• Paroles "70"

    Paroles "70"

    L’adieu aux larmes

    Les pauvres vont crever, c’est une question de temps

    Dans les hôtels de luxe, les riches se prélassent

    En France on expulse les gamines de treize ans

    Le ministre s’en branle c’est un gros dégueulasse

    Tu poses la question, la question qui dérange

    Tu imposes le tempo la sueur et les larmes

    Au fond de ton ennui tu te noies dans l’étrange

    Pour l’Indien Navajo c’est un adieu aux larmes

     

    C’est dans ce monde pourri par le fric et l’envie

    Que tu parles d’amour et des élans du cœur

    Tu vomis sur les cons et sur tous les nantis

    Tu craches ton venin ton dégoût et ta peur

    Le fusil dans les pognes les flics sont arrogants

    Tu te retrouves seul au milieu des chacals

    Au loin une sirène c’est l’ordre fascisant

    Tu craches et tu dégueules sur tous ces visages pâles

     

    Dans cet univers glauque il faut savoir crever

    On choisit le moment on soigne les blessures

    Une dizaine de corps embrassent le pavé

    Et on glisse en silence vers cette déchirure

    Le ciel est vert-de-gris, nous n’irons plus danser

    Tu as sorti ton flingue ton ombre est fugitive

    Il reste le bruit des bottes et l’Etat policier

    Dans ce monde de dingue ta douleur est captive

     

     

    Cyberman

    Les yeux dans ton Smartphone, tu as la tête qui déconne

    Tu marches en mode robot le long du caniveau

    Ton mal est extérieur, l’ennemi à l’intérieur

    Ta main épouse l’écran, ton cerveau est dedans

     

    Tu ouvres ta boite mail : elle est vide

    Tu ouvres ton facebook : il est vide

    Tu ouvres ta cervelle : elle est vide

    Tu te couches dans ton lit : il est vide

     

    Tes amis virtuels, tes ennemis naturels

    Petite boite à image, le singe est dans sa cage

    Petit clic sur l’espoir mais l’écran devient noir

    Naufragé de l’espace, une proie pour les rapaces

     

    Ecouteur sur la tête, la musique est en crête

    Le rap mélancolique, une claque et tu cliques

    Sur un autre univers à deux pas de l’enfer

    Le monde est dans la boite mais personne pour le chat

     

    Le vide est sidéral, la solitude astrale

    Tu n’as pas les moyens, tu vis mais tu n’es rien

    Le clown cybernétique sur ton écran magique

    Pour toi le mot de la fin, le mirage ce n’est rien…

     

     

    Je suis une pute

    Le trottoir c’est ma vie en attendant la mort

    Mon corps très court vêtu se glisse dans la nuit

    Pour le chasseur nocturne c’est le gibier d’abord

    Je suis la proie facile pour ces conquistadors

     

    Je suis une putain comme ils disent

     

    Les illusions se perdent quand j’écarte les cuisses

    L’homme se noie dans mon ventre, l’affaire est terminée

    Il parle de sa femme, il parle de son fils

    J’encaisse les coupures, je retourne au pavé

     

    Une éjaculation conforme au désespoir

    une petite aventure dans l’extra conjugal

    Le sexe bave encore, redevient dérisoire

    Le client se rhabille, je compte les étoiles

     

    Seule sur le grand boulevard mon ombre s’évapore

    Mon corps à moitié nu et presque abandonné

    Je m’installe dans l’ennui j’entends le son du cor

    Et je suis l’animal que l’on va sacrifier

     

    Le fric n’a pas d’odeur et c’est sans importance

    Je suis la solitude des femmes en esclavage

    C’est le prix de la détresse pour les hommes en partance

    Le cœur n’a plus sa place, c’est le temps du naufrage

     

     

    Les apos

    Les apos c’est comme les conspis

    Plus ça devient vieux, plus ça devient faf

    Les apos c’est comme les conspis

    Plus ça devient vieux, plus ça devient nazi

     

    Quand les souris sont déglinguées

    Tous les fachos sont au balcon

    Ils sont mignons les crânes rasés

    Moi je dis bravo et mort aux cons

    L’apo fait pas de politique

    Il se mouille pas c’est son credo

    Il joue le blaireau, c’est sa technique

    Il aime bien faire son numéro

     

    Ni gauche ni droite c’est sa devise

    Son univers est gris souris

    Les communistes c’est sa hantise

    Il flirte avec les verts-de-gris

    C’est juste un mec apolitique

    Le genre biker et patriote

    Il aime la France, la République

    C’est un vrai mâle, c’est pas une fiotte

     

