré, on lui doit entre autres les chansons "Mr William" et "Comme à Ostende". Caussimon interprète de nombreux rôles au cinéma puis à la télévision dans les années 60. Parallèlement à son métier d’acteur, il se décide sur le tard à enregistrer ses chansons (à partir de 1970) et fera de nombreuses tournées jusqu’à sa mort en 1985. "Les coeurs purs" est une chanson enregistrée en 1970 et composée par Eric Robrecht.

     

    Ils ne sont pas encore amis des notaires et des notables

    Ils ne sont pas encore admis à dîner le soir à leur table

    Ils ne sont pas encore polis comme papa le fut toujours

    Ils ne sont pas encore salis par les combines au jour le jour

    Mais on leur dit que ça viendra

    Mais bien sûr ils ne le croient pas

    Les coeurs purs....les coeurs purs

     

    Ils ne sont pas encore rusés ni blasés d’être un peu bohême

    Ils ne sont pas encore usés par le métro des matins blêmes

    Ils ne sont pas encore conscrits bien qu’ils soient souvent engagés

    Ils ne sont pas encore inscrits ni au chômage ni aux congés

    Mais on leur dit que ça viendra

    Mais bien sûr ils ne le croient pas

    Les coeurs purs....les coeurs purs

     

    Ils ne sont pas encore lassés d’écouter chanter leur idole

    Ils ne sont pas encore blessés par le temps qui tant nous désole

    Ils chantent des chansons sur un banc, ils n’ont pas honte de la rue

    Il ne sont pas encore perdants, ils ne sont pas encore perdus

    Mais on leur dit que ça viendra

    Moi bien sûr je souhaite tout bas

    Que ça dure.... les coeurs purs

     

    PAS TRES LOIN DE LAGOS

    Je m’appelle Toni Moreno, je ne suis pas un cave....

    Les anges fatigués allument leurs Gitanes, brûlent un dernier baiser, embrassent de drôles de femmes. Sur des monstres d’acier aux chromes incandescents, c’est la paix du guerrier, c’est le temps des mutants. A travers mes Rayban, je sens venir la nuit comme des anges furtifs, sur des musiques bizarres. Au feu des braseros se chauffent les Chicanos. Les fusils se reposent jusqu’aux prochaines aurores.

    En attendant la guerre aux odeurs de charogne on astique les cuivres, on prépare les drapeaux. Encore une fois tes yeux dans ce bordel sordide. Encore une fois ma peau contre l’acier brûlant. Sur la jungle endormie s’installent des éclairs, je fume un dernier joint en attendant l’hiver. Le casque dans la gueule comme un chien policier, le cuir dans les dents et l’envie de gueuler.

    Le chapelet du F.M crépite au petit jour. Il véhicule la haine, il installe des soleils. Les cadavres pourrissent dans une boue épaisse, les ventres sont gonflés, le cureton dit sa messe. Dans le bordel une femme compte les revenants et se fait culbuter par un des mort-vivants. La tristesse sent l’opium au fond de mon trou noir je m’invente des rêves que je classe en mémoire.

    Sous les néons blafards d’une ville endormie il reste les bâtards, les enfants de la zone. Rescapés du massacre, oubliés de la guerre, affâmés comme des loups, ils arpentent la nuit. La musique est barbare, je soigne mon tempo. Dans un palace étrange, la nuit des généraux. Dans la moquette épaisse les pouliches de luxe glissent comme des couleuvres sur le ventre des chefs.

    Sous les volutes bleues j’ai le coeur qui se casse. Au tam tam des ombres je couche ma carcasse. A la bourse à New York, le dollar est en hausse. Pas très loin de Lagos on mutile les gosses. Les filles belles et lascives s’installent sur les balcons, leurs yeux noirs se promènent jusqu’au bout de l’horizon. Sur les ruines fumantes un môme joue à la guerre, il me regarde en face et me jette une pierre.

    Je m’appelais Toni Moreno...


  • Paroles de "Alerta antifachista" 

    La Déchirure. 1962

    En 1962 j'ai 16 ans, j'écris et je chante mes premières chansons. "La déchirure" est un texte sur la guerre d'Algérie. Je l'ai interprété à Lezoux (Puy de Dome) à l'occasion de la fête du village, le public l'a copieusement sifflé en geulant "Algérie Française" et à la fin du morceau certains ont entonné "La Marseillaise". Un peu plus tard trois individus me sont tombés dessus pour me corriger, des copains m'ont défendu et je m'en suis plustôt bien sorti. 41 ans plus tard je n'enlève pas une virgule à ce que j'ai écris à l'époque et comme beaucoup d'autres camarades, j'attends que la France reconnaisse le génocide des Algériens.

    En octobre 61 à Paris une manifestation des opposants à la guerre se termine par une repression policière sanglante, des dizaine de cadavres d'Algériens sont repêchés dans la Seine.Le préfet de police de l'époque s'appelait Maurice Papon. Cet ex-collaborateur sera jugé des années plus tard (en) pour sa responsabilité dans les raffles de Juifs Français pendant l'Occupation. Le 19 mars 1962 les accords d'Evian sont signés reconnaissant l'indépendance de l'Algérie après 8 ans de guerre coloniale.

     

    Certains Français en Algérie

    Se sont conduits comme des nazis

    C'est tout un peuple  sacrifié

    Un crime contre l'humanité

    A 17 ans je n'ai pas envie

    D'aller crever pour ton drapeau

    Aux temps pourris des colonies

    J' préfère ma vie dans le caniveau.

     

    Ce sont des hommes que l'on torture

    L'haleine fétide de la guerre

    Il restera cette blessure

    Une souffrance nécessaire.

    Des femmes violées, des enfants morts

    Au nom de la patrie Gaulliste

    Au nom d'un drapeau tricolore

    Acte barbare, acte fachiste

     

    La liberté que l'on enchaine

    Le monde arabe en esclavage

    Ton hexagone dégueule sa  haine

    Métro Charonne c'est le carnage

    J'irai mourir sur d'autres terres

    Car j'ai choisi de déserter

    Les Algériens sont tous mes frères

    Je vomis sur l'Etat français.

     

     

    Le cimetière des cons. 1974 

    Texte réactualisé plusieurs fois...chanté pendant des années...jusqu'en 2006...

    La fin de De Gaulle, la France est libéré du libérateur, l'inconscience reste collective et le pantin est remplacé par un autre guignol.

     

    J’ai vu les putes de Manhattan

    Enrubannées comme de vraies dames

    J’ai vu Castro à La Havane

    En train de gueuler : « Paix au Vietnam »

    J’ai vu De Gaulle à Colombey

    Et ses mémoires à l’imparfait

    J’ai vu des ricains un peu cons

    Se noyer dans la Baie des Cochons 

     

    Et moi je portais un blouson noir

    Dans mes santiags y’avait mes pieds 

    Mon blue jean était délavé 

     

    J’ai vu Zitrone aux enterrements 

    Et le croque-mort qui marchait devant

    J’ai vu le soldat qui est inconnu

    Et tous les autres qui sont cocus

    J’ai vu Le Pen en djellaba

    Se faire bouffer par de gros rats

    J’ai même un jour vu ma petite sœur

    Se faire tirer dans l’ascenseur

     

    J’ai vu une nuit dans mon ghetto

    Les flics qui voulaient me faire la peau

    J’ai vu le banquier s’autoriser

    A nous voler quelques billets

    J’ai vu l’amour battre la semelle

    Sur le trottoir de ces demoiselles

    J’ai vu le maquereau un peu craignos

    En train de leur dire : « tu l’as dans l’os » 

     

    Liberté à crédit. 1994. 

    Chara, Doucé, deux crimes au nom d'une police et d'une justice pourrie, "Liberté Egalité Fraternité" c'est une publicité mensongère qui use et abuse des gogos.

    Mohamed Chara est condamné à mort en 1980 pour un meurtre qu'il a toujours nié. Mis en cause par son "complice", il avoue après 20 heures de garde-à-vue et se rétracte le lendemain. Le jugement sera cassé pour vice de forme. Rejugé en 82, il est condamné à la prison à perpetuité ( la peine de mort ayant été abolie entre temps). Une demande de révision du procès sera déposée et rejetée en 91. Deux jours plus tard, Chara meurt d'un arrêt cardiaque dans sa cellule. Il avait 32 ans.

    Le 19 juillet 1990, le pasteur Doucé (connu pour son engagement auprès des minorités sexuelles) disparaît après que des policiers soient venus le chercher à son domicile. On retrouve son cadavre 3 mois plus tard en forêt de Fontainebleau. L'inspecteur des Renseignements Généraux chargé de l'affaire est soupçonné mais ne sera pas condamné.

     

    Ta bouche fermée comme un tombeau

    Sur les touches noires de ton piano

    Paris sur Seine, j’ai l’âme en peine

    Pigalle la blanche pleure le dimanche 

    Prison béton, prison ballon 

    Maison d’arrêt vite oubliée

    Le maton qui tape dans les couloirs

    La lune qui se cache, il est si tard 

    Prison de l’amour, prison de la mort

    Demain le jour, demain je sors

    Derrière les grilles y’a du soleil

    Y’a même une fille, je me fais la belle 

    Dehors, dedans on est tous mort

    Baumettes Marseille je t’aime encore

    Fleury la nuit, Nantes le jour

    Milieu pourri, cellule sur cour 

    Prison de l’amour, prison de la mort

    Demain le jour, demain je sors 

    Paname chagrin, matin blafard

    Une pute qu’on aime sur le boulevard 

    Un peu de sang sur le bitume

    Entre l’église et le bordel

    Luis Buñel tranche sous la lune

    Un œil malin, peut-être le tien 

    Adieu l’ami des mauvais jours

    Demain je sors, adieu la cour

    Cellule béton, barreaux d’acier

    Rêve de con dans la fumée 

    Chara est mort dans sa carrée

    Chara est mort et oublié

    Moi j’oublie pas qu’ils t’ont buté

    Adieu l’ami qu’on a crevé 

    Rêve de singe pour policiers

    Pasteur Doucé pour les RG

    Prisons de l’amour, prison de la mort

    Demain le jour, demain je sors 

     

     

     

    Bogota. 1991. 

    A Bogota comme ailleurs c'est l'Etat policier.

     

    Sur les trottoirs de Bogota

    Les flics en ont après les gosses

    Dans la banlieue de Bogota

    On tire à vue sur les gavroches

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

    Au petit matin la ville se lève

    Les mômes dévorés par les chiens

    Au petit matin dans une poubelle

    Tu crois reconnaître le tien

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

    Sur les trottoirs de Bogota

    Considérés comme des ordures

    Les enfants volent un peu de soleil

    Et ils l’enferment dans leur chaussure

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

    La petite Maria est amoureuse

    D’une voiture étincelante

    A l’intérieur de la Limousine

    Son rêve se brise sur la vitrine

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

     

     

    Les fils de Bakounine. 1999 

    Il nous reste le droit de crever en gueulant "Ni Dieu ni maître!"

     

    Même si vos flics nous trouent la peau

    On fera sauter vos ministères

    On s’arrachera de vos ghettos 

    Politicard tu sens la mort

    Tu pues le fric des corompus

    Pour nous il fait très froid dehors

    On se les gèle dans ta rue

     

    On est les fils de Bakounine

    On va flinguer vos rois serviles

    Nous les bâtards de la République

    On mettra le feu à vos palais

     

    On est tous blacks et sans-papiers

    Les SDF de vos royaumes

    Blancs, chicanos et basanés

    On mettra le feu à l’Hexagone

    Pendant que tu causes à l’Assemblée

    Y’a ta police qui assassine

    Un pote malien déshérité

    Qui ne voulait pas de tes combines

     

    Pendant que tu te baffres au ministère

    C’est la misère des mecs dehors

    La peau du pauvre ne vaut pas cher

    En attendant sa mise à mort

    On crèvera plus dans la misère

    Même si vos flics nous trouent la peau

    On fera sauter vos ministères

    On s’arrachera de vos ghettos

     

    On est les fils de Bakounine

    On va flinguer vos rois serviles

    Nous les bâtards de la République

    On mettra le feu à vos palais 

     

     

    Mr le Président. 1995 

    Les présidents se suivent, se ressemblent, s'assemblent. Petit portrait de la France des années 90...

      

    Tu n'es qu'un singe évolué

    Tu as dans l'coeur ta solitude

    Tu n'es qu'une bête abandonnée

    Tu n'existe que par habitude

    Alors dis-moi si tu t'ennuies

    Dans ton palais élyséen

    Avec nos sous tu fais ta vie

    Tu alimentes tes copains 

    Mr l'président, Mr l'président... 

     

    Tu n'es qu'un chat qui s'aprivoise

    Pour les souris qui vont voter

    Tu causes de guerre et tu nous toises

    Avant de nous faire fusiller

    Alors dis-moi c'est beau l'amour ?

    Même enrobé de caoutchouc 

    Ca rime avec topinambour 

    Toi, t'es le boss et tu t'en fous 

    Mr l'président, Mr l'président... 

     

    T'es l'président des allumés

    Des bidochons de France Dimanche

    Des trous du cul et de leur tiercé

    Des aoûtiens en transhumance

    Alors dis-moi c'est beau la vie ?

    Tu sais en bas ça sent pas bon

    On mange on boit notre RMI

    Pendant qu'tu prêches dans ton salon 

    Mr l'président, Mr l'président...

     

     

     

    Terroriste. 1997.

    En juin 96, l'église St Bernard (Paris 18ème) est occupée par des immigrés en situation irrégulière. En août ils seront expulsés violemment par 1500 CRS sans même attendre la fin de la procédure.Les "sans-papiers" sortent de l'ombre.

     

    Les charters de la gauche valent bien ceux de la droite

    Et tracent dans le ciel une blessure étroite

     

    Président bien au chaud, démocratie frileuse. 1999

    Pour Florence Rey c'est 20 ans, pour le sang contaminé c'est un avertissement. La Justice en France c'est deux poids et deux mesure. Monsieur le procureur doit accorder ses violon avec ceux de l'Elysée.

     

    Je ne veux pas de ton drapeau, je ne veux pas faire allégeance

    A tes principes idiots, ta morale, tes carences

    Je ne veux pas de ta République, ton armée et tes flics

    Je veux crever dans ma nuit, loin de l’ordre établi

    Dans tes prisons on tue, on viole et on torture

    Au son de la Marseillaise, au nom de ta culture

    Monsieur le président c’est vous "qu’on nomme grand"

    Monsieur le président vous avez du talent

     

    Florence a pris vingt ans, fauchée dans sa jeunesse

    Le canard est boiteux, il faut être mondain

    Un sang contaminé pour des peines de principe

    On crève du sida au nom de ta République

    Tes amis sont les rois d’une Afrique enchaînée

    Tu gifles la misère, tu détestes la fange

    Monsieur le président, c’est vous "qu’on nomme grand"

    Monsieur le président, vous avez du talent

     

    Tu te sers du fascisme comme d’un épouvantail

    A moins qu’un flirt poussé te conduise aux fiançailles

    Ta droite se lepénise ou se devilliérise

    Ta gauche ne vaut guère mieux, elle porte tes valises

    Les prisons du Maroc sont remplies d’innocents

    On te nomme là-bas « le bel indifférent »

    Monsieur le président, c’est vous "qu’on nomme grand"

    Monsieur le président, vous avez du talent

     

    L’an deux mille. 1999.

    Vous reprendrez bien une tasse de misère entre deux émissions de télé réalité, dans la mesure où il vous reste un peu de  temps de cerveau disponible....

     

    En l’an 2000 on peut flinguer

    Tous les connards qui nous font chier

    Les politiques, les policiers

    Tous ces guignols endimanchés

    En l’an 2000 on peut brûler

    Toutes les princesses sur un bûcher

    La presse people qui fait gerber

    Toutes les radios, toutes les télés

     

    En l’an 2000 dans les prisons

    On violera plus les jeunes colons

    Les mâtons ne seront plus des chiens

    On bouffera même à notre faim

    En l’an 2000 j’irai baiser

    Les policiers qui m’ont cogné

    C’est moi l’ancien desperado

    Un peu loubard, un peu gaucho

     

    Je passerai même à la télé

    Avec Johnny et Sabatier

    Jean-Pierre Fauxcul me parlera de fesses

    Je serai l’idole d’un tas de gonzesses

    Je m’abonnerai au Figaro

    Je transformerai ma libido

    J’applaudirai papa Kouchner

    Deux sacs de riz pour la misère

     

    En l’an 2000 on sera cocus

    Avec Jospin et Robert Hue

    A moins de se faire chiraculer

    Par un Pasqua, un De Villiers

    En l’an 2000, rayon ringard

    Y’aura un vieux soixante-huitard

    Le Cohn Bendit en chemise à fleurs

    Et la Voynet qui passera le beurre

     

    Y’aura de la beuh dans le pinard

    Et de la ganja dans ton Ricard

    Le pape fumera un gros tarpé

    En nous chantant « miserere »

    Giscard dansera sur un volcan

    Une bonne bourrée de Clermont-Ferrant

    Au Crazy Horse y’aura Madelin

    Qui nous gueulera :  « je sens que ça vient »

     

    L’héritage de la misère. 1999.

    Je ne suis pas atteint de glorieuses celtitudes

    La misère c’est pareil sous toutes les latitudes

    Les drapeaux sont pour moi comme du papier toilette

    C’est con de s’en servir, c’est mieux quand on les jette

    J’aime pas la Marseillaise pas plus que la Blanche Hermine

    Quand on parle de frontière j’ai le cœur qui se débine

    Musique militaire, hymne variétisé

    National de mon cul tu me fais dégueuler

     

    Je suis né quelque part, qu’importe la couleur

    Je crache sur les milices, je hais les dictateurs

    Je ne lis pas la presse des princesses vaginales

    Quand je télévisionne c’est par la voie anale

    Je ne chante pas la misère, la misère je l’étale

    Comme une reine vulgaire, comme un mauvais journal

    Je n’ai pas de racine, je n’ai pas d’héritage

    Je ne suis pas celtique, je suis né dans une cage

     

    Je chante pour bouffer comme d’autres font le trottoir

    Se faire sodomiser pour ce sacré dollar

    Je gueule la détresse sans aucune retenue

    Pour mes frères SDF, mes amis détenus

    Je ne suis pas poète ayant pignon sur rue

    Anarchiste peut-être, anarchiste perdu

    Je ne suis pas artiste comme beaucoup de nos stars

    Je suis seulement un chien, un vulgaire clébard

     

    Je suis le fils de personne mon petit nom c’est Paulo

    Etranger dans la ville on me traite de bâtard

    Un bâtard ça pue, ça se couche dans le caniveau

    En Bretagne, à Paris, à Marseille, dans les gares

    Ca n’a pas de patrie, c’est une fille publique

    Ca fabrique de l’amour, au diable la luxure

    La police cogne dessus au nom de la République

    Au matin on les jette dans la benne à ordure

     

    Ca n’a même pas de haine, ça bouffe de temps en temps

    Ils sortent de prison comme on sort d’un hôtel

    Ils oublient qu’ils sont seuls, qu’ils n’ont plus dix-sept ans

    Ils se jettent sous un train histoire de se faire la belle.

     

    Le démocrate à sa mémère. 2000.

