• 26 novembre

    Lettre de décembre du Prince Ringard

    Article du Poher hebdo :


    JEAN-CLAUDE LALANNE : LE LIBRE ARTISTE !
    Voilà près de 60 ans que Jean-Claude Lalanne, alias le Prince Ringard, roule sa bosse aux quatre coins de France et de Navarre, enchaînant les tournées, les albums et les ouvrages. Le dernier livre en date : "Carnet de route d'un déglingué", retrace la vie de ce personnage aussi sympathique qu'atypique. Nous l'avons rencontré à Spézet, où il réside depuis 18 ans maintenant. Du haut de ses 73 ans, jean-Claude Lalanne n'a rien perdu de sa fougue, de ses idéaux, de sa foi en l'humain qu'il voit pourtant se déshumaniser... A l'écoute de son dernier album : Dégradation par l'Ouest, sorti en 2018, on s'attend à rencontrer une bête enragée prête à vous sauter à la gorge. Il n'en n'est rien. C'est d'un calme assuré et d'une voix bienveillante que Jean-Claude m'accueille à sa porte. Un grand potager, cinq chats, végétalien, ne boit pas d'alcool, ne fume pas, on est décidément loin de l'anar enragé que j'imaginais !


    LE SPECTACLE COMME SURVIE
    La musique il y tombe un peu par hasard : "J'avais le choix : bosser ou faire du rock n'roll, quand j'ai vu la gueule des gens qui bossaient, j'ai fait du rock n'roll", peut on lire à la toute première page de son dernier livre. Il choisit  la deuxième option: "J'ai eu une pulsion, comme ça,je me suis dit pourquoi pas ?" explique -t-il. Lorsqu'il quitte l'orphelinat de Saint Vincent de Paul à 16 ans ce Montpelliérain de naissance commence à chanter dans la rue, faisant la manche avec un de ses camarades de fortune. Jusqu'à ce jour de décembre 1963, où le propriétaire d'un cabaret leur propose un engagement d'un mois : "On jouait six jours sur sept pour cinquante francs par jour. Depuis ça ne s'est jamais vraiment arrêté. Jusq'en 1976, c'est devant un public claisemé". Aujourd'hui, pour Prince Ringard, le spectacle est plus qu'une passion, c'est une forme de survie. "C'est une bouée sur laquelle on se racroche". Une bouée qui lui permet de s'extirper de ce monde dans lequel il se sent spectateur et en aucun cas acteur. Et pourtant les relations humaines sont tout ce qui l'interresse : "L'autre jour à Nantes un SDF m'a embrassé, c'est inestimable".


    UN ARTISTE QUI REFUSE DE L'ÊTRE
    Depuis 1976, il enchaîne les concerts, une centaine chaque année en France, en Suisse et en Belgique et près de 45 000 Kilomètres au compteur de fourgon. Il a enregistré 22 albums et a écrit 24 livres. Il le clame haut et fort : "Je ne suis pas un artiste, j'ai envie de rester ce jeune homme de 16 ans qui tendait la main, je préfère vivre dans mon monde et ce n'est pas aujourd'hui que je vais changer". En 2016 deux de ses compositions, Alerta antifascista et Fils de personne sont choisies pour figurer dans une compilation internationale célébrant le cinquantenaire du mouvement pacifiste américain Youth International Party. Même s'il ne cache pas avoir été très flatté, Jean-Claude relativise : "On me dit que c'est une consécration, mais une consécration de quoi ?" Mais depuis 25 ans maintenant il n'est plus seul en scène, il joue avec celle qu'il nomme très affectueusement : "La petite", C'est Mousse. Depuis ce jour de juin 1994, il l'avoue très ému : "Je suis heureux".


    UN ARTISTE PUNK ?
    "Non je suis trop punk dans mon mode de vie et ma façon de penser" lance un brin malicieux Jean-Claude." Les punks m'aiment bien et ce sentiment est partagé. Ses textes transpirent ses espoirs, ses doutes, ses désillusions mais aussi et surtout son engagement, celui envers les opprimés, contre l'injustice,  le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie : "Il y a en France des milliers de logements innocupés, je le dis, Il y a 500 SDF qui meurent chaque année, je le dis, dans les prisons françaises, il y a des gens malades qui ne sont pas soignés, je le dis. Des peurs il en a comme tout le monde : "Le manque d'humanisme me fait peur, la montée du populisme et de l'extrême droite aussi. En 1945 on avait dit : "Plus jamais ça". Aujourd'hui on banalise l'extrême droite en leur servant la soupe dans les médias. En France les président se succèdent et se ressemblent, ils ont un ego et un narcissisme démesurés. Ces gens-là se prennent pour des êtres supérieurs et quand ils arrivent au pouvoir ils se coupent de la réalité". Prince Ringard ne semble pas prêt de s'arrêter. Des dizaines de concert sont programmés en 2020 ainsi qu'un nouvel album Rue des chats perchés et un nouveau livre : Une vie de chien et rien d'autre. 

    Nos concerts de décembre :
    Le 7 à Brest (29) au Café de la Plage, le 14 à Morlaix (29) aux Deux Rivières et le 20 au Vieux marché (22).
    Pour nous joindre : 06 26 48 50 93