    Le soir quand tous les chats sont gris

    Bien à l’abri dans son bombers

    Il écoute sa musique à lui

    Et se remplit un dernier verre

    Le bras tendu vers son héros

    Salut nazi devant sa glace

    Il se défoule sur un clodo

    Moi je dis : « in vino veritas »

     

     

    J’aime pas les beaufs

    J’aime pas les cons en uniforme, en bleu marine en vert-de-gris

    J’aime pas les cons Front National, tous les nazis en général

    J’aime pas Soral et Dieudonné, deux petits cons invertébrés

    J’aime pas l’apo ni le conspi, Faurisson et ses abrutis

     

    J’aime pas les cons philosophiques en BHL soporifique

    J’aime pas les cons du PSG en mode nazi, au crâne rasé

    J’aime pas les cons, les gros blaireaux au Tour de France des p’tits vélos

    J’aime pas les cons Paris Dakar, autos, motos et gros camtars

     

    J’aime pas les cons « française des bœufs », grattage idiot et tête de nœud

    J’ai pas les cons endimanchés dans leur BM bien astiquée

    J’aime pas les punks tendance fachos qui s’font passer pour des apos

    Et qui crachent sur les femmes voilées au nom de leur laïcité

     

    J’aime pas le Valls lepénisé qui fait la chasse aux immigrés

    J’aime pas Ayrault et ses avions, j’aime pas Vinci et ses gros cons

    J’aime pas Frigide et ses barjots, j’aime pas Zemmour le p’tit facho

    J’aime pas Ayoub et ses nazis, j’aime pas leur tronche et c’est tant pis

     

    J’aime pas ma gueule quand elle est seule, j’aime pas mon flingue, mes idées noires

    J’aime pas la haine quand elle dégueule, j’aime pas la justice du rasoir

    J’aime pas les riches et leurs valets, j’aime pas les fonctionnarisés

    J’aime pas le curé qui dit sa messe, j’aime pas le con qui se confesse

     

    J’aime pas le ciel en vert-de-gris, j’aime pas nos jours qui sont comptés

    J’aime pas les loups en plein Paris, j’aime pas ton sang sur le pavé

    J’aime pas Jésus dans les mairies, le Père Noël et son foie gras

    J’aime pas tous les enfants de Marie qui laissent les pauvres mourir de froid

     

     

    Sentimental CRS

    Au bout de ta matraque tu serres un peu les fesses

    Tu obéis aux ordres et tu mords comme un chien

    Tu as ce que tu mérites : ton pastis et ton stress

    Tu es le robocop, on est les moins que rien

    Tu es le bras armé d’une machine à cogner

    Au bout de ta logique il y a toujours la trique

    Voyage au bout de la mort, petite machine à tuer

    Tu violes les consciences au nom de la République

     

    Sentimental CRS, sentimental CRS

    Sentimental CRS, sentimental CRS

     

    Une armée de zombies, la bave plein la gueule

    Un uniforme noir et la haine plein les yeux

    Au bout de ton voyage tu es con, tu es seul

    Tu tires à l’aveuglette et ça devient un jeu

    C’est la fin de la manif, il reste les ambulances

    Tu rentres à la caserne, c’est l’heure de l’apéro

    Une bouteille d’alcool, voyage au bout de la chance

    Tu te prétends guerrier, tu n’es qu’un alcoolo

     

    Tu vomis dans les chiottes ton venin et ton vin

    Demain un autre jour et une autre baston

    Tu caresses ta matraque, tu vis mais tu n’es rien

    Tu n’es qu’une merde de plus dans ce monde de cons

    Au milieu de nulle part tu te retrouves seul

    Demain on compte les morts sans oublier les chiens

    On dansera tous ensemble le tango des cercueils

    Tu seras dans la tombe en bon républicain

     

     

    Temps partiel

    Je suis l’Indien décoloré, j’ai les neurones à ras de la crête

    Avec mon chien le fox-terrier, on pogotte sur toute la planète

    Mon rock n’roll c’est dans ta gueule, mon « no future » c’est dans ton cul

    Encore une Kro et je dégueule, je suis une star, je n’en peux plus

    Je suis le punk à temps partiel, on me surnomme le roi des cons

    Je pisse du haut de mon gratte-ciel et j’emmerde la population

     