    Je suis le maquereau de la République

    Moi mon bordel c’est le ministère

    Je fais du pognon, du flouze, du fric

    Je suis le démocrate à sa mémère

    Dans les couloirs de l’Assemblée

    Je tapine un peu, je prends des rencards

    Je graisse la patte aux députés

    Je tire à fond sur mon cigare

     

    Je me fous pas mal de l’électeur

    Il fait l’amour à sa télé

    Si il me joue en cas de malheur

    Je lui mets le pif dans son merdier

     

    Je tire à blanc sur Babylone

    Pendant que les cons jouent au loto

    La politique c’est mon opium

    Le citoyen ma tête de veau

    Je place ma tune chez les petits Suisses

    Il faut que je pense à ma vieillesse

    La République écarte les cuisses

    Et c’est moi qui passe à la caisse

     

    Quand les moutons iront voter

    Ce sera le jour de la transhumance

    Je serai élu comme le berger

    Comme un Jésus de l’alternance

     

    Les empêcheurs et les prêcheurs

    Les Montgolfier, Eva Joly

    Veulent m’interdire de faire mon beurre

    En cas de pépin y’a l’amnistie

    Pour nous les taules sont confortables

    On aime pas la promiscuité

    C’est aux frais du contribuable

    Il est bien le seul à se faire baiser

     

    Deuxième carrière au cinéma

    Je te ferai coucou à la télé

    T’es ma souris, je suis ton chat

    Viens faire la bise au ministré

     

    Erection spontanée. 2002.

    Bush s'en va-t- en guerre en direct à la télé...

     

    Erection spontanée sur drapeau étoilé

    Mister Georges éjacule au nom de la patrie

    Pour des noces barbares il harangue ses guerriers

    Les enfants vont crever au nom de la connerie

    Aux anars de service qui me foutent la gerbe

    A ces nationalistes qui flinguent pour exister

    Aux artistes à la mode, aux autres qui s’y croient

    A toi qui jospinises, à toi qui chiracules

     

    Aux trous du cul qui clament que c’était mieux avant

    A l’empaffé qui gueule : « c’est beaucoup mieux ailleurs »

    Aux fascisants connards à la langue hitlérienne

    Au racisme ringard qui hante les cervelles

    Je vomis ma tristesse et je leur pisse au cul

    Je vomis mon venin et je dis : "Mort aux cons"

    Je vomis mes entrailles et la justice avecJe vomis mes entrailles et la justice avec

     

    Aux tueurs de préfet, à tous les assassins

    Aux enculés mondains d’une France lepéniste

    Aux curés pédophiles et à leur mère l’Eglise

    Aux sectes de la mort, au crime légalisé

    A Monsieur le président qui crèche à l’Elysée

    Aux autres dictateurs et à tous les drapeaux

    A la Française des Bœufs, à ceux qui vont gratter

    Aux joueurs à tête de nœud et à tous les blaireaux

     

    A la télé poubelle des stars légumisées

    A toutes les religions, à tous les culs bénis

    A Monsieur le Premier ministre, aux voyous députés

    A tous les enfants de pute et les enfants de Marie

    Je vomis ma tristesse et je leur pisse au cul

    Je vomis mon venin et je dis : "Mort aux cons"

    Je vomis mes entrailles et la justice avecJe vomis mes entrailles et la justice avec

     

    Sarkoland. 2003.

    Le petit ministre de l'Intérieur deviendra grand si ses talonnettes le permettent.

     

    Dans les prisons chez les frenchies

    On tue, on viole et on torture

    Dans les prisons chez les frenchies

    T’es pas un homme, t’es une ordure

    On te fait croire à la morale

    Toujours plus loin, toujours plus con

    Tu vas crever dans ta centrale

    Entre les murs et les matons

     

    T’entends au loin la Marseillaise

    Pour un quelconque président

    Assis le cul entre deux chaises

    C’est la grand-messe du grand Satan

    Dans ton pays à Sarkoland

    Y a pas de pitié pour la misère

    Avec les flics et les amendes

    A coup de matraque et de revolver

     

    Toi tu préfères le drapeau noir

    Et les Poèmes Saturniens

    Pour mieux gerber ton désespoir

    Sur les fachos, les miliciens

    Sous les caméras de surveillance

    On encourage la délation

    On réécrit l’Histoire de France

    « Famille, Patrie, Ségrégation »

     

    Dans ton pays à Sarkoland

    Il fait pas bon être bronzé

    A moins bien sûr que tu te pendes

    Pour libérer la société

    Quand la télé réalité

    Lobotomise tous les connards

    La star se shoote au LSD

    Au milieu de tous ces ringards

     

    La dictature c’est contagieux

    Comme dans le passé, la liberté

    La France est un pays de gueux

    Et de ministres assermentés

    Tu peux prévenir tes CRS

    Toute la police et ton armée

    Je n’ai pas d’arme que ma tristesse

    Et une putain d’envie de gerber

     

    Mélancolie en surface. 2005.

    Après une énième "bavure" policière qui aboutit sur la mort de deux jeunes hommes à Villier Le Bel, les banlieues s'embrasent. Le ministre de l'Intérieur s'appelle Sarkozy et la vis sécuritaire se serre un peu plus. Pour la première fois depuis la guerre d'Algérie, l'état d'urgence est décreté.

     

    C’était la nuit des longs couteaux

    Frères de la rue identifiés

    Le cœur qui saigne dans le caniveau

    Sœurs du pavé répertoriées

    Au QHS on assassine

    Dans les prisons on compte les morts

    Antisocial c’est la déprime

    Dernière émeute au corps à corps

     

    Les ailes noires des rapaces

    Cité paumée en plein hiver

    Les policiers suivent à la trace

    Un homme perdu dans un cimetière

    C’était la nuit des longs couteaux

    Police, milice, armée, racaille

    Amour à mort chez les barjos

    Le fruit béni de nos entrailles

     

    C’est dans les yeux de mon frère black

    Qu’elle s’est cachée la sœur misère

    Avant de crever d’un coup de matraque

    Victime de la haine policière

    Il est foutu ton Hexagone

    Démocratie à l’agonie

    La République a l’air d’une conne

    Les politiques sont des pourris

     

    C’était la nuit des longs couteaux

    La Marseillaise dans la gueule

    Les bruits de bottes pour les fachos

    Au bout de la nuit tu te sens seul.

    C’est un Arabe qu’on assassine

    Au commissariat de la ville

    La mort est une mauvaise frangine

    Tueur ou flic ? C’est pas facile

     

    Les ailes noires des rapaces

    Cité paumée en plein hiver

    Les policiers suivent à la trace

    Un homme perdu dans un cimetière

     

    Sniper. 2005.

    La démocratie est une utopie, il reste un gouvernement qui ordonne et des flics qui exécutent. Quand au peuple il est prié de crever sans trop faire de vagues.

     

    La gueule dans mon micro

    Je vide mon chargeur

    Sur une bande de barjos

    Déguisé en sniper

    Les anges fatigués

    Allument leurs Gitanes

    Brûlent un dernier baiser

    Sur la bouche des femmes

     

    Les flics sont partout

    Le flingot à la main

    Les CRS matraquent

    A mort les citoyens

    La bave dégoulinante

    Et les crocs acérés

    La ville est nettoyée

    Par les chiens policiers

     

    Ce sera le dernier bal

    Avant les drapeaux noirs

    Le maquis, la cavale

    Et du sang sur le trottoir

    Dans les chiottes on crèvera

    Pas besoin de sépulture

    Et le con sur sa croix

    A mon Dieu quelle allure

     

    La tête dans le caniveau

    Le surin dans les pognes

    Trois bastos dans la peau

    Et tu gueules : « mort aux cognes ! »

    Un curé pédophile

    T’achève d’une prière

    Et d’un coup de talon

    T’expédie au cimetière

     

    A travers mon délire

    Je sens venir la nuit

    Il est temps de s’enfuir

    De l’Hexagone pourri

    Cité karchérisée

    Par Monsieur Mégalo

    Cauchemar alcoolisé

    La justice au poteau

     

    Pour ta légion d’honneur

    Tu peux te la mettre dans le fion

    Ca fait bien trop longtemps

    Que tu les prends pour des cons

    Ton drapeau c’est pareil

    Ainsi que ta Marseillaise

    Monsieur le président

    Le cul entre deux chaises

     

    Etat d’urgence. 2007.

    En mai 2007, Sarkozy est élu président de la République. La dérive fasciste est bien en marche. De 24 000 expulsions d'immigrés en situation irrégulière en 2007 on atteint 33 000 en 2011.

     

    Connais-tu l’Elysée ce palais de l’ordure ?

    Une poignée d’enfoirés nous mène la vie dure

    Et il crache comme je pleure sur nos frères immigrés

    Qu’importe la misère pour Sarkozy Ier.

     

    La charité chrétienne des ministres fascistes

    Moralité de chienne sur laquelle je pisse

    Dans tes prisons de la mort on flingue la misère

    Mentalité de porc, Sarko des pissotières

     

    Aujourd’hui la milice s’occupe des sans-papiers

    Demain c’est la police qui viendra te chercher

    Univers sarkozien, symphonie pour les cons

    Tu crèveras comme un chien au fond de ta prison

     

    Un nazi maréchal ci-devant Hortefeux

    La solution finale pour tous les miséreux

    Et il crache comme je pleure sur nos frères immigrés

    Qu’importe la misère pour Sarkozy Ier

     

    Envie de gerber. 2008.

    Mai 1968 : L'occasion était belle, on aurait pu leur mettre le nez dans la merde.

     

    Les CRS vont se rhabiller

    Les sans-papiers sont condamnés

    En France les cons sont verts de gris

    Les dirigeants sont des nazis

    La religion est cathodique

    Dans toutes les rues il y a des flics

    Les SDF crèvent à Paname

    Messe de minuit à Notre Dame

     

    Chirac s’est fait chiraculer

    Kouchner s’est fait sodomiser

    Par le facho élyséen

    La petite crotte, le nain de jardin

    On éjacule une Marseillaise

    On aime la France quand elle nous baise

    Masturbation sur télécon

    Le président a des morpions

     

    En 2012 c’est la partouze

    La droite, la gauche et les barbouzes

    Nous ferons le coup démocratique

    Viens, citoyen que je te nique

    A tous les flics qui puent de la gueule

    Aux politiques que je dégueule

    Au président des enculés

    Moi je lui chante : « miserere »

     

    J’ai vu Sarko à l’Elysée

    Ca m’a donné envie de gerber

    La mère Dati à la justice

    Les Droits de l’Homme ont une chaude-pisse

    Chez les Chinois on fait du sport

    En attendant la mise à mort

    Des délinquants de la politique

    Je dis : « vive les jeux olympiques » 


  • Paroles de"Punk à chat" 2012

     

    Alerta antifascista

    Certains se disent apolitiques ou se proclament identitaires

    Mais ce sont tous des fanatiques, des p’tits supôts d’Adolphe Hitler

    Ils veulent une France sans immigré, vont dénoncer les sans-papier

    Ils se branlent devant la télé tout en rêvant de croix gammées

    Alerta antifascista !

    Marine Le Pen et Dieudonné dégueulent pour une identité

    Pétain te v’là ressuscité par ces nazis par ces fumiers

    Et nous on vous crache à la gueule au nom de tous les humanistes

    Même si parfois on se sent seul, on piss’ra sur l’ordre fasciste

    Alerta antifascista !

    Ta France n’est plus qu’une poubelle où tous les rats se battent entre eux

    Il n’y a plus de vrai rebelle, seulement des cons et des footeux

    Au mois d’mai tu iras voter pour un connard un enfoiré

    Il te parlera d’humanité et une fois d’plus tu seras baisé

    Alerta antifascista !

    La droite, la gauche tu l’as dans l’cul, tu n’es qu’un pion, un p’tit mouton

    A cinquante ans tu n’en peux plus et tu crèv’ras comme un p’tit con

    Allons enfants de la patrie, un p’tit coup d’bite, d'allocations

    En bon Français tu t’reproduis, t’es qu’un brave type, t’es qu’un pauv’con

    Alerta antifascista !

    Les Rroms, les gitans sans-papier tu veux tous les carchériser

    Au nom de ton drapeau français, au nom de ton identité

    Les immigrés on les vengera et par les couilles on te pendra

    Tu nous f’ras plus marcher au pas, une potence pour ta gueule de rat

    Alerta antifascista !

    Les anarchistes ne sont pas morts, on te rejouera la commune

    Avec les gens qui couchent dehors et tous les pauvres qu’ont pas la thune

    Tu la bouff’ras ta Marseillaise quand sonnera la révolution

    Ta tronche comme celle de Louis XVI au bout d’un pic t’auras l’air con

    Alerta antifascista !

     

    Le pont des suicidés

    Ce soir de novembre on essayait de se motiver pour monter une nouvelle chanson et on avait du mal. On venait de nous apprendre la mort d’un ami, ex-gérant du célèbre Triskell bar à Brest. Pour une fois on s’était dit : "OK, on ira faire un tour à l’après-midi hommage", nous qui craignons et évitons les cérémonies en tout genre. Sauf que cette fois on l’a ratée sans le faire exprès. On s’est tout simplement trompé de jour. Et ce soir-là on a regardé un drôle de film. Comme décor : Brest. Une histoire de ratés magnifiques et suicidaires dans un registre tragi-comique alors le titre de la chanson s’est imposé de lui même, la mélodie aussi. A Brest il y a un pont parmi d’autres qu’on appelle “le pont des suicidés” en raison des individus qui l’ont choisi pour faire le dernier grand saut. Comme les riverains habitant en contre-bas en avaient marre de retrouver des macchabées dans leur jardin, la ville de Brest a fait rajouter des barrières à la rambarde du pont, ce qui lui donne une apparence originale. Les Brestois en mal de vivre iront se suicider ailleurs. Tout ça pour dire que Brest restera "la rouge" malgré ses murs gris, son tramway tout neuf et son centre ville "réhabilité".

    A la mémoire de Jean-Yves Larreur.

    Tu crêches rue des vendeurs de morts

    Avec les dingues et les paumés

    La nuit tu te suicides encore

    Histoire de mieux te consumer

    Un flic déguisé en guerrier

    Sur le bitume la lumière bleue

    Il est tout près de dégainer

    Sur un pauvre type un malheureux

     

    Tu rêves de l’impossible rêve

    De cet amour hors du commun

    Mais tu sais bien qu’au bout d’la grève

    L’espoir est mort il n’y a plus rien

    Alors planté comme un zombie

    Tu t’mets à compter les étoiles

    C’est l’heure du crime il est minuit

    La femme est morte sous un voile

     

    Le port de Brest sent la marée

    Sous une pluie fine sous le brouillard

    Tu t’es jeté sur le pavé

    Les flics t’ont vu il est trop tard

    Les bleus s’en vont tu restes là

    La gueule noyée dans tes envies

    Un mec te propose la rabla

    Tu ne veux pas d’son paradis

     

    Il pleut sur Brest et sur ta gueule

    Le port est peuplé de rats gris

    Cinq heure du mat’ tu te sens seul

    Ils ont quand même tué la nuit

    Ici rue des vendeurs de morts

    Tu es vivant ressuscité

    Sur ta paillasse tu niques la mort

    Une fois de plus tu l’as baisée.

     

    Le chien du punk à chien

    A Bazor le labrador du douanier, à Kimus le berger allemand du policier, à Balza l’épagneul du chasseur, à Bonnie le rottweiler du vigile, à Boulouche le chien de traîneau, à Nanar le bâtard cobaye du laboratoire, à Titine le Chow Chow de l’exposition canine, à Tropic le caniche du cirque, et à Tintin le chien du punk à chien.

    Je suis le chien du punk à chien

    A coups de rangers dans ma gueule

    Je suis le chien du punk à chien

    Et bien souvent je me sens seul

    Attaché au cul du camion

    En plein soleil sur le bitume

    Pendant qu’mon punk boit des canons

    Je compte les heures j’attends la lune

     

    C’est la chaleur qui est la plus forte

    J’commence à pleurer sur mon sort

    Je suis un chien une nature morte

    Mon boss me cogne toujours encore

    Mon punk écluse sa dernière bière

    Je suis foutu j’ai l’coeur qui lâche

    J’regarde mon sang qui coule par terre

    Pendant qu'mon maître gueule “mort aux vaches”

     

    Un chien est mort au festival

    C’était sûrement le prix du sang

    Un autre chien pour le carnaval

    Pour compléter le déguisement

    Je suis le chien du punk à chien

    A coup d’rangers dans ma gueule

    Je suis le chien du punk à chien

    Et bien souvent je me sens seul

     

    Persu in stu paese chi un era toiu (Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien)

    En 1980 le tribunal de Nantes me condamne à un an de prison. Je ne suis pas présent à l’audience, je suis en Corse. Dans le maquis je ne dépends plus de la justice des hommes. En mai 1981 je rentre en France à l’occasion de l’amnistie présidentielle. Je retrouve la scène et cette putain d’envie d’aimer...

    Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien

    Tu naviguais à vue sans espoir de retour

    Le flingo bien calé dans le creux de tes reins

    Tu avais peur de ton ombre des flics et des vautours

    Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien

     

    Tu chassais de ta tête cet impossible rêve

    C’est une paix retrouvée loin des blessures de guerre

    Dans cet endroit paumé très très loin de la grève

    Tu vivais dans l’espoir de ce bonheur précaire

    Perdu dans ce pays qui n’étais pas le tien

     

    Le juge en ton absence te balance un an ferme

    C’est la voix du baveux qui t’annonce la sentence

    Tu n’iras plus au chtar la justice est en berne

    En cavale comme un rat t’assumes ta transhumance

    Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien

     

    Pas très loin du soleil à deux pas de la nuit

    Dans ce monde oublié tu comptes tes erreurs

    T’as cogné sur ce cave qui en voulait à ta vie

    Mais tu cognes trop fort tu plantes l’agresseur

    Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien

     

    Le Lucky Luciano n’aura perdu qu’un oeil

    Quant à toi tu vas bien sauf les blessures du coeur

    Ton passé t’a plombé sans compter ta sale gueule

    Dans ce monde barbare tu domines tes peurs

    Perdu dans ce pays qui n’était pas le tien

     

    Les lumières de la ville

    (Souvenirs de Marseille 1977).

    J’en ai marre du béton de la haine, de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien je ne suis plus personne

    J’en ai marre de ta gueule ma frangine la misère

    De ce putain d’espoir perdu au fond d’un verre

    J’en ai marre du béton de la haine de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien je ne suis plus personne

     

    Je dégueule sur ma tronche des matins qui déchantent

    Je veux me sacrifier j’ai choisi la mort lente

    Je vomis tout le noir des cauchemars oubliés

    Je suis proche de la tombe c’est la fin d’un été

    J’en ai marre du béton de la haine de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien, je ne suis plus personne

     

    C’est un corps mutilé qui traine au QHS

    C’est un amour perdu dans les yeux d’une gonzesse

    C’est une histoire ancienne un passé que tu traînes

    Rue des amours sans joie toujours les mêmes chaînes

    J’en ai marre du béton de la haine de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien je ne suis plus personne

     

    Une frangine abîmée qui te blesse la gueule

    Tu couches sur le pavé bien étrange linceul

    Sans espoir de retour les allumés de la nuit

    Dans les rue de Marseille c’est ta chienne de vie

    J’en ai marre du béton de la haine de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien je ne suis plus personne

     

    Dans ce bordel ambiant mon ombre s’évapore

    Je mélange mes larmes un dernier corps à corps

    Comme un loup affamé je leur montre mes crocs

    L’acier de mon flingo accroché dans le dos

    J’en ai marre du béton de la haine de la zone

    Je ne suis plus qu’un chien je ne suis plus personne

     

    Fils de personne

    Fils d’alcoolo fils de péquin je suis l’batârd d’un bon à rien

    Mes amis m’appellent le ringard Monsieur le prince des grands boulevards

    Les p’tits fachos me crachent dessus quand je suis seul au coin d’la rue

    Monsieur l’curé me fait un sermon quand je lui mets un doigt dans le fion

     

    Je suis le prince de la cité j’habite la rue des mal-aimés

    Je suis le prince des caniveaux mon nom d’guerrier : J-C l’crado

    Quand j’étais p’tit j’étais loubard première connerie et c’est le chtar

    Maintenant j’suis grand j’ai l’air d’un con derrière ma gueule y a la zonzon

     

    Fils d’inconnu, fils de ma mère ma vie à moi c’est la galère

    Les p’tits bourgeois ne comprennent pas quand j’dégueule sur leur face de rat

    Ma mère s’appelait la misère quand elle est morte un soir d’hiver

    On m’a retrouvé dans une poubelle c’est mon histoire elle est cruelle

     

    J’habite rue des vendeurs de morts là ou les gens dorment dehors

    J’me dis que j’vais mourir demain au fond d’mes tripes y a du chagrin

    La vie me marche sur la gueule au fond d’la nuit quand je suis seul

    Au p’tit matin dans le brouillard j’ai cru entendre du Mozart

     

    Chanteur de rue

    J’étais pas beau elle était moche j’m’appelais Marcel et elle Nicole

    On avait des tronches de gavroches on s’est connu dans la rigole

    Seize piges pour un cambriolage on a piqué l’argent des cons

    On s’est barré sur un nuage Sur les deux ailes de Cupidon

     

    J’étais trop con et elle trop conne pour être riche pour être rupin

    On a préféré la déconne on a préféré les copains

    On est retourné dans la rue avec nos sacs avec nos chiens

    Nicole m’a dit qu’elle m’aimait plus elle s’est maquée avec Lucien

     

    J’ai retrouvé ma solitude mais j’étais toujours aussi con

    L’amour c’est comme les habitudes on marche on court on tourne en rond

    Alors j’ai chanté dans la rue la poésie du macadam

    Pour les passants pour les cocus pour les jeunes filles et pour les dames

     

    J’ai troqué ma pince monseigneur contre une clef de sol et une guitare

    Les gens m’ont pris pour un des leurs je suis devenu le prince ringard

    Depuis j’promène mes idées noires je chante l’amour, je chante la mort

    Ma gueule d’enflure sur le trottoir et une fille dans chaque port

     

    Le mâle dominant

    Histoire vraie.

    Il est con le mâle dominant il réfléchit avec ses couilles

    Il est sportif de temps en temps et sa gonzesse en a la trouille

    Il est con le mâle dominant c’est lui l’plus fort c’est lui l’plus beau

    Casquette Ricard, berger allemand il cogne sa femme et ses marmots

     

    Ce sont des cons les dominants surtout quand ils sont dominés

    Ils sont dangereux ils sont méchants il faudrait p't'être les faire piquer

     

    Il est con le mâle dominant il vote Le Pen cet enfoiré

    C’est un raciste un fachisant il veut flinguer les immigrés

    Il est con le mal dominant surtout quand il est dominé

    Il est dangereux il est méchant faudrait peut-être le faire castrer ?

     

    Il est con la mâle dominant faudrait pas l’prendre pour un PD

    Rien dans la tronche évidemment un jour sa femme elle l’a buté

    Il était con l’mâle dominant un coup de fusil dans sa sale gueule

    Sa femme elle a tiré sept ans l’prix à payer quand on est seule

     

    Il est mort le mâle dominant sa femme elle est sortie du chtar

    Une femme battue évidemment mais nous maintenant on est pénard

    Ce sont des cons les dominants surtout quand ils sont dominés

    Ils sont dangereux ils sont méchants faudrait peut-être les faire castrer ?

     

    In vino veritas

    Hé ! pochtron descend ta bière avant qu’elle ne te descende

    Hé ! pochtron encore un verre un dernier pour que tu bandes

    Toi tu es un punk à chien moi je suis un punk à chat

    On est tous pauvres terriens un p’tit tour et puis s’en va

     

    Hé ! pochtron encore une bière un p’tit whisky pour la route

    Je te jure c’est la dernière sur la tête de ma biroute

    On est tous des têtes de noeud certains sont des têtes de con

    Ca va mieux quand on est deux on peut se boire des canons

     

    Hé ! pochtron encore une bière plus un trip pour les neuronnes

    On est tous entre deux verres c’est parfait pour la déconne

    Alcoolo par vocation imbibé dès le matin

    Défonçé par conviction je suis punk c’est mon destin

     

    Hé ! pochtron encore un verre ça peut pas te faire de mal

    Je te jure c’est la dernière la prochaine sera fatale

    On est tous des alcooliques nous ce qu’on aime c’est la bibine

    Amoureux de la barrique on tire tous sur la tétine

     

    Hé ! Pochtron encore un verre un p’tit dernier pour la route

    Hé ! pochtron c’est la galère y'a plus de bière c’est la déroute

    On va chier dans notre vomis les gonzesses elles adorent ça

    Avec nous c’est l’paradis à la tienne c’est d’la vodka

     

    J’aime pas les cons (Chanson conne)

    J’aime pas les cons en uniforme en bleu marine en vert de gris

    J’aime pas les cons qui se la pètent en Jaguar ou en mobylette

    J’aime pas les cons d’la République avec leur bite en forme de trique

    J’aime pas les cons chasse tradition avec leurs couilles dans l’carafon

     

    J’aime pas les cons philosophiques en BHL soporifique

    J’aime pas les cons du PSG en mode nazi au crâne rasé

    J’aime pas les cons les gros blaireaux au tour de France des p’tits vélos

    J’aime pas les cons Paris Dakar autos motos et gros camtars

     

    J’aime pas les cons "Française des Boeufs" grattage débile et tête de noeud

    J’aime pas les cons endimanchés dans leur BM bien astiquée

    J’aime pas les cons Front National les verts de gris en général

    J’aime pas les cons les gros machos leur bite à la place du cerveau

    J’aime pas les cons !

     

    J’aime pas les punks (Chanson punk)

    J’aime pas les punks "fashion victims" sortis tout droit des magazines

    Les révoltés du samedi soir qui se lâchent un peu surtout pour boire

    J’aime pas les punks de l’Oréal sortis tout droit du carnaval

    Pogo bourrin pogo macho et pan dans la gueule à Margot

     

    J’aime pas les punks tendance facho qui s’font passer pour des apos

    En crachant sur les femmes voilées pour une question d’identité

    J’aime pas les punks qui cognent leur chien à coup d’rangers dans le bas des reins

    Ils suivent la mode la transhumance ils se déguisent ils sont tendances

     

    J’aime pas les punks lécheurs de cul dans l’genre Satan et p’tit Jésus

    Pour une télé la fellation pour un peu de coke c’est “mort aux cons”

    J’aime pas les punks vendeurs de mort un peu de chnouffe des couilles en or

    Il est des nôtres c’est un camé c’est “no future” il va crever

    J’aime pas les punks !

     

    Les larmes plein la gueule

    Au milieu de nulle part les dingues et les paumés

    Arpentent les trottoirs des cités oubliées

    A Brest comme ailleurs ils trafiquent leur ennui

    Un salaire de la peur comme unique profit

    C’est dans l’incertitude des matins qui déchantent

    Qu’ils ont pris l’habitude de choisir la mort lente

    "Patron ! Encore un verre, j’te jure c’est le dernier

    Avant la mise en bière demain je vais crever"

    Nous sommes les désaxés d’un monde à l’agonie

    Les dingues et les paumés de la ville endormie

    Politicards verreux et fonctionnarisés

    Sur nous les malheureux il vous plait de cracher

    Les larmes plein la gueule et la fleur au fusil

    La valse des cercueils étrange litanie

    Les roses sont fanées il n’y a plus d’espoir

    Les dingues et les paumés toujours vêtus de noir


  • Paroles de "Satanique conversion"

    Rock’n roll suicide

     

    J’veux pas crever dans un mouroir j’préfère qu’on m’flingue sur le trottoir

    j’veux pas voter dans l’isoloir j’préfère pisser dans l’urinoir

    Rock’n roll suicide Rock’n roll suicide

     

    J’veux pas crever pour ton drapeau j’préfère ma vie dans l’caniveau

    J’suis qu’un loser, un vrai prolo je n’ai qu’ma bite et mon couteau

    Rock’n roll suicide Rock’n roll suicide

     

    J’veux bien crever dans ta prison j’veux bien mourir par pendaison

    Jj’veux bien cracher sur les matons et oublier ce monde de cons

    Rock’n roll suicide Rock’n roll suicide

     

    J’veux bien crever pour l’amour fou ne plus me battre avec les loups

    J’veux bien crever joue contre joue et ne plus vivre dans la boue

    Rock’n roll suicide Rock’n roll suicide

     

    J’veux pas crever pour Télécom prêcher ta merde à la Sorbonne

    On aime la vie quand elle est bonne ta Marseillaise a l’air d’une conne

    Rock’n roll suicide Rock’n roll suicide

     

    J’veux pas crever pour la nation pour toi et toute ta bande de cons

    J’veux pas crever pour ton pognon pour ce salaud d’Eric Besson

    Rock’n roll suicide Rock’n roll suicide

     

    J’veux bien crever pour l’sans-papier pour tous nos frères les immigrés

    Au nom de la fraternité j’dégueule sur ton identité

    Rock’n roll suicide Rock’n roll suicide

     

    J’veux bien crever en Palestine avec mes frères qu’on assassine

    Un monde pourri par le fascisme ils ont flingué Isaac Rabin

    Rock’n roll suicide Rock’n roll suicide

     

     

    Gerbe hexagonale

    Il gratte à la Française des boeufs se masturbe devant télécon

    C’est un sportif à la grosse queue trois gosses pour les allocations

    Il vote Le Pen ou bien Sarko il crache sur tout ce qui est bronzé

    C’est une grosse burne un vrai facho un supporter du PSG

     

    Etre né sous l’signe de l’hexagone c’est bien la honte en vérité

    Et le roi des cons sur son trône sa politique nous fait gerber

     

    Apprentissage aux scouts de France il sort de là c’est un cador

    Un coup la bible un coup Mein kampf Monsieur se fait des couilles en or

    Esclavagiste aux Télécom il compte les morts sur son calepin

    Madame sa femme a l’air d’une conne elle chante Sardou tous les matins

     

    Crever sous l’signe de l’hexagone c’est pas une gloire en vérité

    La République a l’air d’une conne quand elle expulse les sans-papiers

     

    Pour lui les femmes sont inférieures tout juste bonnes à faire des gosses

    Monsieur se prend pour un seigneur c’est un gros con, c’est un craignos

    A l’Elysée on vide les chiottes c’est Von Besson qu’a dégueulé

    Le p’tit Sarko s’prend pour Polpot il veut une France karcherisée

     

    S’branler sous l’signe de l’hexagone la nationale identité

    Sarkoléon sur son trône une Marseillaise pour les paumés

     

    Ils se r’produisent au mois de janvier en attendant la transhumance

    La coupe du monde à la télé et la belle-mère pour les vacances

    Ils sont racistes juste c’qu’il faut ils sont de gauche les jours fériés

    Altermondialistes, écolos putain ils doivent vraiment s’faire chier

     

    Voter sous l’signe de l’hexagone pour les guignols de la télé

    Quand l’roi des cons perdra son trône j’suis prêt à payer ma tournée

     

     

    Tête de noeud

     

    Tête de con d’vant sa télé, tête d’andouille en train d’gratter

    Tête de bite en train d’voter pour le roi des enculés

    Les fachistes à l’Elysée, ça me donne envie d’gerber

    Sarkozy et Sarkofolle, tu n’aimes pas mon rock’n roll

     

    Y’en a plus pour très longtemps, nique ta mère, nique ta maman

    Ta casquette est à l’envers et ta bite est de travers

    Joey Starr l’invertébré, c’est l’bouffon de la télé

    Gare à ton cul, gare au jaguar, R’n B et gros connards

     

    Trempe ton cul dans du goudron, ajoute des plumes, t’auras l’air con

    Fais-toi sucer par les grenouilles et n’oublie pas ta paire de couilles

    Vade retro petit Sarko, arrête de jouer les narvalos

    Ta p’tite branlette est narcissique, tu dégueules sur la République

     

    Ma gonzesse est un trav’lo, je trouve ça plus rigolo

    Que Satan me botte le cul si je branle le p’tit Jésus

    Comme le dit Laurent Fabius : Enlève ton doigt de mon anus

    Comme le dit Christine Boutin : J’ai du Jésus dans mon machin

     

    Ta souris est déglinguée, lacets blancs et croix gammées

    Les fachos et l’cassoulet ça me donne envie de péter

    Moi j’préfère mon pote Manu, celui qui vit dans la rue

    Moi j’préfère Marie-Thérèse, celle qui rit quand on l’embrasse

     

    Le bal des suicidés

    Dans tes prisons ça pue la mort justice de merde pour les paumés

    Dans tes prisons on dort encore en attendant d’être crucifié

    Dans tes prisons d’la République on tue, on viole et on torture

    En attendant l’instant critique la pendaison pour les ordures

     

    C’est ta justice qui m’fait gerber quand tu entasses la viande humaine

    Une cellule de 9m2 Pour les taulards que l’on enchaîne

    Il est pourri ton hexagone les politiques sont des ordures

    A la télé tu en fais des tonnes pour tes bobos, pour ta culture

     

    Et moi je vous crache à la gueule au nom de mes frères prisonniers

    Votre Elysée je le dégueule je pisse sur vos maisons d’arrêt

    Les droits de l’homme sont obsolètes dans cette France de nazillons

    On tire à vue sur nos squelettes c’est la patrie du roi des cons

     

    Et moi je te crache à la gueule à toi, à tous tes ministrés

    Et ta justice je la dégueule en attendant la liberté

    Avec mes frères tous les paumés on mettra l’feu à la nation

    Ce s’ra le bal des suicidés pour ceux qui s’pendent dans tes prisons

     

    Et nous on te crache à la gueule au nom des cons qui vont crever

    Ta Marseillaise on la dégueule au nom de la fraternité

    Va t’faire sucer par les banquiers en attendant tes potes fascistes

    T’es qu’une ordure, un enfoiré un sac à merde, un sarkoziste

     

    Un mec ordinaire

    Tu es un mec bien ordinaire moitié clodo, moitié gangster

    Tu couches tes rêves sur le comptoir tu bois, tu racontes ton histoire

    Tu es un mec bien ordinaire moitié cow-boy moitié bèrbère

    Tu craches ton spleen, tes idées noires une trace de coke sur ton cafard

    Quand les condés t’ont alpagué t’étais à poil sur le pavé

    Tu leur as vomi à la gueule en leur criant que tu étais seul

    Tu joues perdant dans tous les coups la guillotine pour un voyou

    Mais les flics se sont fatigués pour eux c’est l’repos du guerrier

    Ta dose devient une overdose ta vraie copine c’est sinistrose

    Tous tes amours sont vérolées tous tes copains sont des camés

    Arrête de chanter la coca sans elle tu es fait comme un rat

    Avant la scène il faut ta trace putain de blanche, putain d’sa race

     

    Social-comédie

    Antisocial, t’as perdu ton sang-froid

    Tous des moutons, les gens sont des pisse-froid

    Antisocial tu me fais rigoler

    Aux élections tu t’es bien fait niquer

    Antisocial les baisés comptez-vous

    Les politiques ce sont tous des voyous

    Antisocial ils t’ont guillotiné

    Royaume facho et ses chiens policiers

    Antisocial des années sarkozistes

    Antisocial des années de sévices

    Antisocial la milice à Besson

    Frère sans-papier, c’est la déportation

    Antisocial t’as perdu ton sang-froid

    Tu t’es vendu pour un écran plasma

    Antisocial la télé pour les cons

    Le président et sa masturbation

    Antisocial les Français sont des veaux

    Tous des cocus, génération bobo

    Antisocial l’Elysée de l’ordure

    Un enfoiré te parle d’ouverture

    Antisocial dans tes prisons d’la mort

    Justice de merde on se suicide encore

    Antisocial les flics, les CRS

    A coup d’matraque sur les pauvres en détresse

     

    Sortez vos flingues

    Allons enfants d’la République le jour des cons est arrivé

    A l’Elysée c’est satanique pour la Besson identité

    Sarko dégueule en bleu blanc rouge sur tout c’qui est fraternité

    Les flics ils tirent sur tout c’qui bouge de préférence sur l’immigré

    La France redevient pétainiste comme "au bon temps des colonies"

    Le bon Français est un raciste mais la nuit tous les chats sont gris

      

    Allons enfants d’la République sur l’ultra droite et ses salauds

    Sortez vos flingues, sortez vos triques crachons sur la gueule des fachos

     

    Delit d’faciès pour les Afghans les sans-papiers sont condamnés

    Enchaînés comme des chiens errant de désespoir ils vont crever

    Démocratie des trous de cul les fascisants sont au balcon

    A la télé on lèche les culs c’est la patrie du roi des cons

    Allons enfants des bas quartiers pour vous la vie c’est la misère

    Pour les flics vous êtes des gibiers vous vot’patrie c’est la galère

    Pendant qu’ils se bâfrent au Fouquet’s tu traînes ton corp bien abîmé

    Tous ces connards qui font la fête pendant qu’tu crèves sur le pavé

     

    Satanique conversion

    A la mémoire d’Alex

    Ce soir on s’aime jusqu’à la mort sur nos passions décomposées

    Ce soir on s’aime en corps à corps au son des rythmes syncopés

    Ce soir on s’aime jusqu’à la mort au son des guitares sataniques

    Ce soir je suis ton Vince Taylor au son des rythmes électriques

     

    Ce soir on s’aime jusqu’à la mort à poil rue des amours flinguées

    On crache la haine et puis on sort pour se finir sur le pavé

    Ce soir on s’aime jusqu’à la mort on rock’n rolle sur nos vingt ans

    Ce soir tu t’fais des couilles en or tu baises encore avec Satan

     

    Ce soir on s’aime jusqu’à la mort pendant qu’les cons jouent au loto

    On éjacule dans tous les ports on pisse sur la gueule des fachos

    Ce soir on s’aime jusqu’à la mort comme les soldats qui vont crever

    Ce soir on flingue tous nos remords y’a pas d’soleil sans l’amitié

     

    Chien errant

    Paroles et musique : Les Clébards

    Je passe mon temps à compter les instants

    Pas de travail, pas de thune, plus de meuf

    Ma vie s'enlise, mon métier c'est paumé

    Je n'suis qu'un chien errant

    De rue en rue je parcourre les fourrières

    Pour tuer l'ennui je n'ai plus que la bière

    Tout me tombe sur la tronche, j'collectionne les emmerdes

    Je n'suis qu'un chien errant

     

    Qand est-ce vraiment que tout a commencé ?

    Peut-être le jour où ma gonzesse s'est tirée

    Quand mes parents sont morts, quand Sarko est passé ?

    Je n'suis qu'un chien errant

    J'ai maté l'troupeau pour voir où vont ces veaux

    Tous ensemble et dans la même direction

    Rien de passionant, finalement ça m'fait rien

    D'être qu'un chien errant

     

    La gueule dans le rétro

    Les chiens m’attendent sur le trottoir vieux punk déguisé, dérisoire

    Parfait pour le dernier mélo j’ai peur d’ma gueule dans le rétro

    Y’a du soleil chez les paumés d’la fantaisie chez les camés

    J’retourne au tarpé, à la bière même si j’n’ai plus de partenaire

     

    Une bonne branlette me suffira tout ça bien loin d’Al Qaïda

    Je n’ai qu’ma voix de faux crooner pour partouzer tout l’univers

    J’irai graver mes initiales sur la belle pierre dominicale

    Le monument dédié aux morts silence car le soldat s’endort

     

    Quand je s’rai grand je chanterai propre je s’rai l’plus beau, je s’rai au top

    J’pisserai dans tous les bénitiers je dégueul’rai ma variété

    Ce s’ra la fête chez les babos j’l’aurai dans l’cul, j’l’aurai dans l’os

    Maquillé comme une vieille catin j’vendrai mon corps au sacristain


  • Paroles de "Liberté Egalité mon cul"

    J’habite chez les gravos. 2007.