    Je m’habille en cuir chez les gravos, j’ai la banane sur la chetron

    J’ai des Santiags, j’ai l’air craignos, j’aime bien passer pour un gros con

    Je rock n’rolle sur le trottoir, dans mon Lévi’s j’ai une grosse bite

    Je traîne avec deux trois loubards, les gens m’appellent « Johnny la frite »

    Je suis le rocker à temps partiel, on me surnomme le roi des cons

    Je pisse du haut de mon gratte-ciel et j’emmerde la population

     

    J’arrive tout droit de la Jamaïque, je reggaemane dans ma fumée

    J’ai le schilom atmosphérique, un peu casseur souvent cassé

    On me surnomme le Bob Mariole, j’aurais voulu être Bob Marley

    Dans ma cité aux Batignoles je fume le calumet de la paix

    Je suis le rasta à temps partiel on me surnomme le roi des cons

    Je pisse du haut de mon gratte-ciel et j’emmerde la population

     

    Je suis la star de la cité, on vend mes fringues dans les boutiques

    Pour moi ce qui compte c’est la monnaie, amène ta gueule, amène ton fric

    Quand je leur ai dit : « nique le système » avant de monter dans ma Jaguar

    Ils m’ont crié : « Joey on t’aime », je prends les chèques et les dollars

    Je suis le rapeur à temps partiel, on me surnomme le roi des cons

    Je pisse du haut de mon gratte-ciel et j’emmerde la population

     

    Dans mon quartier j’ai pas d’ami, j’habite boulevard des chats perchés

    Je voudrais crever au fond de ma nuit avec mes frères tous les paumés

    Je suis le chanteur schizophrénique, les soirs de pluie je balance mon rock

    Mais je ne suis pas radiophonique, j’habite les bars même les plus glauques

    Je suis le ringard à temps partiel, on me surnomme le roi des cons

    Je pisse du haut de mon gratte-ciel et j’emmerde la population 

     

     

    Le paradis est un enfer

    A l’ombre de ton HLM tu te piques le bras par désespoir

    Avant de crever tu gueules : « je t’aime » à cette jeune fille dans le miroir

    Tu n’as même pas d’identité, tu es tout juste un numéro

    Ta place n’es pas sur l’échiquier, tu es dans la marge, dans le caniveau

     

    Ecran plasma pour les tocards et les moutons sont bien gardés

    Masturbation dans ton placard, petite cervelle anesthésiée

    C’est tout ton corps en esclavage, c’est le travail qui te rend con

    C’est la souffrance que tu partages avec tes frères dans ta prison

     

    Ton hexagone est bien pourri, ton paradis est un enfer

    Où s’entassent tous les verts-de-gris, le bon Dieu, ses Saints et Lucifer

    Avec tes frères au clair de lune tu crèveras sur le pavé

    Tu retrouveras la fosse commune où tous les chiens sont enterrés

     

    Quand tu te shootes dans le noir tu n’as rien d’autre que ton chagrin

    Tu es bien seul sur le trottoir, où sont passés tous tes copains ?

    Jojo le flambeur et sa guitare, Jimmy le mec aux yeux si bleus

    Marlène la fille du premier soir et toi le Gavroche de la banlieue

     

    Tu n’as pas eu ton overdose le cœur broyé par ton destin

    Tu es toujours en sinistrose à soixante piges sur le chemin

    Il n’y a pas de nostalgie et ton histoire de rock n’roll

    C’est un voyage au bout de l’envie, c’est le tempo des années folles

     

     

    Le tango des fachos

    C’est le tango, le tango des fachos, un Dieudonné au club Egalité

    C’est le tango, le tango des fachos, un Serge Ayoub, le tout bien faisandé

    C’est le tango, le tango des nazis avec Marine son monde lepénisé

    C’est le tango, celui des abrutis, une troisième voie et des fils barbelés

     

    Tango des cons, viens boire un coup à la maison

    Y’aura du vin, une tranche de lard, du saucisson

    Tango fasciste avec ton pote le Jésus Christ

    Tango facho, une croix gammée sur le gâteau

     

    C’est le tango des petits fils d’Hitler le bras tendu vers un ciel vert-de-gris

    C’est le tango du Bloc Identitaire au pas de l’oie, nouvel ordre nazi

    C’est le tango, celui qui fait fürher, manif pour tous en bon fils de Pétain

    C’est le tango de monsieur Adolphe Pépère, casquette Ricard, Pastis et nains de jardin

     

    Tango fatal avec les amis de Soral

    Tango pourri avec Ayoub et ses nazis

    Tango Olé ! Avec le Jean-François Copé

    Tango SS avec Pépère qui serre les fesses