    J’habite chez les gravos rue des amours crevés

    Dans un quartier craignos, cité des mal-aimés

    Je crache sur la morale, sur les maisons d’arrêt

    Sur les prisons centrales, les fonctionnarisés

    J’habite chez les gravos

     

    C’est l’heure de « télécon », je vomis mon opium

    Sur les murs de béton au milieu de la zone

    Regard mélancolique dans les yeux de mon chien

    Quand dégueule la nuit, le couteau dans la main

    J’habite chez les gravos

     

    Toujours les mêmes cafards, toujours les mêmes chaînes

    Encore un peu de pinard, c’est pour vomir la haine

    Dans les vapeurs d’alcool je trafique ma névrose

    Mes tripes ont la vérole, je frôle une overdose

    J’habite chez les gravos

     

    Le monde est animal, des blacks, des chicanos

    Des flics et des chacals se flinguent pour un os

    Tu cherches ta vérité mais tu ne trouves rien

    Musique aseptisée avec Jésus Machin

    J’habite chez les gravos

     

    Les oiseaux de nuit. Septembre 2008.

     

    Ils se cachent dans l’imaginaire ils sont féroces et solitaires

    Ils ne supportent pas le jour la mort est une issue de secours

    A l’aube des matins sans espoir ils dégueulent dans un grand trou noir

    Ils vont vomir leur vague à l’âme et se raccrochent à Mrs Came

     

    Un univers alcoolisé pour les indiens, pour les paumés

    La mort est leur Eldorado mais c’est elle que tu cherches gringo

    Le son saturé de la guitare te tranche les veines à coup de rasoir

    La nuit tu fais hurler tes chiens l’amour se casse au petit matin

     

    Pour la sono c’est tout à fond punk attitude et les bas-fonds

    Tu joues dans l’ombre des Apaches et tu leur craches les mots qui tachent

    La démesure et la folie pour un soleil au bout de la nuit

    Les anges aux ailes déchirées se font une trace pour oublier

     

    L’allumé du cigare. 2002.

    Mets du pétrole dans ta guitare de l’essence dans ton rock n’ roll

    C’est ton poto le Prince Ringard qui se la joue avec les folles

    Le vieil allumé du cigare dans son bordel américain

    Avec les vierges et les vicelards tous ceux qui flinguent les destins

     

    Le politique met ses promesses dans les poubelles de ton histoire

    Il sodomise tes princesses sous le portrait du père fouettard

    Mets du pétrole dans ta guitare de la ganja dans ton Whisky

    Mets une gonzesse dans ton plumard et rejoue-nous du Stravinsky

     

    Du stalinien d’Aubervilliers au grand gaulliste apparatchik

    Ca joue les curés défroqués les socialistes ésotériques

    Un grand dîner chez le père Fauchon avec le gratin anarchiste

    Ils vous prenaient tous pour des cons des moins que rien, des utopistes

     

    Sur tes voyages au bout de l’envie tu saignes un peu le temps qui passe

    Avec une fille qui se languit et tes amours qui laissent des traces

    Ce rock n’ roll est comédie sur ta musique y'aura de la casse

    Mets des bastos dans ton ennui pour les chacals et les rapaces

     

    Les salauds de ma race. 2008.

    Le coupé Mercedes se glissait vers Paname

    Un flic costard cravate me suivait à la trace

    Sur le siège passager le cul d’une jeune femme

    Les condés s’intéressent aux salauds de ma race

    Contrôle d’identité sur l’autoroute A6

     

    Les deux mains sur le capot, les deux jambes écartées

    J’ai rien à dégueuler, j’ai rien à déclarer

    Ma passagère s’emmerde, elle montre ses papiers

    Les poulets se grattent le nœud, ils se sont fait baiser

    Contrôle d’identité sur l’autoroute A6

     

    Je m’éloigne à coup sûr vers d’autres aventures

    Je suis un nouveau riche dans le marché du vice

    J’ai doublé les casseurs provoquant la cassure

    Je me retire du ventre de mon amour complice

    Contrôle d’identité sur l’autoroute A6

     

    La télé pour les cons, ça sent la carambouille

    De plus en plus cynique, de plus en plus glacé

    Les politiques s’enculent et je m’en bats les couilles

    Je suis un ange du ciel aux ailes atrophiées

    Contrôle d’identité sur l’autoroute A6

     

    Ultime convocation chez un juge alcoolo

    Il me confie ses doutes en tétant son whisky

    Il est certain que ma gueule possède le magot

    Il n’a rien contre moi, je retrouve ma nuit

    Contrôle d’identité sur l’autoroute A6

     

    La radio me dégueule une musique des Clash

    Un concert permanent, liberté en leasing

    Une pute aux yeux de braise me demande du cash

    Nous mélangeons nos corps tout au fond d’un parking

    Contrôle d’identité sur l’autoroute A6

     

    Envie de gerber. 2008.

    Les CRS vont se rhabiller les sans-papiers sont condamnés

    En France les cons sont verts de gris les dirigeants sont des nazis

    La religion est cathodique dans toutes les rues il y a des flics

    Les SDF crèvent à Paname messe de minuit à Notre Dame

     

    Chirac s’est fait chiraculer Kouchner s’est fait sodomiser

    Par le facho élyséen la petite crotte, le nain de jardin

    On éjacule une Marseillaise on aime la France quand elle nous baise

    Masturbation sur télécon le président a des morpions

     

    En 2012 c’est la partouze la droite, la gauche et les barbouzes

    Nous ferons le coup démocratique "Viens, citoyen que je te nique"

    A tous les flics qui puent de la gueule aux politiques que je dégueule

    Au président des enculés moi je lui chante : « miserere »

     

    J’ai vu Sarko à l’Elysée ça m’a donné envie de gerber

    La mère Dati à la justice les droits de l’homme ont une chaude-pisse

    Chez les Chinois on fait du sport en attendant la mise à mort

    Des délinquants de la politique Je dis : « vive les jeux olympiques » 

     

    Camarade bobo. 2008.

    Camarade bobo, camarade socialo

    Tu bouffes pas que des patates, tu te la pètes en 4x4

    Tu es le roi des gauchos, tu ne bouffes que du bio

    Tu t’inscris à Attac, ça sent un peu l’arnaque

    Moi je te trouve rigolo

     

    Camarade anarco, camarade anti-Sarko

    Tu te la joues libertaire devant ton Picon bière

    Tu te prends pour Bakounine, ton petit monde c’est de la frime

    Tu maries ton petit frère à l’église chez St Pierre

    Moi je te trouve rigolo

     

    Camarade coco, camarade Besancenot

    Un petit tour chez Drucker, tu as le sens des affaires

    T’es le prince des people, y’en a plus que pour ta gueule

    Quand j’allume la télé, je vois ta tronche de postier

    Moi je te trouve rigolo

     

    Camarade Ségo, camarade catho

    T’es la droite de la gauche, heureusement t’es pas moche

    T’es la reine du PS et c’est toi qui encaisses

    T’es ma dinde préférée, la madone du curé

    Je trouve ça rigolo

     

    Camarade Sarko, camarade petit facho

    Tu te shootes au caviar, on est tous des bâtards

    T’aurais tort de te priver, tu nous as bien baisés

    Les Français t’ont élu, toi le petit trou du cul

    Je te trouve bien facho

     

    60 millions de têtes de noeuds. 2008.

    60 millions de têtes de nœuds devant le grand écran plasma

    60 millions de religieux chacun sa gueule, chacun sa croix

    Dépenser plus et gagner moins avoir la gaule au petit matin

    Petite branlette après le turbin tu seras toujours un chaud lapin

     

    J’étais à poil sur l’autoroute aux flics j’ai montré ma biroute

    Ils ont tiré sans sommation ils m’ont raté ces pauvres cons

    Je suis la terreur de Morback City j’ai pas de cheveux, pas de bigoudi

    Je mets de la beuh dans mon pinard et de la ganja dans mon Ricard

     

    Hier soir j’ai eu une érection j’en avais plein mon pantalon

    Je l’avais raide dans mon cale-butte on aurait dit un singe en rut

    Je vais même passer à la télé ça me donne déjà envie de gerber

    J’aurai une plume dans le trou du fion on m’appellera Jonnhy Ducon

     

    Je suis le chanteur phase terminus question cervelle c’est dans l’anus

    Moi je racole tous les loquedus tous les footeux, tous les cocus

    Aboule le fric, passe la monnaie Française des bœufs c’est à gratter

    Même pour la mort on te fait crédit toi ton petit monde c’est ta connerie

     

    A l’Ouest de nulle part. 2008.

    A l’Ouest de nulle part, il n’y a rien de nouveau

    Qu’une armée de bâtards, la main sur le flingot

    Et toi tu dis bravo en attendant la mort

    Dans la boite à prolos le samedi quand tu sors

    Y a juste la charité des fonctionnarisés

    Des armées de cocus qui squattent la cité

    Les murs de ta prison te parlent des taulards

    Qui avant toi sont morts après dix ans de placard

     

    A l’Ouest de nulle part dans un quartier paumé

    Tu traînes ton cafard et ton envie de gerber

    Tu as peur de la ville, du béton et des flics

    Tu as peur de la nuit sans tendresse et sans fric

    Tu trafiques le spleen dans un pays lointain

    Avec Jo le danseur et son dresseur de chien

    Tu as bien l’air d’un con au seuil de ton automne

    Quand la jeunesse se barre, quand il n’y a plus personne

     

    A l’Ouest de nulle part le président des cons

    Demande à ses ministres de lui graisser l’oignon

    Tu es un enfoiré qui dérange l’histoire

    Des villes et des villages, toujours les mêmes trottoirs

    T’es belle comme un pétard mais j’ai plus d’allumettes

    Arrête le brown sugar et stoppe la reniflette

    Un boy qui ne bande plus sur la radio FM

    La pucelle n’en peut plus, elle attend qu’on la prenne

     

    Au fond de la nuit. 2008.

    C’est de la détresse au fond de la nuit c’est des amis qu’on a perdus

    C’est une prière au bout de l’ennui c’est des petites chattes qu’on a pas eues

    J’ai rendez-vous avec Verlaine je te jouerai du Stravinsky

    Sur un Steinway pour toi Chimène je t’appellerai mélancolie

     

    Je couche demain avec la mort c’est du tragique ce vague à l’âme

    Je t’aime encore conquistador bel espagnol aux yeux des femmes

    Je suis un con, un mal-aimé je rock’n roll sur mes vingt ans

    Je suis un prêtre défroqué  qui baise encore avec Satan

     

    Quand j’étais jeune, j’étais loubard avec le surin dans mon froc

    J’ai fini par être taulard la flicaille m’a foutu au bloc

    Maintenant je suis vieux, un peu usé j'cultive mes illusions perdues

    Je conjugue encore le verbe aimer même si j’ai le cœur un peu foutu

     

    La mort du chat. 1997.

    Le marché de la mort se porte bien on tue, on viole au quotidien

    Les politiques sont au rancart et les truands sont au placard

    Les mômes se cament dans les jardins la petite Lola se vend comme putain

    Ca drague, ça couine dans les ruelles c’est ton sida c’est ma poubelle

     

    Les jeunes sont déjà vieux  et les vieux sont trop cons

    Le petit chat est mort l’amour a la vérole

     

    Je vais m’éclater au « Bananas » je parigote au petit jour

    Je fric, je frac sur les terrasses avec des poules gainées nylon

    Je me capote sur le sexe mental et je m’éclate au Sénégal

    Paname qui chiale sur les pavés la seine vomis vers l’Elysée

     

    La foule n’est pas sentimentale elle n’a pas soif de l’idéal

    Les paradis sont en enfer Rimbaud est mort dans son désert

    Les gosses se shootent au « no futur » quand tu leur parles d’aventure

    Et toi tu traînes rue des Martyrs avec François et ses délires


  • Paroles de "Prince Ringard"

     

    Etat d’urgence. 2007.

     

    Connais-tu l’Elysée ce palais de l’ordure ?

    Une poignée d’enculés nous mène la vie dure

    Et il crache comme je pleure sur nos frères immigrés

    Qu’importe la misère pour Sarkozy Ier.

     

    La charité chrétienne des ministres fascistes

    Moralité de chienne sur laquelle je pisse

    Dans tes prisons de la mort on flingue la misère

    Mentalité de porc, Sarko des pissotières

     

    Aujourd’hui la milice s’occupe des sans-papiers

    Demain c’est la police qui viendra te chercher

    Univers sarkozien, symphonie pour les cons

    Tu crèveras comme un chien au fond de ta prison

     

    Un nazi maréchal ci-devant Hortefeux

    La solution finale pour tous les miséreux

    Et il crache comme je pleure sur nos frères immigrés

    Qu’importe la misère pour Sarkozy Ier

     

     

    Soleil noir. 2007. 

     

    Enfants de la peur blessés au cœur 

    Enfants de la haine, brisons les chaînes 

     

    Sur des ombres furtives tu lâches tes abeilles 

    Ton flingot, ta dérive, sur ta peau c’est pareil 

    Couché dans ta détresse, tu soignes ta névrose 

    Un dealer qui encaisse, tu claques une overdose 

     

    Un bourgeois décadent au bordel de la ville 

    S’offre un adolescent au visage de fille 

    On danse au dernier bal en attendant l’horreur 

    Jusqu’à l’instant fatal, une bastos en plein cœur 

     

    Une fille presque nue s’allonge au bon moment 

    La chaleur et la rue sans les cris des enfants 

    Elle colle son jeune corps contre ta peau usée 

    Elle te serre si fort que l’on t’entend gueuler 

     

    Sa bouche contre la tienne, tu lâches ta souffrance 

    Dans cette vie de chienne, début de la romance 

    Les clameurs se sont tues et ça sent la charogne 

    Ni vainqueur, ni vaincu, le fusil dans les pognes 

     

     

    Le bal des maudits. 2007. 

     

    Ta gueule est ravagée parce qu’elle a trop vécu 

    Ta sister cocaïne, ta frangine de la rue 

    Les ombres de minuit, étrange corps à corps 

    Une fosse commune et des odeurs de mort 

     

    Une épave se traîne au fond d’un QHS 

    Une passion qui se ballade du coté de la tendresse 

    Au bout de ton errance tu éclaires ta nuit 

    Sur ta lame de couteau le prix de ta survie 

     

    Les habits de lumière sont pas faits pour ta gueule 

    Au bout de ton calvaire il n’y a qu’un linceul 

    Le soleil des voyous comme seul univers 

    La main sur le flingot, ta peau ne vaut pas cher 

     

    Tu dégoupilles une bière à l’ombre d’une copine 

    Ton frangin Dillinger qui te gueule cocaïne 

    Sur le pavé parisien c’est la môme aux yeux noirs 

    Un accord de guitare pour blesser ta mémoire 

     

    Y a de la dope à Pigalle du côté des gravos 

    Y a la mort qui se trimballe à l’ouest du pécoce

    Les calibres sont prêts pour le bal des maudits 

    On envoie les bastos aux douze coups de minuit 

     

    Un vérolé du cœur s’éclate sur le pavé 

    Tu tires sur les étoiles, complètement défoncé 

    Sous les néons blafards de la ville endormie 

    Il reste les bâtards, les enfants de la nuit

     

     

     

    Mort aux cons. 2007. 

     

    Je m’accroche pas à l’anarchie comme une bernique à son rocher 

    Je n’ai pas besoin d’un drapeau pour me vautrer dans le caniveau 

    Mon anarchie c’est ma gonzesse quand on vivait dans la détresse 

    On s’est battu pour exister sur la flicaille on a gerbé 

     

    Je ne bouffe pas de la SACEM des droits d’auteur SDRM 

    Comme un chanteur assermenté qui pose son cul à la télé 

    Je ne baise pas la République comme le Sarko démagogique 

    J’ai mon flingot et mon surin j’ai ma blessure et mon chagrin 

     

    J’aime les malfrats sans étiquette j’aime pas les cons qui se la pètent 

    Qui se font sucer par le show-biz en dégueulant le temps des cerises 

    J’aime bien la mort qui est tout au bout je préfère crever comme un voyou

    Je me ferai jamais sodomiser par un Drucker aseptisé

     

     

    Les hordes barbares. 2007. 

     

    Les clameurs se sont tues dans mon jardin d’hiver 

    La musique des mots comme seul univers 

    Dans la lumière des phares les ombres de ta vie 

    Tu dégueules ton spleen, tu vomis ton ennui

     

    Religion cathodique, la télé éjacule 

    Le prolo se masturbe mais c’est lui qu’on encule 

    La ménagère s’excite devant la boite à cons 

    Pour un ou deux crédits à la consommation 

     

    Un facho nain de jardin du côté de l’Elysée 

    Univers sarkozien, on flingue du basané 

    Rachida la justice, Hortefeux la milice 

    Moralité fasciste sur laquelle je pisse

     

    A la bourse on spécule sur la misère humaine 

    On crève dans les ghettos, l’amour est à la traîne 

    Un black, un sans-papier qui meurent d’indifférence 

    Au milieu des connards, ça sent mauvais la France 

     

    Dans tes prisons de la mort on viole et on torture 

    Au son de la Marseillaise, au nom de ta culture 

    Le CRS s’ennuie en haut du mirador 

    Il attend l’immigré pour une mise à mort

     

    Les lames de rasoir sont pas faites pour les chiens 

    Elles t’offrent le voyage pour un pays lointain 

    Sur les hordes barbares tu couches ton cafard 

    Dans le vert de ses yeux il n’est jamais trop tard

     

     

    Snipers. 2005.

     

    La gueule dans mon micro je vide mon chargeur

    Sur une bande de barjos déguisés en snipers

    Les anges fatigués allument leurs Gitanes

    Brûlent un dernier baiser sur la bouche des femmes

    Les flics sont partout le flingot à la main

    Les CRS matraquent à mort les citoyens 

    La bave dégoulinante et les crocs acérés 

    La ville est nettoyée par les chiens policiers 

     

    Ce sera le dernier bal avant les drapeaux noirs 

    Le maquis, la cavale et du sang sur le trottoir 

    Dans les chiottes on crèvera pas besoin de sépulture 

    Et le con sur sa croix a mon Dieu quelle allure 

     

    La tête dans le caniveau le surin dans les pognes 

    Trois bastos dans la peau et tu gueules : « mort aux cognes ! » 

    Un curé pédophile t’achève d’une prière 

    Et d’un coup de talon t’expédie au cimetière 

     

    A travers mon délire je sens venir la nuit 

    Il est temps de s’enfuir de l’Hexagone pourri 

    Cité karchérisée par Monsieur Mégalo 

    Cauchemar alcoolisé la justice au poteau 

     

    Pour ta légion d’honneur tu peux te la mettre dans le fion 

    Ca fait bien trop longtemps que tu les prends pour des cons 

    Ton drapeau c’est pareil ainsi que ta Marseillaise 

    Monsieur le président le cul entre deux chaises

     

     

    Mélancolie en surface. 2006.

     

    C’était la nuit des longs couteaux frères de la rue identifiés

    Le cœur qui saigne dans le caniveau sœurs du pavé répertoriées

    Au QHS on assassine dans les prisons on compte les morts

    Antisocial c’est la déprime dernière émeute au corps à corps

     

    Les ailes noires des rapaces cité paumée en plein hiver

    Les policiers suivent à la trace un homme perdu dans un cimetière

    C’était la nuit des longs couteaux police, milice, armée, racaille

    Amour à mort chez les barjos le fruit béni de nos entrailles

     

    C’est dans les yeux de mon frère black qu’elle s’est cachée la sœur misère

    Avant de crever d’un coup de matraque victime de la haine policière

    Il est foutu ton hexagone démocratie à l’agonie

    La République a l’air d’une conne les politiques sont des pourris

     

    C’était la nuit des longs couteaux la Marseillaise dans la gueule

    Les bruits de bottes pour les fachos au bout de la nuit tu te sens seul

    C’est un arabe qu’on assassine au commissariat de la ville

    La mort est une mauvaise frangine, tueur ou flic ? C’est pas facile

     

    Les ailes noires des rapaces cité paumée en plein hiver

    Les policiers suivent à la trace un homme perdu dans un cimetière

      

      

    Belle de nuit à Lagos. 2006. 

     

    A Arnaud Oulès.  

     

    Les condés m’ont serré par une nuit sans lune 

    J’avais dans mon blouson mon couteau et ma tune 

    Sur ma peau mal lavée, des traces de rasoir 

    La gueule sur le pavé, les mains sur le trottoir 

    Je crache de la bave, de la haine et du sang 

    Je joue avec ma vie, je flirte avec Satan 

    Au poste de police ils me tabassent encore 

    Je vomis sur les cognes et je gueule « vive la mort ! » 

     

    Je dégaine mon colt au plus fort de l’envie 

    Les flics n’ont pas le temps de voir qui je suis 

    C’est le rêve un peu glauque de la sister morphine 

    Sur la muraille d’en face je dégueule mon spleen 

    Dans les rues de la ville une ombre s’évapore 

    Ma lame est affûtée, étrange corps à corps 

    Les chiens sont affamés et ils montrent leurs crocs 

    J’ai mon automatique accroché dans le dos 

     

    Les chacals dans la rue se disputent la blanche 

    Les cloches d’une église me disent qu’on est dimanche 

    L’ambulance m’amène vers un autre décor 

    Une chambre aseptisée loin des odeurs de mort 

    Sur les toits bien brûlants de la ville endormie 

    Il reste un chat errant et des étoiles aussi 

    En attendant le jour j’allume un dernier joint 

    A l’abri des vautours je crache mon venin

     

     

      

    Trafiquant de spleen. 2000. 

     

    A Grégory Nicolas, tué à Nantes en 1977 de 4 balles de 11,43 à ailettes. 

     

    C’est toi le trafiquant de spleen 

    Le sanguinaire de la psychose 

    L’amour lynché pour les frangines 

    L’intérimaire de l’overdose 

    Tu flingues ton âme chez les ripoux 

    Tu couches ta prose sur le comptoir 

    Avec ta petite sœur Marie-Lou 

    Avec l’alcool et le désespoir 

     

    Tu strip-poker pour les gravos 

    Tu bouffes à la soupe populaire 

    Tu bandes à l’ouest du pécoce 

    Pour ta petite chatte hebdomadaire 

    C’est toi le paumé du petit matin 

    Le pousse-au-crime, le destructeur 

    Y a de la morphine dans ton chagrin 

    Du sang d’apache dans ta douleur 

     

    Tu es l’oiseau de nuit des solitaires 

    Tous tes circuits sont débranchés 

    Avec ta sister la misère 

    Tu crames ta vie sur les pavés 

    Tu t’es marié à ton opium 

    Tu as retrouvé tes frères perdus 

    A poil devant ton aquarium 

    Y a même un con qui te salue 

     

    Un militaire domestiqué 

    Un vieux juteux de la boutanche 

    Avec Jésus bien astiqué 

    Avec la Vierge et les petits anges 

    Tu t’es noyé dans l’eau bénite 

    Avec ta sœur en robe noire 

    Pour le plaisir d’une carmélite 

    Pour le coït du désespoir

     

     

     

    La nuit du chien. 2006. 

     

    Je me fais du cinoche, je me prends pour Brando 

    C’est un musicien black qui assure le tempo 

    On astique les flingues en attendant la mort 

    Pendant que les prolos se reproduisent encore 

    Devant l’écran plasma on fait reluire les cons 

    La ménagère s’excite, possible rédemption 

    Dans le bar enfumé, les filles sont lascives 

    Je rock dans la sueur, le corps à la dérive 

     

    J’ai rêvé d’océan dans la langueur du soir 

    Dans les odeurs d’encens, couché sur le trottoir 

     

    La guitare saturée inscrit sa mélodie 

    Comme une lame de rasoir elle déchire la nuit 

    C’est la fleur de béton posée sur le juke-box 

    Le cul bien en arrière et les bas de l’intox 

    Les cuisses sont à l’abri dans du gainé nylon 

    Et ce regard de chienne qui fait valser les cons 

    C’est une bouche vulgaire pour sucer les étoiles 

    Et des seins bien trop lourds qui gonflent dans la toile 

     

    Noyé dans mon alcool, le surin dans la main 

    C’est mon plus mauvais rôle, un bien triste destin 

     

    Dans la rue le racisme affiche sa couleur 

    La haine qui dégueule, il est déjà cinq heures 

    Les flics dans les quartiers assurent la paix civile 

    Le bourgeois peut grandir sur le fumier des villes 

    La France démocratique fait son apparition 

    La liberté s’achète au rayon des couillons 

    Un curé sarkozien brandit un revolver 

    Un CRS aboie malgré sa muselière 

     

    J’ai rêvé d’océan dans la langueur du soir 

    Dans les odeurs d’encens, couché sur le trottoir 

    Noyé dans mon alcool, le surin dans la main 

    C’est mon plus mauvais rôle un bien triste destin

     

     

     

    Charity business. 2005. 

     

    Je chante gratoche pour la misère pour tous les défavorisés

    C’est ma promo à pas très cher moi y’a que le fric qui me fait bander

    Je téléphone sur la fréquence et c’est bingo dans le tiroir-caisse

    Un coup de cancer, un coup de Miss France t’as vu ma gueule, t’as vu mes fesses 

     

    Avec la chanteuse canadienne qui a les neurones à ras le bonbon

    C’est une star académicienne avec sa chanson trou du con

    Un rescapé de la canicule chez un Michel Druckerisé

    Un coup j’avance, deux tu recules chez le Fogiel, le petit roquet 

     

    Un leucémique phase terminus c’est un record pour l’audimat

    Question cervelle c’est dans l’anus avec la belle Evelyne Tomate

    Je télévisionne chez les zombies dans la tournée des enfoirés

    Amène ta tune, toi le maudit c’est pour sauver l’humanité 

     

    Qui veut voir le paraplégique celui que l’on montre à la foire

    Allume ton tube cathodique c’est sur la Une, c’est le grand soir

    Entre Sarko et femme Chirac concours de pièces, rien que des jaunes

    Ca sent un peu la grosse arnaque même le Douillet a l’air d’un clone 

     

    Tiens c’est le Renaud, l’ancien nanar le voilà qui fait son numéro

    Ca racole dur pour le renard pour les losers, pour les gogos

     

     

    Le Démago 2005 

    Tiens c'est Sarko le démago celui qui va karchériser

    La grande cité des petits prolos, aidé par ses chiens policiers 

    Oui c'est Sarko le parano en érection dans boîte à cons 

    Avec Druker et ses gogos, fosse à purin télévision

     

    Allons enfants de la patrie, le loup est dans la bergerie 

    Contre nous de la tyranie, nous on ne veut pas du Sarkozy

     

    C'est un Le Pen qui lave plus blanc, un amerlocque tendance Neuilly 

    Il se déguise en président, en nain de jardin c'est Sarkozy 

    Tu as la fringale du pouvoir, c'est ta névrose c'est ton délire 

    En attendant faudrait pas croire qu'on est assez con pour t'élire

      

    Sur toute les chaînes c'est Sarko Show, il sodomise la nation 

    Le père fouétard le mégalo, c'est Mickey Mousse qui pêche le con 

    Il est dopé au populisme, il se la joue proximité 

    On est pas loin du père Staline, c'est le plus petit des enfoirés

      

    Il se masturbe à la Zorro le super flic de l'Hexagone 

    Y en que pour lui le narvalo, la République à l'air d'une conne 

    A force de jouer le père fouétard, il finira sur le tas de fumier 

    Avec d'autres politicards : Le Pen, Mégret et De Villiers 

     

     

    Triskell bar. 2006. 

     

    A Jean-Yves. 

     

    Au Triskell bar je traîne le soir à la recherche du temps perdu

    Entre deux bières et trois Ricard j’écoute des histoires de cocus 

    J’ai l’air d’une vierge que l’on achète le samedi soir après le turbin 

    Y’a pas un mec sur ma planète rien que du bitume, rien que des chiens 

     

    C’est là que j’ai planté mon décor avec les flics et les clodos 

    Entre les putes et les milords avec la télé des gogos

    J’ai la dégaine du barjo de ceux qui tapent le macadam 

    Bien à l’abri dans mon poncho je suis le cauchemar de ces dames 

     

    Tous les fachos me crachent dessus surtout quand je leur tourne le dos 

    Je suis le seigneur de la rue j’ai ma misère et mon couteau 

    A poil devant mon réverbère moi je racole tous les poivrots 

    Figé dans mon triste désert moi mon petit nom c’est Backing Joe

     

     

    L’héritage de la misère. 1999. 

     

    Je ne suis pas atteint de glorieuses celtitudes 

    La misère c’est pareil sous toutes les latitudes 

    Les drapeaux sont pour moi comme du papier toilette

    C’est con de s’en servir, c’est mieux quand on les jette 

    J’aime pas la Marseillaise pas plus que la Blanche Hermine 

    Quand on parle de frontière j’ai le cœur qui se débine 

    Musique militaire, hymne variétisé 

    National de mon cul tu me fais dégueuler 

     

    Je suis né quelque part, qu’importe la couleur 

    Je crache sur les milices, je hais les dictateurs 

    Je ne lis pas la presse des princesses vaginales 

    Quand je télévisionne c’est par la voie anale 

    Je ne chante pas la misère, la misère je l’étale 

    Comme une reine vulgaire, comme un mauvais journal 

    Je n’ai pas de racine, je n’ai pas d’héritage 

    Je ne suis pas celtique, je suis né dans une cage 

     

    Je chante pour bouffer comme d’autres font le trottoir 

    Se faire sodomiser pour ce sacré dollar 

    Je gueule la détresse sans aucune retenue 

    Pour mes frères SDF, mes amis détenus 

    Je ne suis pas poète ayant pignon sur rue 

    Anarchiste peut-être, anarchiste perdu 

    Je ne suis pas artiste comme beaucoup de nos stars 

    Je suis seulement un chien, un vulgaire clébard 

     

    Je suis le fils de personne mon petit nom c’est Paulo 

    Etranger dans la ville on me traite de bâtard 

    Un bâtard ça pue, ça se couche dans le caniveau 

    En Bretagne, à Paris, à Marseille, dans les gares 

    Ca n’a pas de patrie, c’est une fille publique 

    Ca fabrique de l’amour, au diable la luxure 

    La police cogne dessus au nom de la République 

    Au matin on les jette dans la benne à ordure 

     

    Ca n’a même pas de haine, ça bouffe de temps en temps 

    Ils sortent de prison comme on sort d’un hôtel 

    Ils oublient qu’ils sont seuls, qu’ils n’ont plus dix-sept ans 

    Ils se jettent sous un train histoire de se faire la belle

     

     

     

     

      

     

     

     


  •  

    Paroles de "Hôtel des coeurs flingués"

    Les amours vérolés. 2004.

      

    Y en aura pour tout le monde rue des amours lynchés

    Pour les brunes, pour les blondes complètement défoncées

    C’est la reine du pavé qui se prend pour Marilyn

    La Sainte Vierge des camées, une chatte de magazine

     

    J’habite chez les gravos, au-dessus des pissotières

    J’ai garé mon carrosse dans un petit coin pervers

     

    C’est l’heure de télécon moi je crache mon opium

    Je suis le chanteur con je me shoote au buble-gum 

    Les vérolés du cœur, les gadjos du plumard 

    Les sportifs, les bonnes sœurs, les bourgeois, les anars

     

    Je zappe sur le secteur des allumés de la nuit 

    Les brothers, les sisters, les paumés, les proscrits

     

    Au carrefour du plaisir j’attaque « Satisfaction »

    La guitare en délire devant une bande de jeunes 

    Dans les vapeurs d’alcool je trafique l’ennui

    Avec les Sex Pistols au soleil de minuit

     

     

    Psychose.2004.

     

    Je tourne en rond dans ma psychose comme un Jésus qui attend sa croix

    Les religieuses ont pris leur dose de prière de Marijuana 

    Un socialiste façon Mao me vend son kilo d’illusion

    Je pointe mon âme chez mon psycho pour une possible rédemption

     

    Dans mon passé y a pas d’ami j’habite l’hôtel des cœurs brisés 

    On m’a rejeté dans mon ennui et moi j’attends d’être crucifié 

    Mon seul souci c’est d’être mort et de pleurer sur John Lennon 

    L’enfant d’Afrique meurt aux aurores il fait l’amour à ses fantômes

      

    Si tu t’ennuie là où tu es t’as qu’a venir dans mon envie 

    Avec mes frères, tous les paumés et des gonzesses un peu flétries 

    Mais les oiseaux sont fatigués ils sont chassés par la milice 

    Tous nos amours sont mal barrés demain tu seras mort mon fils

     

    Avec mon flingue et mon surin je suis branché Rock Autopsie 

    Comme dans le polar américain c’est un voyage au bout de la nuit 

    Heureusement y’a le cimetière des cons c’est là qu’on ira tous voter

    Les beaufs, les clowns et les bouffons les vierges, les putes et les curés

     

    Je tourne en rond dans ma psychose comme un Jésus qui attend sa croix

    Les religieuses ont pris leur dose de prière de Marijuana 

    Avec mon flingue et mon surin je suis branché Rock Autopsie

    Comme dans le polar américain c’est un voyage au bout de la nuit 

     

     

    Sarkoland. 2003. 

     

    Dans les prisons chez les frenchies on tue, on viole et on torture

    Dans les prisons chez les frenchies t’es pas un homme, t’es une ordure

    On te fait croire à la morale toujours plus loin, toujours plus con

    Tu vas crever dans ta Centrale entre les murs et les matons

     

    T’entends au loin la Marseillaise pour un quelconque président 

    Assis le cul entre deux chaises c’est la grand-messe du grand Satan 

    Dans ton pays à Sarkoland y'a pas de pitié pour la misère 

    Avec les flics et les amendes à coup de matraque et de revolver

     

    Toi tu préfères le drapeau noir et les Poèmes Saturniens  

    Pour mieux gerber ton désespoir sur les fachos les miliciens 

    Sous les caméras de surveillance on encourage la délation 

    On réécrit l’Histoire de France « Famille Patrie Ségrégation »

     

    Dans ton pays à Sarkoland il fait pas bon être bronzé 

    A moins bien sûr que tu te pendes pour libérer la société 

    Quand la télé réalité lobotomise tous les connards 

    La star se shoote au LSD au milieu de tous ces ringards

     

    La dictature c’est contagieux comme dans le passé, la liberté 

    La France est un pays de gueux et de ministres assermentés 

    Tu peux prévenir tes CRS toute la police et ton armée 

    Je n’ai pas d’arme que ma tristesse et une putain d’envie de gerber 

     

     

    Que Satan me pardonne. 2004.

     

    Un clin d’œil à Hubert-Félix Thiéfaine.

     

    Y'a Bernard qui m’attend avec son perniflard 

    La Josette est fâchée, les WC sont bouchés 

    Le gros Pen va vomir ses milliers de cafards 

    La télé nous dégueule un Sarkozy mort-né

    Quelque part à Recouvrance on se gratte l’oignon 

    En attendant Johnny et son cirque ambulant 

    Que Satan me pardonne je suis le roi des cons 

    Au milieu de la zone j’appelle ma maman

     

    Et pendant ce temps là sur la sixième avenue 

    Un rappeur d’opérette se shoote à l’amerloque

     

    Nous voilà bien branchés sur radio Breizh Izel 

    Avec tonton flingueur complètement défoncé 

    Sur un air de biniou moi je n’ai plus sommeil 

    J’espère que les petites chattes seront bien faisandées 

    Je me retrouve à poil avec des sénateurs 

    Les politiques s’arrachent de leur cocon doré 

    Pour tout ce petit peuple mes frères et mes sœurs 

    Je rêve d’un bazooka ou bien d’un bombardier

     

    Et pendant ce temps là un marchand ambulant 

    Propose de la morphine au vendeur de coca

     

    Y a des nouvelles morues chez la tata Yoyo 

    On s’agite le lézard j’adore la pêche aux moules 

    Je tombe sur un zombie qui se prend pour Rambo 

    Un flic en permission que l’on surnomme « Pitbull » 

    Je fais ami ami avec l’orang-outang 

    Je décroche une gonzesse pendue au lampadaire 

    Avec de la tristesse je laisse mon Tarzan 

    Je me tire chez Georgette pour un baptême de l’air

     

    Soirée Al-Qaïda dans l’Empire Ottoman 

    La sœur hémoglobine et les barbes à Papa 

     

     

    Une chevauchée avec Georgette. 2004.

     

    Si tu t’ennuies à Knokke-le-Zoute viens faire un tour avec Georgette 

    On boira juste la dernière goutte on se roulera de la belette 

    On fera un tour chez mon opium les anges descendront dans la rue 

    On déguisera nos chromosomes je suis ta petite fille perdue

     

    Les politiques réclament leur part à quoi ça sert tant d’illusions ?

    Je ne vote pas pour ces ringards leur président c’est Trouducon 

    Monsieur le ministre costard cravate entouré de ses chimpanzés 

    Chasse les pauvres à coup de matraque et de grenades dégoupillées

     

    Tous les soirs je fais mon numéro toujours plus loin vers l’inconnu 

    Pour les putes et tous les gogos je me fais sucer par les statues 

    Ariel Sharon se gratte le nœud avant de flinguer la Palestine 

    Ariel Sharon est un foireux une future tache d’hémoglobine

     

    Il n’y a pas de métamorphose dans une star’ac académie 

    Qu’un petit bordel de la psychose et ça suffit comme alibi 

    Ma petite chatte, tu es perdue avec tes robes à huit cent sac 

    Et tu te donnes à Télé-cul pour une poignée de fric en vrac

     

     

    Rock’n roll pornographe. 2004.

     

    Les CRS s’ennuient avant la dernière charge 

    On les lâche comme des chiens sur les enfants barbares 

    Du rouge de ce sang au fond de ma blessure 

    Je trempe ma colère et je dis « mort aux cons » 

    Sous les néons blafards de la salle de police 

    Un mec en uniforme torture de l’immigré 

    Une pute désabusée à travers les barreaux 

    Observe d’un air las l’étrange mise à mort

     

    J’aime bien l’argent qui tache 

    Les écrans de télé 

    Les émissions bidons 

    Les putes assermentées

     

    Moi qui ai la peau blanche avec un cœur de black

    On m’appelle le gringo chez les Portoricains 

    Les flics m’ont cassé comme on casse un objet 

    Ils m’ont craché dessus, ils m’ont traité de chien 

    Toute la flicaille au cul caché dans le maquis 

    J’ai laissé progresser mon rêve parano 

    J’ai vendu des kalach’ à ceux qui en voulaient 

    J’étais donc à l’image de ce monde fabriqué

     

    Mes potes Smith & Wesson me tenaient compagnie 

    Planqué dans ma cachette chez un costard cravate 

    Je raccroche les gants pour un combat plus sûr 

    Je deviens honorable comme un connard de droite 

    Du côté de la gauche on se shoote au caviar 

    Je glisse doucement vers le marché du vice 

    A l’église les morues ont levé leur gros cul 

    Au fond des bénitiers s’agitent les grenouilles

     

    Je vis dans le confort d’un bourgeois de province 

    Dans un beau cadre en bois mon flingue est au rancart 

    Au fond de ma tanière il n’y a plus d’urgence 

    Manhattan ou Berlin c’est la porte à côté 

    Une chatte encore très jeune se suspend à mon cou 

    Elle me raconte l’histoire des vendeurs de bitume 

    De ces amours sans joie du côté de Pigalle 

    On a vue sur la mer à côté du cimetière

     

     

    Le Bouffon du Roy. 2004.

     

    Il lit jamais, ça sert à rien il gueule il boit et c’est très bien 

    Il gratte Astro tous les samedis il baise un peu le vendredi 

    Monsieur Zombie vote aux extrêmes ne lui dite pas, il a la haine

    Monsieur Zombie télévisionne pour la vaisselle, là, c’est bobonne

     

    Il aime pas les blacks, les sans-papiers pour lui faut les éliminer

    Il bande pour le foot, la télé un coup de pinard, une croix gammée 

    Monsieur Zombie va à la messe il adore aussi les parties de fesses 

    Monsieur Zombie est très violent pour le cerveau c’est plutôt lent

     

    Monsieur Zombie s’en va t’en guerre un coup de pinard, encore un verre 

    Monsieur Zombie fabrique sa bombe en attendant la coupe du monde 

    Monsieur Zombie va à la chasse c’est une question de virilité 

    Il flingue les lapins, les bécasses de la petite bête apprivoisée

     

    Ente le Ricard et le vin rouge Monsieur Zombie est un seigneur 

    Il tire un peu sur tout ce qui bouge Monsieur Zombie est un chasseur

     

     

    Julie la paumée. 2003.

     

    T’avais les yeux comme des étoiles le cul moulé dans ton futal

    Question printemps t’avais vingt fleurs et des chimères au fond du cœur 

    Et moi j’avais seulement ma gueule et cette musique quand j’étais seul

     

    La lune était dans le caniveau Sid Vicious se faisait la peau

    On s’est aimé ma petite Julie à coup de shooteuse dans ton grand lit 

    Les Clash jouaient London Calling je gueulais mon rock, arrête ta frime

     

    C’est du côté de Pigalle la blanche qu’on se traînait les jours de chance 

    Dans un petit bar de déjantés avec des dingues et des paumés 

    Avec des trafiquant de spleen et de la musique venue d’Austin

     

    New York, NewYork dans ta banlieue Midnight Shadow rien que pour tes yeux

    La vie, la mort on s’en balance au soleil noir de nos nuits blanches 

    On a flingué nos solitudes on a flingué nos habitudes

     

    On sortait pas de Polytechnique nous on flashait sur la musique 

    Nos rendez-vous avec Verlaine les soirs de blues, les jours de peine 

    Un paradis au ciel de lit et tes caresses au fond de la nuit.

     

     

    La fille de la concierge. 1999.

     

    C’était la fille de la concierge 

    Elle s’appelait Marie-Thérèse 

    Je m’appelais Jean-Charles-Hubert

     

    Je l’ai draguée dans ma Jaguar 

    Ses idées étaient libertaires 

    Moi j’étais le fils du notaire

     

    Elle me parlait de Bakounine 

    Moi je lui causais de ma frangine 

    Quand elle citait Pierre Mac Orlan

     

    Je prenais sa bouche pour un volcan 

    Moi je lui causais avec les mains 

    En lui chantant : « je sens que ça vient »

     

    Elle m’a présenté ses copains 

    C’était le genre républicain 

    Moitié à gauche, moitié marxiste

     

    Moi j’étais le genre opportuniste 

    Elle me jactait des trucs bizarres 

    On faisait l’amour dans la Jaguar

     

    Au son d’une musique militaire 

    C’était pas le repos du guerrier 

    Elle s’habillait chez Rastaquouère

     

    Moi j’avais l’air d’un antiquaire 

    Elle habitait rue des Bidons 

    Moi je créchais vers le bois de Meudon

     

    Elle écoutait Hubert-Félix 

    Son chat s’appelait clitoris 

    Hubert chantait les vers de terre

     

    D’un monde à nous très nucléaire 

    On s’est marié dans une église 

    Avec un curé érotique

     

    Avec la sister cocaïne 

    Planquée dans un confessionnal 

    Sous sa robe Marie était nue

     

    Elle observait l’enfant Jésus 

    Moi je l’avais raide dans mon costard 

    On a fabriqué des pétards

     

    Depuis on vit dans le Larzac 

    Un coup je te vois, un coup je te niaque 

    On s’est acheté quelques moutons

     

    Le soir on fume des champignons 

    J’ai tout largué même la Jaguar 

    Marie ne trouve pas ça bizarre

     

    Les gens nous prennent pour des colons 

    A cause des plumes qu’on a dans le fion 

    C’était la fille de la concierge

     

    Elle s’appelait Marie-Thérèse 

    Je m’appelais Jean-Charles-Hubert 

    Je l’ai draguée sur le trottoir

     

     

    La Pointe Rouge. 2002.

     

    Dans ce putain de quartier Y’a jamais rien qui bouge 

    Viens donc faire un petit tour du côté de la Pointe Rouge 

    Avec ma Cadillac remplie de gazoline 

    Avec des babas cool et la copine Martine

    On jouera de la guitare avec Bill le flingueur 

    Et du bandonéon avec Jo le rappeur

     

    Avec ma Cadillac montée sur un V12 

    Et la Marie-Thérèse collée à son barbouze

    On dansera le mia sur un air des kakous 

    La grosse bagouse au doigt la chaîne autour du cou 

    Dans ce putain de quartier y’a jamais rien qui bouge 

    Viens donc faire un petit tour du côté de la Pointe Rouge

     

    Avec ma Cadillac aux sièges en peau de zibeline 

    Avec tous les rockeurs déguisés en Drag-Queens 

    Y’aura Tino Rossi fraîchement ressuscité

    Qui dansera le reggae avec le prince Régnier

    Avec ma Cadillac et Marie-Caroline 

    On roulera des petites feuilles au parfum d’églantine

     

    Y’aura même la Germaine celle de la rue Curiole

    Elle remue de la croupe et danse le rock’n roll 

    Dans ce putain de quartier y’a jamais rien qui bouge 

    Viens donc faire un petit tour du côté de la Pointe Rouge 

    Avec ma Cadillac et mon look un peu zone 

    Je suis Don Camillo déguisé en Pepone

     

    Demain je pars en Afrique avec Frida la blonde 

    Je l’arrache à son maquereau je fais péter une bombe 

    Avec ma Cadillac qui glisse dans la nuit 

    Et la belle Frida qui se tape un whisky 

    Sur le pavé marseillais je rock’n roll à mort 

    En attendant Frida qui se couche aux aurores

     

     

    Bob Marley et Bil le flingueur. 2004.

     

    Je suis le Bob de la cité un peu Marley beaucoup mariole 

    C'est moi qui fume le gros tarpé, qui boit de la bière et qui décolle 

    Reggae station pour la ganja, à poil sur mon tapis volant 

    Prochain étape Coca Coca, à Dysney Land avec maman

     

    Moi je suis bien dans mon plumard quand on y loge à deux ou trois 

    Je suis le roi le prince rRingard, celui qui tire avec Lola

     

    Je suis le Bob d'Aubervilliers, un peu zonard un peu flingueur 

    Celui qui se frotte aux policiers, c'est pas l'chichon qui fait l'dealer 

    Je vais même passer à la télé avec Foucault et ses morues 

    Histoire de gagner un peu de lobés, rien que d'y penser je n'en peux plus

     

    Moi je suis bien dans mon plumard, un peu crado un peu crâneur 

    Avec mon pote Dick le bâtard celui qui tire avec ma soeur

     

    Yoko Ono chez les zombies, rabat la joie Mister Lennon 

    C'est pas l'enfer à St Denis, c'est le reggae de l'Hexagone 

    En partance pour la Jamaïque, métro Pigalle gare Montparnasse 

    Louise attaque la grosse Monique, un qui la tient trois qui l'embrassent

     

    Mois je suis bien dans mon plumard heureux comme un poisson dans l'eau 

    A défaut de flingue j'ai un pétard pour effrayer les petits oiseaux 

     

     

    Cow-boy urbain. 2001.

     

    Cow-boy urbain dans ta cité 

    T’es qu’un loser, un mec paumé 

    T’es comme une vierge en mal de braque 

    Tu gueules ta rhapsodie in black 

    Cow-boy urbain de la jactance 

    Tu éjacules dans la souffrance 

    Une gueule à être excommunié 

    C’est ton passeport pour le pavé

     

    Alors cow-boy, mais qu’est-ce qu’elle a ta gueule ? 

    Baisse la pression, cow-boy, tu me les gonfles

     

    Cow-boy urbain dans ton quartier 

    Là où les anges se font plumer 

    La tombola pour les voyous 

    C’est plus le Prado, c’est Tombouctou 

    Avec ton chien lécheur de moule 

    Celui qu’on appelle le pitbull 

    Avec ta gonzesse sur le port 

    La même qui sait pomper le nestor

     

    Cow-boy urbain, gaffe à tes os 

    T’es pas Marlon, t’es pas Brando 

    Mets de l’antigel dans ton calbute 

    Va faire l’amour à Lilliput 

    T’es la terreur de Morback City 

    T’as pas de cheveux, pas de bigoudi 

    Quand ta gonzesse va aux asperges 

    Tu deviens le prince de la gamberge

     

    Cow-boy urbain tu vas trinquer 

    Ils ont l’honneur de te buter 

    Cadeau de la maison poulaga 

    Mesdames, Messieurs vous aimez ça 

    Ils ont piqué ton pauvre clébard 

    Tu n’es plus rien Dick le bâtard 

    Pour toi la fosse sera commune 

    Vu que t’avais pas l’ombre d’une tune

     

     

    Voyage au bout de l’envie. 2001.

     

    C’est elle qui trafique le spleen sur les trottoirs de Recouvrance 

    Elle s’investit dans la Marine c’est ta petite gueule Marie la chance 

    Les militaires sont à ses pieds et les dollars ça dégringole 

    C’est elle la princesse du pavé une petite plume et tu décolles

     

    Mais la petite bande que pour les riches 

    Pour les dollars de Backing Joe

     

    Elle se déloque chez l’antiquaire c'est elle la déesse du bitume  

    Si elle te fait un strip-poker t’accroches tes mirettes à la lune

    Encore plus loin sur la sixties le quartier chic pour hommes perdus 

    Tous les plaisirs sont dans sa nuit c’est la petite chatte de l’inconnu

     

    Le jour elle prie pour la Madone elle fait l’amour aux crucifiés 

    Une petite vierge pour les fantômes un exutoire pour les paumés

    Tous les bourgeois des beaux quartiers ceux qui carburent à la coca 

    Se rendent rue des amours lynchés pour une partie de radada

     

    Tous les gravos reluquent son cul, tous les pervers, tous les prolos 

    Tous les gadjos, tous les cocus même les huissiers, même le bedeau 

    La petite chatte est rock’n roll ses ailes l’empêchent de voler 

    T’allonges la tune et tu décolles pour un voyage organisé 

     

    Jésus Machin. 2002.

     

    Quand j’aurai rien à dire je passerai à la télé 

    Avec Jésus Machin au club des enfoirés

     

    J’ai pas choisi la marge moi je suis tombé dedans 

    Comme une brise d’hiver sur ma tronche d’enfant 

    C’est pas ton Loft Story, c’est ton Port de l’angoisse 

    La télé éjacule comme une vieille poufiasse

    Je vendrai ma camelote à Monsieur Trou du fion 

    A ceux qui vont raquer pour voir ma gueule de con

     

    La ménagère s’excite, elle mouille à quatre pattes 

    Devant la boîte à cons, c’est l’heure de son talk-show 

    Erection spontanée d’un mec en mal de chatte 

    La téloche variétise et se la joue porno 

    Quand j’aurai rien à dire je passerai à la télé 

    Avec Jésus Machin au club des enfoirés

      

    Sur la scène y’a plus rien qu’un chanteur de hasard 

    Noyé sous ses paillettes dans ce foutu merdier

    Il chante London calling tout habillé de noir 

    La chanteuse se masturbe pour ne pas se rater 

    Je vendrai ma camelote à Monsieur Trou du fion 

    A ceux qui vont raquer pour voir ma gueule de con

     

    Dans le port d’Amsterdam la fille se prostitue 

    Et tu te sens tout seul comme un con qui vieillit 

    Un gros ours bancal qui traîne dans la rue 

    Tu relookes tes passions pour les mômes du samedi 

    Quand j’aurai rien à dire je passerai à la télé 

    Avec Jésus Machin au club des enfoirés

     

     

    L’enfant de pute. 2002.

      

    Tu joues ta peau comme un braqueur sur tes voyages au bout de l’envie 

    Avec ton black Bill le flingueur avec ta gerce de Cracovie 

    Tu joues les cons venus d’ailleurs tous les plaisirs habitent tes nuits 

    Ta môme te joue en cas de malheur une Marie-Jeanne pour toi le maudit

     

    Tu es un mec bien ordinaire moitié cow-boy, moitié berbère 

    Même si ton look est un peu zone même si ta vie est un peu conne 

     

    C’est en fumant ta pipe d’opium que tu relèves tous tes compteurs 

    Avec ton flingue papa Magnum tu sèmes ta zone, c’est la terreur 

    Dans ta cité c’est toi le kakou pendant que la chance est avec toi 

    Avec les clowns et les ripoux en attendant tu es le roi

     

    Si tu descends à la prochaine rejoue-le moi ton concerto 

    Tu es le prince de la dégaine celui qui tire tous les cageots 

    Tu te méfies du temps qui passe des flics en mal de beau gibier 

    Avant de crever tu veux de la casse histoire de partir comme un guerrier

     

    Te voilà dans la case prison avec tes frères, ceux de la misère 

    Un long séjour dans la zonzon avant de claquer pour la dernière 

    Tu jouais ta peau comme un braqueur sur tes voyages au bout de l’envie 

    Avec ton black Bill le flingueur avec ta gerce de Cracovie

     

     

     

    Erection spontanée. 2002.

    Erection spontanée sur drapeau étoilé

    Mister Georges éjacule au nom de la patrie

    Pour des noces barbares il harangue ses guerriers

    Les enfants vont crever au nom de la connerie

     

    Aux anars de service qui me foutent la gerbe

    A ces nationalistes qui flinguent pour exister

    Aux artistes à la mode, aux autres qui s’y croient

    A toi qui jospinises, à toi qui chiracules

     

    Aux trous du cul qui clament que c’était mieux avant

    A l’empaffé qui gueule : « c’est beaucoup mieux ailleurs »

    Aux fascisants connards à la langue hitlérienne

    Au racisme ringard qui hante les cervelles

     

    Je vomis ma tristesse et je leur pisse au cul

    Je vomis mon venin et je dis mort aux cons

    Je vomis mes entrailles et la justice avec

     

    Aux tueurs de préfet, à tous les assassins

    Aux enculés mondains d’une France lepéniste

    Aux curés pédophiles et à leur mère l’Eglise

    Aux sectes de la mort, au crime légalisé

     

    A Monsieur le président qui crèche à l’Elysée

    Aux autres dictateurs et à tous les drapeaux

    A la Française des Bœufs, à ceux qui vont gratter

    Aux joueurs à tête de nœud et à tous les blaireaux

     

    A la télé poubelle des stars légumisées

    A toutes les religions, à tous les culs bénis

    A Monsieur le Premier ministre, aux voyous députés

    A tous les enfants de pute et les enfants de Marie

     

     

     

    Princesse Patte-en-l’air. 2002.

     

    Un clin d’œil à San Antonio.

     

    Avec ma princesse patte-en-l’air c’est à prendre ou à lécher

    En long, en large et en travers et bon baiser là où tu sais

    Radio ringard pour les tarés télé connard à Loft story

    Les gonzesses lobotomisées et mecs en mal de gros minets

     

    Avec ma princesse patte-en-l’air et mon poto Dick le bâtard

    On se raconte la misère du temps où on était taulard

    La France s’est faite chiraculer par un gros Pen en vert de gris

    Tous les blaireaux s’en vont voter par peur de la secte nazie

     

    Avec ma princesse patte-en-l’air encore une pierre sur le tas de purin

    C’est la dérive sécuritaire pour les paumés, les nains de jardin

    Et allez-y ! Valsez pouffiasses pour la téléjaculation

    A trois on grimpe sur les pétasses de la french girl télévision

     

    Avec ma princesse patte-en-l’air bonjour le gala des emplumés

    Y’en aura même pour les belles-mères rejoue-moi la pute enchantée

    Tous les footeux ont pris l’avion z’ont pas gagné la foire aux bœuf

    Ils reviennent comme de gros couillons la tête dans le sac et sac de nœuds


  • Paroles de "Guerrilleros"

    Le cimetière des cons. 1969. (Remanié en 82).

     

    J’ai vu les putes de Manhattan enrubannées comme de vraies dames

    J’ai vu Castro à La Havane en train de gueuler : « Paix au Vietnam »

    J’ai vu De Gaulle à Colombey et ses mémoires à l’imparfait

    J’ai vu des Ricains un peu cons se noyer dans la Baie des Cochons


    Et moi je portais un blouson noir

    Dans mes santiags y’avaient mes pieds

    Mon blue-jean était délavé

     

    J’ai vu Zitrone aux enterrements et le croque-mort qui marchait devant

    J’ai vu le soldat qui est inconnu et tous les autres qui sont cocus

    J’ai vu Le Pen en djellaba se faire bouffer par de gros rats

    J’ai même un jour vu ma petite sœur se faire tirer dans l’ascenseur

     

    J’ai vu une nuit dans mon ghetto les flics qui voulaient me faire la peau

    J’ai vu le banquier s’autoriser à nous voler quelques billets

    J’ai vu l’amour battre la semelle sur le trottoir de ces demoiselles

    J’ai vu le maquereau un peu craignos en train de leur dire : « tu l’as dans l’os »

      

    Y'a d'la joie au Père Lachaise. 2000.

     

    Arrête de jouer l’Américain avec tes pompes en peau de zébu

    On a pas de place pour les gandins les fascisants, les trous du cul

    Moi je dis que c’est beau l’amour même enrobé de caoutchouc

    Ca rime avec topinambour toi t’aimes Suzette, moi Marie-Lou

     

    Arrête de jouer l’Américain avec tes bottes et ton Stetson

    Ici on se pique au vieux boudin on se shoote au gaz et aux hormones

     

    Avec ma justice, la pétasse celle qui suicide les indigents

    Je bois des verres, j’enfile des tasses un coup de biniou et c’est gagnant

    Je spleen à mort sur les pendus sur les tchétchènes qu’on assassine

    Sur la misère, sur les cocus je me torche la gueule à la bibine

     

    Je télévisionne sur le secteur quand y’a de la joie au Père Lachaise

    Devant le grand prédicateur sur canal + c’est l’heure de la baise

    Je masturbe en vrac sur l’écran bleu j’aime les gros seins, j’aime les gros culs

    Je me sens tout con, je tire sur la beuh je dégueule tout seul quand j’ai trop bu

     

    Arrête de jouer l’Américain avec tes bottes et ton Stetson

    Ici on se pique au vieux boudin on se shoote au gaz et aux hormones

     

    Arrête de jouer les Parisiens avec ta Harley Davidson

    Ici on est tous des indiens on se shoote au gaz et aux hormones

     

    Le démocrate à sa mémère. 2000.

     

    Je suis le maquereau de la République moi mon bordel c’est le ministère

    Je fais du pognon, du flouze, du fric je suis le démocrate à sa mémère

    Dans les couloirs de l’Assemblée je tapine un peu, je prends des rencards

    Je graisse la patte aux députés je tire à fond sur mon cigare

     

    Je me fous pas mal de l’électeur il fait l’amour à sa télé

    Si il me joue en cas de malheur je lui mets le pif dans son merdier

     

    Je tire à blanc sur Babylone pendant que les cons jouent au loto

    La politique c’est mon opium le citoyen ma tête de veau

    Je place ma tune chez les petits Suisses il faut que je pense à ma vieillesse

    La République écarte les cuisses et c’est moi qui passe à la caisse

     

    Quand les moutons iront voter ce sera le jour de la transhumance

    Je serai élu comme le berger comme un Jésus de l’alternance

     

    Les empêcheurs et les prêcheurs les Montgolfier, Eva Joly

    Veulent m’interdire de faire mon beurre en cas de pépin y’a l’amnistie

    Pour nous les taules sont confortables on aime pas la promiscuité

    C’est aux frais du contribuable il est bien le seul à se faire baiser

     

    Deuxième carrière au cinéma je te ferai coucou à la télé

    T’es ma souris, je suis ton chat viens faire la bise au ministré

     

    Amours brûlés du côté des frangines. 2000.

     

    C’est ta gueule abîmée parce qu’elle a trop vécu

    C’est les amours brûlées du côté des frangines

    Sur le pavé marseillais c’est toi qui n’en peux plus

    Papillon qui se ramasse avec sa cocaïne

     

    Dans un camion déglingue on rock’n roll à mort

    Sur des scènes le soir dans des ambiances bizarres

    On tire sur les étoiles, étrange corps à corps

    On flingue dans la nuit à la lueur des phares

     

    Y’a du rock à Pigalle, paraît qu’on est des loups

    Y’a la vie qui se trimballe du côté du pécoce

    C’est la nuit des bikers, le soleil des voyous

    Un peu de sang sur la lune, on est tous des gravos

     

    C’est Like a rolling stone sur la radio FM

    Au bout de notre errance on éclaire la nuit

    Petite fille dans le noir du côté de la bohême

    C’est une Stratocaster qui joue Satriani

     

    Sur le pavé parisien c’est la môme aux yeux noirs

    Un amour qui se ballade du côté de la tendresse

    Un accord de guitare pour blesser ta mémoire

    C’est la mort qui se traîne au fond d’un QHS

     

    Chicago. 1996.

     

    Elle était de ces femmes qu’on rencontre le soir

    A l’envers de la nuit, à l’abri des regards

    Elle était de ces anges que l’on croise au matin

    A demi dévêtue pour deux tunes ou pour rien

     

    Et toi tu planques dans ta musique

    Des notes qui sonnent, des mots magiques

    Et toi tu caches dans tes yeux noirs

    Beaucoup de peine, un peu d’espoir

     

    C’est Julie la paumée dans les rues de Toulon

    Chicago dans ta ville, Chicago dans ton cœur

    C’est la dance qui cogne sur les rayons laser

    Au Rock’n roll Circus on se passe de douceur

     

    Elle avait la couleur d’une Julie des tropiques

    Elle avait dans les cheveux une odeur d’outre-mer

    Tout son corps tremblait à la moindre musique

    On voyageait un peu du côté de l’Afrique

     

    Elle est morte un matin à l’aube de ses vingt piges

    A baiser sans capote, on existe sans gloire

    Le sida l’a fauchée comme on fauche les blés

    Elle est morte en rêvant d’une autre destinée

     

    Peur sur la ville. 1998.

     

    Un militaire zélé s’occupe du trafic un curé en soutane gare sa Ferrari

    Les judéo-chrétiens envahissent la ville et les penseurs s’occupent de la pensée des cons

    Le prolo se retire du ventre fécondé pPour un dernier soupir, une traite impayée

    A l’église les morues se tassent sur leur chaise un abbé d’opérette assume leur fantasme

     

    On a peur de la ville, du béton et des flics on a peur de l’amour, la fleur cancérisée

    On a peur de la nuit sans tendresse, sans fric on a peur de son ombre au cœur de la cité

     

    Le militaire zélé raccroche son sifflet et se roule un pétard au milieu de la chaussée

    Le curé Ferrari écrase un chien errant par la même occasion il bute un protestant

    Les judéo-chrétiens se font une reniflette le ventre a fécondé, la traite sera payée

    A l’église les morues ont levé leur gros cul au fond des bénitiers s’agitent les grenouilles

     

    Le militaire zélé à deux pas du délire s’éclate une durite et tente de s’enfuir

    Le curé Ferrari abat le militaire d’un coup de baïonnette il traverse sa chair

    Les judéo-chrétiens applaudissent en cadence le curé les renifle avec indifférence

    Bobonne a accouché d’un animal mort-né les morues se réjouissent juste avant le dîner

     

    Le militaire est mort au champ du déshonneur le curé Ferrari lui donne l’absolution

    Les judéo-chrétiens se perdent dans l’horreur ils massacrent au passage un enfant du Gabon

    Le prolo se console en allant voir les putes Chez la Madame Andrée, paraît qu’y en a de nouvelles

    Les morues s’agglutinent au pied du grand calvaire terminent religieusement un plaisir solitaire

     

    Oublier. 1998.

     

    Oublier le béton, s’enfuir loin de la zone

    De cette vie de con quand tu n’es plus personne

    Avec tous nos potos et ta sœur la misère

    Flinguer tous les fachos, s’inventer des chimères

     

    Oublier la police des matins qui déchantent

    Oublier les sévices, les flics et les patentes

    Vomir sur le FN, la secte des vampires

    A l’amour, à la haine sans jamais nous trahir

     

    Oublier que la mort se traîne au QHS

    Dans le gris des aurores, dans les yeux des gonzesses

    Oublier sans y croire un passé que tu traînes

    Toujours les mêmes cafards, toujours les mêmes chaînes

     

    Oublier les frangines bien trop chères pour ta gueule

    Pouliches de magazine habillées chez Bégueule

    Rapper sur le bitume des allumés de la nuit

    Sans carbure et sans tune au mi-temps de nos vies

     

    Oublier la cité, les projets incertains

    Les fonctionnarisés relookés par Cardin

    Zapping sur boîte à con pour le pote SDF

    La mort est au balcon pour le fric, pour les chefs

     

    Oublier que ta peau n’est pas cotée en banque

    T’es né dans le ruisseau, tu seras toujours un branque

    Mais tu leur pisse où je pense aux bourgeois de l’ennui

    Aux maréchaux de France, toi tu veux qu’on t’oublie

     

    Miss Play-Back audiovisuelle. 2000.

     

    Je suis la môme télévision celle qui racole tous les loquedus

    Je suis ta gonzesse en jupon t’es mon alerte à Malibu

    Je suis la môme microsillon la miss play-back audiovisuelle

    Celle qui contrôle tes émotions et qui renifle tes poubelles

     

    Dans l’écran bleu je pose ma gueule bien décorée sous mon lifting

    Je chante l’amour, je me sens seule un peu castrée, beaucoup casting

     

    Je suis la princesse des gogos ta belle pouliche anorexique

    Toi tu transformes ta libido tu es un fan neurasthénique

    Moi ce qui me fait jouir c’est les dollars à poil sur ton ordinateur

    Je pose mon cul dans ton miroir et toi tu bandes sur mes couleurs

     

    Tu fais la queue pour mes concerts ça te change de ton supermarché

    C’est moi ta chanteuse populaire l’ancienne pucelle invertébrée

     

    Le soir je me couche sur mon opium tu fumes ton joint dans un bar louche

    Boulevard des clips j’ai l’air d’une conne l’animateur m’en remet une couche

    Je danse avec Mister Zombie aux foucaulteries dominicales

    Avec mon copain patchouli avec la dose que je trimballe

     

    Je suis la reine de la télé moitié saucisse, moitié blondasse

    Je suis la blonde décolorée un peu stressée quand je tire la chasse

     

    Je suis la môme bandonéon celle qui ramasse tous les cocus

    Je suis ta gonzesse en caleçon tu es mon boy, je n’en peux plus

    Je suis la môme aux gros nichons la miss play-back audiovisuelle

    Celle qui contrôle tes émotions et qui renifle tes poubelles

     

    Paulo la flambe. 1998.

     

    Tu es un orphelin de la cité de la peur ta mère était putain, ton père était dealer

    T’as volé du soleil pour l’offrir à Betty t’avais le béguin pour elle mais c’est dur d’être ici

    S’enfuir loin de la zone à l’abri de la misère avec cette petite conne qui n’a ni père ni mère

     

    Il te fallait du fric, de l’oseille, du carbure t’es bon pour le trafic et les belles voitures

    Dans les clubs à la con tu dépensais ta tune pour des amis bidons de passage sous la lune

    Ta Betty se fait crever par une gueule de micheton un petit-fils de curé, te voilà comme un con

     

    T’as buté le proxo dans une rue de Paname t’as vidé les pruneaux, la Seine a pris ton arme

    Et maintenant tu es seul, à vingt ans, fatigué comme une sale gueule, comme un vieillard usé

    T’es rangé des voitures même si tu ne les voles plus y’a des absences qui durent et toi tu n’en peux plus

     

    T’as vingt ans pour mourir sous ce soleil idiot tu es un dur à cuire fragile comme un moineau

    Tu rejoins ta Betty au premier train qui passe je crois qu’il est minuit à l’horloge de la place

    Les fonctionnarisés ramassent ta carcasse et vont prendre le thé dans le café d’en face

     

    Terroriste. 1998.

     

    Bordel américain, musique aseptisée Françaises dévêtues parfumées par Opium

    Dollars dans la valise, téléphone portable Social-démocratie et gogos de tous poils

    Ciné made in rosbif sur tempo USA les fachos dans la rue, démocratie cocue

    Politiciens véreux, l’amour a la vérole on parque les prolos dans les cités d’urgence

     

    Je suis un terroriste de la bande à Bonnot

    Je suis un fataliste qui garde son tempo

     

    Bouffe de chez Mac Do, religion catholique vidéo dans la boîte sur tube cathodique

    Défilé pour la mode, pouliche anorexique un travelo brésilien se noie dans le trafic

    Un sans-logis qui crève du côté de chez Fauchon un bourgeois qui dégueule après un bon gueuleton

    Un président sénile qui roule dans sa ville un ministre le suit, silencieux et docile

     

    Je suis un enfoiré qui dérange l’histoire des villes et des villages, toujours les mêmes trottoirs

    A la bourse on spécule sur la misère humaine on crève dans les ghettos, l’amour est à la traîne

    Voiture japonaise et drogue colombienne gros bonnets du trafic, c’est une vie de chienne

    Une princesse qui se crashe du côté de l’Alma une bande de trous du cul qui en font tout un plat

     

    Il est cinq heures du mat’ c’est Paris qui s’éveille il est cinq heures du mat’ moi je n’ai pas sommeil

    Je plonge dans ma cité chez mon poto rappeur on boit un bon café, je me couche avec sa sœur

    On pleure sur l’Algérie qui crève d’indifférence au milieu des fachos, ça sent mauvais la France

    Dans les bras de Fatima je finis par m’endormir je pense à la musique, à un futur délire

     

    L’impression d’être fou pour un visage qui passe un air de déjà-vu pour la police d’en face

    Les murs de ma cellule me parlent des taulards qui avant moi sont morts après dix ans de placard

    L’impression d’être vierge pour une fille qui a vécu un air de déjà-vu sur les années perdues

    Le besoin d’être aimé pour une vie qui s’arrête quand se termine la nuit sur un matin d’ivresse

     

    Y’a juste des aurores sur les cités de la peur on attend le bon Dieu, fonctionnaire clérical

    Y’a juste la charité des fonctionnarisés des armées de cocus qui squattent dans les rues

    Je voudrais être à toi quand se figent les mots sur les murs de la zone s’installent des soleils

    Je suis sûr qu’à Paris on est loin de la France ce n’est pas capital que Paris soit en France

     

    Tu vois bien que ma gueule partage la misère du prolo qui dégueule sur ses traites impayées

    Y’ a juste la police qui matraque sur ordre basanés, chicanos, avec ou sans papiers

    On a bien l’air d’un con au seuil de son automne quand la jeunesse se barre, quand il n’y a plus personne

    Les charters de la gauche valent bien ceux de la droite et tracent dans le ciel une blessure étroite

     

    La justice. 1973.

    Texte remanié en 1980. A la mémoire de Christian Ranucci.

     

    C’est une vieille fille usée par de nombreux liftings

    C’est celle qui met au trou ton copain, ta frangine

    Elle se donne des grands airs, protège la République

    Pour les riches c’est Byzance, pour les pauvres c’est la trique

     

    La justice

     

    De garde aux cons en garde-à-vue, elle se charge des exclus

    Elle fabrique des coupables qu’elle choisit dans la rue

    Un procureur, un juge, un baveux pour demain

    On crucifie l’ordre et c’est la peau de chagrin

     

    La justice

     

    C’est pas le Chili, c’est pas l’URSS, y’a pas que là-bas qu’on assassine

    C’est ton pays la France qui est une mauvaise copine

    C’est la misère et le fric de tous les honnêtes gens

    C’est les prisons françaises, dix pour cent d’innocents

     

    La justice

     

    C’est Monsieur l’ancien ministre qui est dans les affaires

    Qui propose sa guerre mais qui ne veut pas la faire

    C’est son pote le gangster qui vit à l’étranger

    C’est la France en colère qui ne peut l’extrader

     

    La justice

     

    Ranucci, tu n’es pas le premier

    Lesurque t’a précédé

    La police a besoin de coupables de témoins

    Sur ton front elle a inscrit la mention « assassin »

    Un criminel en France est forcément bronzé

    Bien souvent ça m’emmerde, j’ai honte d’être Français

     

    La justice, Monsieur le président

    C’est de la merde !

     

    Liberté à crédit. 1994.

    A la mémoire de Mohamed Chara.

     

    Ta bouche fermée comme un tombeau sur les touches noires de ton piano

    Paris sur Seine, j’ai l’âme en peine Pigalle la blanche pleure le dimanche

    Prison béton, prison ballon maison d’arrêt vite oubliée

    Le maton qui tape dans les couloirs la lune qui se cache, il est si tard

     

    Prison de l’amour, prison de la mort demain le jour, demain je sors

    Derrière les grilles y’a du soleil y’a même une fille, je me fais la belle

    Dehors, dedans on est tous mort Baumettes Marseille je t’aime encore

    Fleury la nuit, Nantes le jour milieu pourri, cellule sur cour

     

    Prison de l’amour, prison de la mort demain le jour, demain je sors

    Paname chagrin, matin blafard une pute qu’on aime sur le boulevard

    Un peu de sang sur le bitume entre l’église et le bordel

    Luis Buñel tranche sous la lune un œil malin, peut-être le tien

     

    Adieu l’ami des mauvais jours demain je sors, adieu la cour

    Cellule béton, barreaux d’acier rêve de con dans la fumée

    Chara est mort dans sa carrée Chara est mort et oublié

    Moi j’oublie pas qu’ils t’ont buté adieu l’ami qu’on a crevé

     

    Rêve de singe pour policiers pasteur Doucet pour les RG

    Prisons de l’amour, prison de la mort demain le jour, demain je sors

     

    Guérilleros. 1998. 

    Aux enfants du Biafra.

     

    Les anges fatigués allument leur gitane

    Brûlent un dernier baiser, embrassent de drôles de femmes

    Sur des monstres d’acier aux chromes incandescents

    C’est la paix du guerrier, c’est le temps des mutants

    A travers mes Ray-ban je sens venir la nuit

    Comme un ange furtif sur des musiques bizarres

    Au feu des braseros se chauffent les chicanos

    Les fusils se reposent jusqu’au prochain aurore

    En attendant la guerre aux odeurs de charogne

    On astique les cuivres, on prépare les drapeaux

    Encore une fois tes yeux dans ce claque sordide

    Encore une fois ma peau contre l’acier brûlant

    Sur la jungle endormie s’installent des éclairs

    Je fume un dernier joint en attendant l’hiver

    Le casque dans la gueule comme un chien policier

    Le cuir dans les dents et l’envie de gueuler

    Le chapelet du FM crépite au petit jour

    Véhicule la haine, installe des soleils

    Les cadavres pourrissent dans une boue épaisse

    Les ventres sont gonflés, le cureton dit sa messe

    Dans le bordel la pute compte les revenants

    Et se fait culbuter par un des mort-vivants

    La tristesse sent l’opium au fond de mon trou noir

    Je m’invente des soleils que je classe en mémoire

    Sous les néons blafards d’une ville endormie

    Il reste les bâtards, les enfants de la zone

    Rescapés du massacre, oubliés de la guerre

    Affamés comme des loups ils arpentent la nuit

    La musique est barbare, je soigne mon tempo

    Dans un palace étrange, la nuit des généraux

    Dans la moquette épaisse, les pouliches de luxe

    Glissent comme des couleuvres sur le ventre des chefs

    Sous les volutes bleues j’ai le cœur qui se casse

    Au tam-tam des ombres je couche ma carcasse

    A la bourse à New York, le dollar est en hausse

    Pas très loin du Mékong on mutile les gosses

    Les filles sont lascives, s’installent sur les balcons

    Leurs yeux noirs se promènent jusqu’au bout de l’horizon

    Sur les ruines fumantes un môme joue à la guerre

    Il me regarde en face et me jette une pierre

     

    Zone caline. 1984.

     

    Petite gosse de la zone t’as le cœur qui bat le macadam

    C’est l’aventure au coin du bloc tes loques te sapent comme une vraie dame 

    Petite môme sur le béton t’écris ta passion en couleur

    Le soleil habite au fond de tes yeux y’a de la joie sur ton malheur

     

    Toute seule dans ta cage oubliée dans l’escalier

    Toute seule sur le nuage abîmée, sacrifiée

     

    Tu veux t’enfuir de ta grisaille et tu voyages dans ta tête

    Y’a tes seize ans qui éclaboussent et mes quarante qui te font la fête 

    Petite chatte de la zone les toits brûlants ne sont pas pour nous

    Ta peau bronzée sur le bitume tes robes qui montent au-dessus des genoux

     

    Comme un vertige, un mal de mer je suis malade dans tes étoiles

    Je n’ai même plus les pieds sur terre j’ai même envie d’enlever ton voile 

    London Calling sur ton boulevard ton blues s’habille comme une princesse

    Tu remues tes hanches sur le trottoir tu me files un peu de ta jeunesse 

     

    Bogota. 1991.

     

    Sur les trottoirs de Bogota les flics en ont après les gosses

    Dans la banlieue de Bogota on tire à vue sur les gavroches

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

    Au petit matin la ville se lève les mômes dévorés par les chiens

    Au petit matin dans une poubelle tu crois reconnaître le tien

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

    Sur les trottoirs de Bogota considérés comme des ordures

    Les enfants volent un peu de soleil et ils l’enferment dans leur chaussure

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

    La petite Maria est amoureuse d’une voiture étincelante

    A l’intérieur de la Limousine son rêve se brise sur la vitrine

    Cartoneros ! Ta vie ne vaut rien à Bogota

     

    Salsa. 1995.

     

    J’ai dansé la salsa avec une fille de bar

    J’ai dansé la salsa avant qu’il ne soit trop tard

    Tu étais la tendresse, moi j’avais beaucoup bu

    C’était nos soirs d’ivresse, ami des sombres rues

     

    A l’hôtel de passe, y’avait des graffitis

    Sur la muraille d’en face, j’ai dessiné nos nuits

     

    Sur les coussins moelleux d’un bordel à pas cher

    J’ai joué à être heureux, j’avais le cœur à l’envers

    Tu dansais l’orientale, j’étais ton prince hindou

    L’alcool nous faisait mal, je crois qu’on était fou

     

    La lune se cachait dans le vert de tes yeux

    J’étais bien allumé, chacun fait ce qu’il peut

    La balle d’un revolver s’est trompé de malheur

    Tes cheveux noirs par terre aux dernières lueurs

     


  • Paroles de "Spleen sans idéal"

     

    L’an 2000. 1999.

    En l’an 2000 on peut flinguer tous les connards qui nous font chier

    Les politiques, les policiers tous ces guignols endimanchés

    En l’an 2000 on peut brûler toutes les princesses sur un bûcher

    La presse people qui fait gerber toutes les radios, toutes les télés

     

    Tous les fachos seront en Enfer, Le Pen à droite de Lucifer

    Villiers terminera dans les chiottes avec Monseigneur la calotte

    On fera sauter les ministères on abolira les frontières

    Monsieur Jack Lang à Medrano et Balladur dans un zoo

     

    En l’an 2000 dans les prisons on violera plus les jeunes colons

    Les mâtons ne seront plus des chiens on bouffera même à notre faim

    En l’an 2000 j’irai baiser les policiers qui m’ont cogné

    C’est moi l’ancien desperado un peu loubard, un peu gaucho

     

    Je passerai même à la télé avec Johnny et Sabatier

    Jean-Pierre Faux cul me parlera de fesses je serai l’idole d’un tas de gonzesses

    Je m’abonnerai au Figaro je transformerai ma libido

    J’applaudirai papa Kouchner deux sacs de riz pour la misère

     

    En l’an 2000 on sera cocus avec Jospin et Robert Hue

    A moins de se faire chiraculer par un Pasqua, un De Villiers

    En l’an 2000, rayon ringard y’aura un vieux soixante-huitard

    Le Cohn Bendit en chemise à fleurs et la Voynet qui passera le beurre

     

    Y’aura de la beuh dans le pinard et de la ganja dans ton Ricard

    Le pape fumera un gros tarpé en nous chantant « miserere »

    Giscard dansera sur un volcan une bonne bourrée de Clermont-Ferrant

    Au Crazy Horse y’aura Madelin qui nous gueulera :  « je sens que ça vient »

     

    La ballade de Johnny King.1999.

    Je suis le chanteur récupéré moi mon petit nom c'est Johnny King

    Je suis comme une tache à la télé un pur produit de marketing

    Je rock people sur les dollars les champouineuses sont à mes genoux

    On me reconnait sur les boulevards je me fais tirer par tous les bouts

     

    Pour mes losers invertébrés je suis un boy's band à moi tout seul

    Un Johnny King acidulé sans mes paillettes je me sens seul

    Je suis le chanteur américain né à Paname extra muros

    Mon producteur Eddy Machin essaie de me sucer jusqu'à l'os

     

    Je suis le chanteur atomisé je suis même en cours de recyclage

    Tous mes potos m'appelle Pépé je suis un lion qu'on met en cage

    Je passe mes hivers aux Bahamas pour les été c'est St Tropez

    Avec une meuf dans le genre pétasse une super blonde décolorée

     

    Je chante gratoche pour la misère pour tous les défavorisés

    Ca me fait de la pub à pas très cher moi y'a que le fric qui me fait bander

    Je suis le chanteur récupéré moi mon petit nom c'est Johnny King

    Je suis comme une tache à la télé un pur produit de marketing

     

    Je suis le chanteur désabusé on m'appelle toujours Johnny King

    En fait mon blase c'est Charles-André je suis un produit de marketing

    Histoire de cul dans Paris Match mes amours sur papier glacé

    Je suis une pute que l'on paye cash moi mon trottoir c'est la télé

     

     

    Plus on connaît les gens, plus on aime les chiens. 1999.

    Avec la mère Michelle qui a perdu son chat

    On a donné de l’amour dans toutes les SPA

    Fantaisie militaire et moine capucin

    C’est toi l’abbé Retta, c’est lui St Père Machin

    Y’a pas de fumée sans feu pour un zèbre à képi

    Pépé et son shilome à poil rue de Rivoli

    Un dictateur chinois chez le président bouffon

    Encore de la tête de veau importée du Japon

     

    Plus on connaît les gens et plus on aime les chiens

    Je préfère fumer ma peine dans un bordel indien

     

    Un rappeur sans casquette c’est comme un jour sans pain

    Un militaire à poil c’est comme un sacristain

    Les soutanes sont en bronze, on entend l’angélus

    Les curés sont frivoles à l’approche de Vénus

    Les Claudia sont Schiffer, les mères sont Térésa

    Tous les abbés sont Pierre et les Marianne Casta

    J’écoute mon Red Cardell sur la chaîne à mémé

    Jean-Mich’ il a la moelle, Riou va nous flinguer

     

    Quand on télévisionne sur un marché de dupe

    Y’a pas que l’animateur qui se prend pour une pute

    Tous les invertébrés jouent le n°6

    A gauche c’est une blonde qui écarte les cuisses

    Les quartiers sont sensibles, la misère a la cote

    On donne du grain aux poules et on enlève les crottes

    On rappe sur les dollars, le malheur se vend bien

    Les gosses du tiers-monde fabriquent ton look, Tintin

     

    Dans une rue de New York on tapine en carrosse

    C’est encore ce vieux Bill que l’on suce jusqu’à l’os

    Une Monica virile déguisée en Stalone

    Arpente le bitume et prépare ses hormones

    Tu surfes dans la fumée de tes amours branchées

    T’es comme un vieux biker, ta machine est cassée

    Tu rolling stone à mort sur tes satisfaction

    Y’a qu’ici que tu bandes, c’est ta locomotion

     

    Président bien au chaud, démocratie frileuse. 1999.

    A Florence Rey.

    Je ne veux pas de ton drapeau, je ne veux pas faire allégeance

    A tes principes idiots, ta morale, tes carences

    Je ne veux pas de ta République, ton armée et tes flics

    Je veux crever dans ma nuit, loin de l’ordre établi

     

    Dans tes prisons on tue, on viole et on torture

    Au son de la Marseillaise, au nom de ta culture

    Monsieur le président c’est vous qu’on nomme grand

    Monsieur le président vous avez du talent

     

    Florence a pris vingt ans, fauchée dans sa jeunesse

    Le canard est boiteux, il faut être mondain

    Un sang contaminé pour des peines de principe

    On crève du sida au nom de ta République

     

    Tes amis sont les rois d’une Afrique enchaînée

    Tu gifles la misère, tu détestes la fange

    Monsieur le président, c’est vous qu’on nomme grand

    Monsieur le président, vous avez du talent

     

    Tu te sers du fascisme comme d’un épouvantail

    A moins qu’un flirt poussé te conduise aux fiançailles

    Ta droite se lepénise ou se devilliérise

    Ta gauche ne vaut guère mieux, elle porte tes valises

     

    Les prisons du Maroc sont remplies d’innocents

    On te nomme là-bas « le bel indifférent »

    Monsieur le président, c’est vous qu’on nomme grand

    Monsieur le président, vous avez du talent

     

    Le zappeur. 1997.

    A poil sur l'autoroute et les deux pouces en l'air, un curé de campagne attaque sa prière

    Jobar le baroudeur allume son cigare en vidant son chargeur sur un air de guitare

    Dans le13ème y a plus de chats mais y a des restaurants, j'aime bien manger chinois au greffier de l'Orient

     

    Je zappe sur le secteur des allumés de la nuit

    Les brothers les sisters, les paumés les proscrits

     

    Le pape se confesse dans un hôtel de passe et se fume un tarpé au dernier train qui passe

    François le garçon boucher me cause de Bruant, dans la rue des Martyrs circulent de drôles de gens

    Un flic éféminé attaque "Satisfaction" au carrefour du plaisir devant une bande de jeunes

     

    Déguisé en sniper il flingue sa télé, c'est le roi des zappeurs des partouzes implosées

    J'ai la mode celtique je rape au Black Minou avec Job Lagadec et la Sophie Fonfec

    T'es belle comme un pétard mais j'ai pas d'allumette, arrête le brown sugar et stop la renifflette

     

    Je trafique le spleen sur le pavé parisien avec la môme Martine et son coupeur de joints

    Je rock sur la FM pour des anges lointains, des enfants et des chaînes au pays de Mandrin

    Un chien à la Prévert se lance dans la nuit, roule sur ses pattes arrières j'arrête on est lundi

     

    La milice sociale investit l'ouvrier, l'univers carcéral des fonctionnarisés

    Et moi je dit bravo en attendant la mort au bal des prolos le samedi quand on sort

    Un boy qui ne bande plus sur la radio FM, la pucelle n'en peut plus elle attend qu'on la prenne

     

    Le gendarme est facho, ma concierge est lesbienne et moi je suis falot quand je monte Lucienne

    Un curé se promène déguisé en civil, il chasse à la Madeleine un enfant du Brésil

    Les anars se font rares dans une vie de lutte, Madame il se fait tard pour votre vie de pute

     

    Le chanteur périphérique. 1999.

    Je suis le chanteur périphérique le prince ringard dans le tragique

    Les soirs de pluie je balance mon rock dans tous les bars, même les plus glauques

    Je suis le chanteur anachronique mais je ne suis pas radiophonique

    J’ai pas de Breizhou dans ma guitare dans ma musique je mets du pinard

     

    De Quimper à Vladivostok je traîne ma peau, je traîne mes loques

    Un peu de gin sur le comptoir une belle gonzesse dans un miroir

     

    J’aime les endroits désaffectés c’est là qu’on trouve de l’affection

    J’ai fait un petit tour à Lambé et j’ai ramené un peu de chichon

    Sur les trottoirs de Recouvrance j’ai rencontré un pédalo

    Un japonais qui vit en France un capitaine et son matelot

     

    Je suis le chanteur égocentrique qui met de l’alcool dans sa musique

    Un peu has been, un peu zoulou toujours partant pour Katmandou

    Je suis le chanteur schizophrénique je mets des louzous dans ma technique

    Quand je gwen ha du sur ma barcasse je chouchen blues au fond de la tasse

     

    Je suis le chanteur pyrotechnique le vieil Indien de l’Armorique

    Je rock ma poule sur la sixties assis sur mon cheval de frise

    Avec ma gitane la celtique je te shoote la guitare érotique

    Pour un public de vieux Chinois on serre les miches, on croise les doigts

     

    Téléjaculation. 1999.

    Je suis le vendeur Mac Do garanti dégueulasse j'attrape tous les gogos le moindre con qui passe

    Je suis le vendeur croyance à l'église St Cocu j'apporte la délivrance on me paye en écus

     

    Je suis le politique dans le genre gueule d'amour, je te prends je te nique c'est à chacun son tour

    Un jardin rempli de nains un F4 sur gazon, avec tous mes copains on écoute Céline Fion

     

    Ca sent bon la friture la télé est à fond, on parle de culture devant la boîte à cons

    Je vote pour Jean Marie pour la France aux Français, je cultive ma connerie mon petit nom c'est Fumier

     

    Je suis le chasseur bidon le flingueur du dimanche, connard par conviction alcoolo de préférence

    Je l'aime bien ma gonzesse moins que mon berger Allemand, si elle me prend la tronche moi je lui pète les dents

     

    Vise un peu ma bagnole je la paye en 8 ans, vise un peu le pavillon je le casque en 20 ans

    Avec l'argent braguette on s'offre le confort, les 6 gosses payent les traites je suis le roi des castors

     

    Ca y est c'est les vacances je vais flinguer mon clébard, je peux pas flinguer Bobonne elle s'occupe des moutards

    Au camping des Flots bleus je roule des mécaniques, et puis comme chaque année je vais sauter la Monique

     

    Monique c'est la bourgeoise à mon copain Lucien, y a longtemps qu'il bande plus moi je baise comme un lapin

    Juste après téléfoot on se cartonne au Ricard, après je fourre Bobonne sur le coup de minuit moins le quart

     

    Tous les jours je vends la merde de mon copain Mac Do, je fabrique des ulcères des cancers pour prolos

    J'appâte tous les gamins avec des jouets débiles, je reluque les frangines même si c'est pas mon style

     

    Les longues soirées d'hiver je regarde Michel Drucker, après je me prends ma grosse à l'endroit à l'envers

    C'est au printemps prochain que j'aurai un autre lardon, je bande vraiment sérieux pour les allocations

     

    Les fils de Bakounine. 1999.


    On crèvera plus dans la misère même si vos flics nous trouent la peau

    On fera sauter vos ministères on s’arrachera de vos ghettos

    Politicard tu sens la mort tu pues le fric des corrompus

    Pour nous il fait très froid dehors on se les gèle dans ta rue

     

    On est les fils de Bakounine on va flinguer vos rois serviles

    Nous les bâtards de la République on mettra le feu à vos palais

     

    On est tous blacks et sans-papiers les SDF de vos royaumes

    Blancs, chicanos et basanés on mettra le feu à l’Hexagone

    Pendant que tu causes à l’Assemblée y’a ta police qui assassine

    Un pote malien déshérité qui ne voulait pas de tes combines

     

    Pendant que tu te bâfres au ministère c’est la misère des mecs dehors

    La peau du pauvre ne vaut pas cher en attendant sa mise à mort

    On crèvera plus dans la misère même si vos flics nous trouent la peau

    On fera sauter vos ministères on s’arrachera de vos ghettos

     

    Gueule d’amour, face de rat. 1999.

     

    Tu crachais sur les flics, t’as vomi sur les bleus

    A défaut de bouffer tu tirais sur la beuh

    Tu es né quelque part entre ici et ailleurs

    T’avais froid, t’avais faim et souvent t’avais peur

    Tu t’inventais des rêves, des victoires, des défaites

    T’étais de la truande, t’as fini aux Baumettes

    Tu as grandi dans le sud aux pays des restanques

    Une main sur ton surin et l’autre dans la banque

     

    Tu es né dans la fange, tu sais que ça dérange

    Comme un enfant perdu, tu créchais dans la rue

     

    Ta guitare sur l’épaule, ton flingue dans la poche

    T’as attaqué Paname à la manche, à la cloche

    T’as connu des copains du côté de la Bastille

    Tu chantais en english pour séduire les jeunes filles

    T’as quitté la Bastoche pour un quartier plus chic

    La fortune des bourgeois y est gardée par les flics

    T’avais même une gonzesse qu’était belle comme le jour

    T’es parti un matin par la sortie de secours

     

    L’armée t’a rattrapé à l’entrée des artistes

    Elle t’a donné un flingue, tu seras un homme mon fils

    L’adjudant t’a demandé si t’étais pas pédé

    Tu lui as répondu : « Va donc te faire enculer »

    Sa tronche a éclaté comme une drôle de pastèque

    Te voilà enchristé, on te traite de métèque

    Quand ils t’ont libéré ils t’ont jeté dans la rue

    T’as fait un bras d’honneur, ils n’ont pas répondu

     

    Tu t’es payé un flingue, un surin, une guitare

    Le soir, au crépuscule, tu chantes dans les bars

    Pour les chansons d’amour c’est pas toi qu’il faut voir

    A la place des « je t’aime » t’as mis tes idées noires

    Tu chantes avec tes tripes, c’est pour rester vivant

    Tu te dis quand on aime on a toujours vingt ans

    Faut pas chercher ta gueule dans la grosse boîte à cons

    Tu n’es pas assez chic pour la télévision

     

     Junky. 1999.

    Aux femmes infidèles aux marins mal aimés, aux belles demoiselles encore pures en été

    A l'ivrogne d'un soir qui gueule pour exister, à la fille du trottoir qui se donne sans payer

     

    Dans un bar un peu glauque rue de la Haine aux Minguettes, y'a Momo la terreur déguisé en travelo

    Y'a Rita la putain et son copain le chien, y'a Marie la misère au fond des pissotières

     

    Dans ce bar un peu glauque rue de la Haine aux Minguettes, y a Aldo le portos qui sait jouer du couteau

    A côté c'est Marlon qui se prend pour Brando, avec mon pote rapeur qui se prend pour Jésus

     

    Une Julie la paumée se descend quelques bières, elle fume un dernier joint en attendant l'hiver

    Acoudée au comptoir à côté du junky, le junky se réveille et joue de la cuillère

     

    Ma tristesse sent l'opium au fond de mon trou noir, je m'invente des soleils que je classe en mémoire

    A travers mes Rayban je sens venir la nuit,  comme un ange furtif sur des musiques bizarres

     

    Les anges fatigués allument leurs Gitane, brûlent un dernier baiser, embrassent de drôles de femmes

    Sur des volutes bleues j'ai le coeur qui se casse, au tam tam des ombres je couche ma carcasse

     

    Dans ce claque la pute compte les revenants et se fait culbuter par un des morts-vivants

    Sous les néons blafards d'une ville endormie, il reste les bâtards les enfants de la zone

     

    Carmen blues. 1988.

    A Carmen Da Silva.

     

    Carmen blues, Carmen noire

    Trottoir de la nuit, boulevard cafard

     

    Un air qui se ballade sur les toits tu pleures le soir entre tes draps

    Ton frère a pris le dernier train sur ton étoile y’a ton chagrin

     

    Un peu de tendre sur le pavé pour ta mémoire assassinée

    Bouteille en plus, tristesse en prime ton désespoir sur ma déprime

     

    C’est le cauchemar alcoolisé chanteur de blues un peu paumé

    C’est trois accords de musique magique sur une vieille guitare électrique

     

    Pas de coups de poker sur ta souffrance c’est moche, c’est con l’indifférence

    Le rideau rouge va se lever pour toi Carmen je vais chanter

     

    Le promoteur. 1985.

    A Bouygues et Merlin les désenchanteurs.

     

    Je ne suis pas flingueur Oh non, Monsieur

    Je suis promoteur oui, promoteur

     

    Je crée pour la famille des emplois pour ma famille, ça va de soi

    Je contemple du haut de mon building ces immeubles qui font mon standing

    De temps en temps, à la télé j’écoute brûler nos forêts

    Je sais que plus tard, en construction sur le calciné je poserai des maisons

    Qui ressemblent à des cages des cubes, du banal, du sans-âge

    Pour le prolo, Monsieur, pour le bedeau, grâce à Ducon je gonfle mon magot

     

    Mais je ne suis pas flingueur oh non, Monsieur

    Je suis promoteur oui, promoteur

     

    De temps en temps je perds mon temps dans les cabinets ministériels

    Je me soulage un peu de mon matériel les ministres, ça s’achète comme le béton

    Faut bien graisser Durant et payer Dupont et pour quelques dollars de plus

    Une cité sans âme se dressera dans la rue

    C’est le bonheur pas cher, Madame, payable en vingt ans

    C’est le bonheur vulgaire, Monsieur, au prix du ciment

    Ca marche bien pour moi, je place à l’étranger

    Avec la droite, la gauche et les restes, on ne sait jamais

     

    Mais je ne suis pas flingueur oh non, Monsieur

    Je suis promoteur oui, promoteur

     

    J’ai réussi enfin, c’est ce qu’on dit quelquefois au fond de ma Rolls, je m’ennuie

    J’ai bétonné les plages de notre littoral pour vos congés payés en cavale

    J’ai même cimenté nos campagnes jusqu’en haut du mat de cocagne

    Au hasard de nos grands incendies j’ai construit le Dachau de nos prairies

    Grand-mère dit qu’il n’y a pas de hasard, elle est gentille, mémé, elle déraille sur le tard

    Il a la grosse cote, mon urbanisme c’est quand même mieux que le grand banditisme

     

    Car moi Monsieur, je ne suis pas flingueur oh non, Monsieur

    Je suis promoteur oui, promoteur

     

    Et même qu’un jour la droite, la gauche et les restes vont me donner la légion d’honneur

    Je ne suis pas flingueur…

     

    Paris Paname. 1977.

    A Didier Mourlan.

     

    Sur le trottoir de Paris Paname t’as vu passer une drôle de dame

    Tu claques tes pompes sur le pavé c’est bête, c’est con, une roue crevée

    Sur le trottoir de Paris Paname ton pote tapait le macadam

     

    Il pleuvait sur la ville et sur les imbéciles

    La lumière des néons quelques gouttes sur ton front

    Manivelle à la main t’avais l’air d’un gamin

     

    Paris Paname sur le trottoir dans ta putain de nuit blanche et noire

    Sur la chaussée tu t’es couché tu as même pas vu que c’était mouillé

    Ton pote gisait à côté de toi dans sa misère, les bras en croix

     

    Sur le trottoir de Paris Paname tu as vu passer une drôle de dame

    Tu lui as raconté ton histoire tu l’as inscrite dans ta mémoire

    Un flic était là par hasard il t’a sorti de ton cauchemar

     

    « Dors pas petit, faut pas crever comme ça bêtement sur le pavé »

    « Flic d’ailleurs, flic de nulle part ne me sors pas de mon brouillard 

    J’ai chaud, je pleure et je suis bien laisse-moi me noyer dans mon chagrin »

     

    Sur le trottoir de Paris Paname t’as vu passer une drôle de dame

    La femme caressait ton visage l’ambulance frôlait le paysage

    Il pleuvait sur Paris Paname dans ta putain de nuit blanche et noire

    Il pleuvait sur Paris Paname…





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